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Projet de Loi 17: inquiétudes pour le covoiturage

GEN-COVOITURAGE
Photo Agence QMI, Joël Lemay

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MONTRÉAL – Telle qu’écrite actuellement, la Loi 17 empêcherait le covoiturage longue distance, ne permettrait pas de réellement augmenter le nombre de covoitureurs au Québec et ferait baisser la qualité des services, craignent deux entreprises de ce secteur d'activité.

Le président de Netlift, Marc-Antoine Ducas, et le fondateur d’Amigo Express, Marc-Olivier Vachon, présenteront tous deux leurs inquiétudes et recommandations en commission parlementaire vendredi.

La limite de 100 km sur les trajets pouvant être considérés comme du covoiturage fait partie des éléments qui seront soulevés. Un parcours entre Rivière-du-Loup et Rimouski ne pourrait pas se qualifier, de même qu’un simple aller-retour Joliette-Montréal. Ils tomberaient donc dans la catégorie du transport commercial.

Cette disposition risque d’être revue, selon Pierre Tremblay, qui est directeur de cabinet adjoint du ministre des Transports François Bonnardel.

«Plusieurs acteurs nous ont fait savoir que [cette limite] causerait problème dans des situations de covoiturage interurbain, qui sont vraiment du covoiturage normal, et non pas du covoiturage commercial», a-t-il dit.

«Nous sommes en train de réviser ce 100 km-là, ou au moins mettre des mesures d’atténuation pour des cas interurbains», a-t-il ajouté.

«Ce n’est aucunement l’intention du ministre, lorsqu’il a rédigé son projet de loi, de vouloir mettre des bâtons dans les roues des initiatives de covoiturage. Au contraire, ça fait partie des initiatives qui sont en droite ligne avec la politique de mobilité durable», a indiqué enfin M. Tremblay.

Tarification incertaine

Le montant que pourront toucher les conducteurs qui font du covoiturage n’a pas encore été déterminé par le gouvernement Legault.

Selon Marc-Antoine Ducas, Québec se trouve actuellement devant une bonne occasion d’augmenter considérablement le covoiturage quotidien résidence-travail.

«En ce moment, le dédommagement permis est de quelques dizaines de sous par kilomètre. Quelqu’un qui part de la Rive-Sud pour aller travailler au centre-ville et qui fait par exemple 10 km, on peut trouver que ç’a l’air équitable, 4 $ le trajet. Mais s’il faut que le conducteur paie 20 $ de stationnement par jour, ça ne compense pas le coût réel, ce n’est pas vraiment un incitatif», a-t-il donné en guise d’exemple.

«Il faut aussi compenser les compromis. Si j’attends quelqu’un pendant 10 minutes après le travail, et qu’un jour ça lui prend cinq minutes de plus, que j’arrive en retard à la garderie et que ça me coûte 8 $ d’amende... je ne vais plus vouloir covoiturer», a-t-il dit.

Selon M. Ducas, plusieurs endroits à travers le monde ont choisi d’encourager le covoiturage avec des mesures incitatives.

À Los Angeles, par exemple, des stationnements gratuits sont réservés pour des automobiles dans lesquelles voyagent trois personnes. Les covoitureurs des États-Unis bénéficient aussi de déductions d’impôts.

«Québec a vraiment une ouverture pour être visionnaire et se poser une fois pour toutes la question: se pourrait-il que des gens acceptent de covoiturer, non pas en échange d’un salaire, mais en pouvant faire 1000 $ ou 2000 $ par an? Des villes et des entreprises sont prêtes à payer pour cela, il faut un cadre législatif souple pour rendre cela possible», a-t-il indiqué.

Les auditions publiques sur le projet de Loi 17 se termineront lundi.