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La Bodeguita del Medio, un incontournable

Le monde se presse en direction de la Bodeguita del Medio.
Photo Jacques Lanctôt Le monde se presse en direction de la Bodeguita del Medio.

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Vous ne pouvez pas séjourner à La Havane sans aller faire un tour à la Bodeguita del Medio. Ce restaurant célèbre, situé à deux pas de la Cathédrale, rue Empedrado dans la vieille Havane, est à la cuisine cubaine ce que le Buena Vista Social Club est à la musique traditionnelle cubaine : un incontournable. Non pas qu’on y mange et boit de façon exceptionnelle, mais tout simplement pour prendre un joyeux bain de culture cubaine dans cet endroit mythique toujours très animé, de jour comme de nuit.

Ce restaurant ne paie pas de mine et n’affiche aucun modernisme propre à la nouvelle restauration. Ici, vous en avez pour votre argent et pour votre dépaysement. C’est dans ce bar-restaurant qu’est né, en 1942, le fameux « mojito » qu’on retrouve maintenant partout, aussi bien sur l’île qu’à l’extérieur des frontières cubaines : rhum cubain de trois ans, menthe pilée (appelée ici « hierba buena »), sucre, citron vert, eau gazeuse, glaçons et un soupçon d’amargura. On raconte que c’est l’écrivain américain Ernest Hemingway qui a popularisé cette boisson, avec cette phrase célèbre : « Mon mojito à la Bodeguita del Medio et mon daiquiri au bar El Floridita. » Je vous parlerai d’ailleurs bientôt de cet autre endroit mythique de la vieille Havane.

Une idée du décor rustique à l’intérieur du restaurant.
Photo Jacques Lanctôt
Une idée du décor rustique à l’intérieur du restaurant.

Mais on s’y rend également pour savourer sa cuisine créole, dont le « congri », un met typiquement cubain, sans doute le meilleur de tout Cuba, fait de riz et de haricots noirs, servi avec des morceaux de porc juteux, des bananes plantains frites (« tostones »), du manioc assaisonné (« yuca ») et des oreilles de christ (« chicharrones »). Pour faire passer ce menu digne d’une cabane à sucre, n’hésitez pas à faire quelques pas de danse sur la musique entraînante d’un orchestre local toujours présent sur les lieux.

Des centaines de personnalités des milieux politiques et culturels s’y sont donné rendez-vous. Outre Ernest et Margot Hemingway, y ont défilé et laissé leurs traces et parfois leurs photos le poète chilien Pablo Neruda, l’écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez, le poète cubain Nicolas Guillén, le jazzman américain Nat King Cole, l’inoubliable président chilien Salvador Allende, l’écrivain argentin Julio Cortazar. Et des milliers d’autres, moins connus ou inconnus, y ont signé autographes et témoignages un peu partout sur les murs de l’établissement. Lors de mon premier séjour à Cuba, au début des années soixante-dix, j’avais découvert, sur un mur, la signature de Pauline Julien. Mais aujourd’hui, les murs se sont drôlement couverts et je vous mets au défi de retracer, parmi les milliers de signatures, celle de notre chanteuse nationale.