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Un deuxième canadien en Formule 1?

Nicholas Latifi pourrait être appelé à remplacer bientôt Robert Kubica chez Williams

Un deuxième canadien en Formule 1?
Photos courtoisie, Williams F1 et d’archives

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MONTMELÓ | Les performances très décevantes de Robert Kubica, recruté cette année par l’écurie Williams, pourraient bien inciter son employeur à confier le baquet de sa monoplace à un autre pilote avant la fin de la saison. Et l’heureux élu pourrait bien être le Canadien Nicholas Latifi.

Selon nos informations, l’heure est aux grandes décisions au sein de l’équipe britannique, qui est incapable de quitter les bas-fonds du peloton depuis l’an dernier en F1.

Kubica, décrit il y a une dizaine d’années comme un champion du monde en devenir, effectue son retour en F1 huit ans après avoir été victime d’un terrible accident en rallye.

Bon nombre d’observateurs ont douté des capacités du pilote polonais, dont les séquelles de son embardée, surtout à sa main droite qu’il a failli perdre, sont importantes.

Or, ses résultats depuis le début de 2019 (quatre Grands Prix) ne mentent pas. Il a été devancé, autant en qualifications qu’en course, par son jeune coéquipier, le Britannique George Russell, qui fait ses débuts en F1 cette année.

Candidat logique, mais...

L’écurie Williams devrait aussi s’inquiéter du fait que le Polonais aura beaucoup de difficultés à négocier les virages très serrés à Monaco, prochaine étape au calendrier, un tracé qui exige des coups de volant répétés et très prononcés.

Kubica aurait, semble-t-il, une clause dans son contrat stipulant qu’il peut être remplacé en cours de saison.

Comme candidat logique pour prendre la relève, le nom de Nicholas Latifi figure en tête de liste. Ce Canadien, né à Montréal, a été embauché en 2019 comme troisième pilote de l’équipe.

Entreprenant sa quatrième saison à temps plein en F2 (l’antichambre de la F1), Latifi connaît un début de saison retentissant avec deux victoires, une troisième et une quatrième place en quatre départs.

Avant les deux épreuves du week-end à Barcelone, le porte-couleurs de l’écurie DAMS est confortablement installé en tête du championnat avec une récolte de 62 points, soit 19 de plus que son dauphin, le Britannique Jack Aitken.

Deux journées d’essais

Mais il y a un hic... Le Canadien de 23 ans n’est pas titulaire de la Super Licence, un prérequis pour participer à un Grand Prix de F1. Ce qu’il devrait cependant obtenir, au rythme où vont les choses, à la fin de 2019.

Latifi doit terminer dans le top 5 du classement final en F2 pour obtenir ce document essentiel.

La Fédération internationale de l’automobile (FIA), qui accorde ces laissez-passer, pourrait toutefois, selon toute vraisemblance, lui attribuer cette fameuse Super Licence plus tôt que prévu.

Ce qui nous a toutefois mis la puce à l’oreille, c’est que Latifi a lui-même confirmé au Journal jeudi qu’il sera le seul pilote de l’écurie Williams à participer aux deux journées d’essais privés en F1 prévues à Barcelone en début de semaine prochaine.

La plupart des autres organisations vont pourtant faire rouler leurs pilotes titulaires à un moment donné, bien qu’elles soient tenues de confier le volant sporadiquement à un jeune espoir pendant les deux jours.

Voilà qui pourrait permettre à Williams de constater si oui ou non, Latifi est apte à faire le saut en F1 plus tôt que prévu, et à la FIA d’évaluer son comportement, au cas où...

Nous ne sommes pas dans le secret des dieux, mais ne soyez pas surpris si deux pilotes représentant l’unifolié – l’autre est évidemment Lance Stroll – étaient au départ du Grand Prix du Canada, le mois prochain à Montréal. On ne vous l’annonce pas, mais on peut se permettre de spéculer.

Kubica, qui a pris la place de Jacques Villeneuve, remercié par Sauber après le Grand Prix d’Allemagne en 2006, serait évidemment très déçu de ne pas courir à Montréal.

C’est au circuit Gilles-Villeneuve, en 2008, qu’il a remporté sa première et seule victoire en F1, un an après avoir été victime d’un accident terrifiant dont il ne souffrira que d’un léger traumatisme crânien et d’une entorse à la cheville.

La fortune de papa

Nicholas Latifi est le fils de Michael Latifi, fondateur et président de Sofina, l’une des plus importantes entreprises alimentaires au Canada qui emploie 5000 personnes.

​Depuis la venue de Nicholas, l’inscription Sofina est visible sur les deux bolides de l’écurie Williams en F1.

À l’image de Stroll, le pilote canadien doit lui aussi sa carrière en course automobile à la fortune de papa, qui est par ailleurs un actionnaire depuis l’an dernier du Groupe McLaren, dont l’une des filiales est l’écurie de F1 du même nom.