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Dans l’intimité de Trotski

Cette salle du musée Trotski, située au Mexique, comportant des œuvres d’art et des coupures de journaux d’époque a été ajoutée récemment. Il y a douze ans, elle n’y était pas.
Photo courtoisie, Gilles Proulx Cette salle du musée Trotski, située au Mexique, comportant des œuvres d’art et des coupures de journaux d’époque a été ajoutée récemment. Il y a douze ans, elle n’y était pas.

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C’est un lieu bien connu dans la mégalopole mexicaine : la maison de Trotski. N’importe quel chauffeur de taxi vous y mènera. Bizarre que les agences touristiques soient aussi peu enclines à y diriger les touristes.

À Vienne, je peux bien comprendre que l’on soit réticent à aiguiller les voyageurs vers la maison natale d’Adolph Hitler pour éviter un certain tourisme (même si plusieurs galeristes sans vergogne vendent de faux tableaux attribués à l’ancien führer). Pourtant, Trotski est loin d’être aussi controversé et historiquement maudit. Peut-être aurait-il été un monstre : on ne le saura jamais puisqu’il s’est fait chasser du pouvoir avant d’avoir le temps d’en abuser.

Tous les objets sur le bureau de Trotski sont authentiques, y compris ses fiches de rendez-vous.
Photo courtoisie, Gilles Proulx
Tous les objets sur le bureau de Trotski sont authentiques, y compris ses fiches de rendez-vous.

Assassiné par un agent de Staline en 1940, le dissident soviétique Léon Trotski n’a pas eu une vie de tout repos. Itinérant international, une fois expulsé d’URSS il a trouvé refuge en Turquie, où on le surveillait de trop près, puis en France, où il était en vogue, mais dont on le chassa. Puis, il se rendit en Norvège et, enfin, au Mexique. Nul doute que Trotski aurait continué de passer de pays en pays pour fuir ses ennemis si ceux-ci n’étaient pas finalement parvenus à avoir sa peau.

Sa dernière maison à Mexico est devenue un musée fort prisé des voyageurs épris d’histoire, comme moi, même s’ils ne se sentent pas du tout communistes. Il y a aussi un mouvement communiste très fort au Mexique et en Amérique latine pour fournir un contingent de pèlerins rouges, appelons-les ainsi, venus se recueillir sur leur héros. Plusieurs fantasment sur un univers parallèle où c’est Trotski, et non Staline, qui aurait façonné l’URSS.

La salle  de bain.
Photo courtoisie, Gilles Proulx
La salle de bain.

Les plus âgés parmi vous avez peut-être vu le film L’Assassinat de Trotski (1972) avec Richard Burton, dans le rôle du révolutionnaire en exil, et Alain Delon dans celui de l’assassin qui, par ailleurs, voyageait avec un faux passeport canadien. Je vous recommande fortement cette maison-musée que l’on sent habitée par les fantômes d’un passé révolu et pourtant si proche !