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Elle perd une partie de sa mâchoire

Une retraitée a enduré 18 mois de douleurs à la suite de la pose d’un implant dentaire

Avant Après
Photo courtoisie
Photo courtoisie

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La pose de deux implants dentaires a fait tellement de ravages dans la bouche d’une enseignante à la retraite qu’elle en a même perdu une partie de l’os de sa mâchoire.

« C’était épouvantable. Juste à parler, c’était douloureux. J’ai été plusieurs semaines à avoir de la difficulté à dormir. Je passais mes nuits debout », relate Thérèse Bouthillette.

En avril dernier, la résidente de Beauharnois, en Montérégie, a eu gain de cause contre son dentiste. Elle a obtenu un dédommagement de plus de 14 000 $.

En plus des plaintes déposées à l’Ordre des dentistes (voir autres textes), certains patients se tournent vers la Cour des petites créances à la suite d’un traitement dentaire raté.

Si certains mordent la poussière, d’autres obtiennent gain de cause.

Pour Thérèse Bouthillette, il s’agissait du point final à un calvaire qui a débuté quatre ans plus tôt. À l’époque, elle avait été orientée vers le Dr Louis Drouin pour la pose de deux implants du côté droit de la bouche.

Ce dernier a proposé de poser également deux implants du côté gauche de la bouche.

Difficultés à manger

Dans les jours qui ont suivi l’intervention, en 2014, l’enflure et la douleur se sont répandues du côté gauche de sa bouche. La douleur était telle qu’elle a demandé au dentiste de lui retirer ses implants quelques jours après la chirurgie.

Ce dernier a plutôt demandé d’attendre et prescrit des antibiotiques et des antidouleurs. « Je n’arrivais plus à manger. J’achetais du Ensure (substitut de repas liquide), des patates pilées ou de la crème glacée. Je me disais que ça allait passer », dit-elle.

Or, les mois ont passé et la douleur restait présente. Elle a été adressée à un autre spécialiste, car on soupçonnait que les problèmes étaient liés à une production insuffisante de salive.

Perte de masse osseuse

Un an après la chirurgie, Thérèse Bouthillette a perdu un premier implant et a immédiatement ressenti un peu de soulagement. À ce moment-là, elle a entrepris des recours contre le Dr Drouin et son assurance professionnelle.

Ce n’est toutefois qu’au bout de 18 mois, qu’on lui a retiré son deuxième implant, après avoir diagnostiqué une péri-implantite avec une perte grave de masse osseuse.

En avril 2018, elle a eu gain de cause contre son dentiste, qui a donc été condamné à lui verser 14 456,43 $, dont 8000 $ pour toutes les souffrances subies pendant 18 mois.

« Le tribunal ne peut s’expliquer comment il se fait que l’inflammation persistante et douloureuse ainsi que l’ulcération présente n’aient pu être immédiatement enrayées », écrit la juge Céline Gervais.

D’autres patients qui ont eu gain de cause contre leur dentiste

Dent arrachée après un traitement de canal

Un traitement de canal a tourné au cauchemar pour une patiente. La dame s’était présentée dans une clinique de l’ouest de Montréal pour une douleur aux dents. Le dentiste a constaté la présence d’une carie profonde et a recommandé un traitement de canal. Or, selon un rapport d’expert présenté en cour, ce traitement n’était pas nécessaire. Même si elle a été soulagée temporairement, la dame a dû se faire enlever la dent. Le juge lui a octroyé une somme de 6880 $ pour l’extraction et le remplacement de sa dent. Il a également accordé 800 $ pour les troubles et inconvénients. Au total, la dame a reçu 8439 $, soit environ la moitié des 15 000 $ qu’elle réclamait au dentiste.

De l’air sous les dents

Un patient a poursuivi son dentiste pour l’installation d’un pont dentaire qu’il jugeait mal fait. Ce pont visait à remplacer trois dents qui ont été extraites par le dentiste basé à Montréal. Selon un rapport d’expertise déposé en cour, l’air passe sous les dents du patient et le « pont n’est pas flush avec la gencive ». Le patient dit également avoir de la difficulté à parler avec son nouveau pont. Après seulement trente mois, il a dû le faire refaire. Le juge a octroyé 6000 $ au patient en guise d’indemnité, compte tenu de la durée de vie relativement courte du pont et des inconvénients subis par le patient.

Un appareil qui cause des douleurs

Une dame de la région de Québec a reçu une compensation représentant la moitié des 3500 $ payés pour un appareil dentaire. Auparavant, la dame s’était plainte de douleurs à la mâchoire, à la tête, au cou et même dans le bras. Plutôt que de la soulager, l’appareil lui causait des douleurs, si bien qu’elle ne le portait pratiquement pas, malgré les nombreux ajustements faits par le dentiste. C’est finalement un chiropraticien qui l’a soulagée de ses douleurs. La dame a poursuivi son dentiste pour 15 000 $, mais la cour ne lui a octroyé que 1750 $. Le juge estimait que la dame n’avait pas pu prouver de faute directe.