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Les art-thérapeutes veulent être reconnus comme des psychothérapeutes

Les art-thérapeutes veulent être reconnus comme des psychothérapeutes
Photo Étienne Paré

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MONTRÉAL – L’art-thérapie a beau avoir fait ses preuves en relation d’aide, ceux qui sont formés pour la pratiquer ne sont plus reconnus comme des psychothérapeutes depuis 10 ans au Québec, ce qui complique leur métier.

«Les institutions publiques, dans les CIUSSS, qui étaient d’importants clients, ne veulent plus faire appel à nous», s’est désolée Marie-Émilie Louis, présidente de l’Association de dramathérapie, une forme d’art-thérapie par le théâtre.

Adoptée en 2009, la Loi 21 a sévèrement restreint l’obtention du titre de psychothérapeute pour empêcher les charlatans de se qualifier ainsi. Les permis de psychothérapie sont, depuis, délivrés par l’Ordre des psychologues. Ceux qui possédaient le titre avant l’adoption de la loi sont protégés par une clause de droits acquis, mais les nouveaux psychothérapeutes doivent faire partie d’un ordre professionnel.

«Des négociations ont eu lieu il y a un mois avec l’Ordre des psychologues. Par contre, pour former un ordre professionnel, ce sera plus difficile. Avec les règles actuelles, il faut qu’il y ait déjà eu un préjudice envers la population et, pour le moment, heureusement, il n’y a jamais eu de plainte contre un art-thérapeute», a résumé Mme Louis, qui participait samedi à un colloque sur l’art-thérapie dans le cadre de la Semaine de la santé mentale.

Les art-thérapeutes de toutes sortes sont aussi trop peu nombreux pour former un ordre professionnel, a ajouté Mme Louis, qui comprend le principe de la Loi 21, mais qui espère que Québec y apporte quelques modifications.

Un métier à part entière

Malgré tout, les thérapies par l’art continuent de venir en aide à des groupes qui en font la demande: des militaires qui souffrent d’un choc post-traumatique, des victimes de crimes sexuels ou encore des enfants autistes.

«C’est certain qu’en suivant des séances d’art-thérapie, j’ai découvert des choses sur moi que je n’aurais pas pu découvrir dans une thérapie conventionnelle. Je trouve ça dommage que des personnes à qui ça conviendrait mieux en sont privées», a évoqué Natasha Willot, elle-même étudiante à la maîtrise en dramathérapie à l’Université Concordia.

Pour être reconnus au moins par une association, les art-thérapeutes doivent avoir fait une maîtrise sur le sujet, à laquelle ils ne peuvent être admis que s’ils ont déjà suivi des cours de psychologie.

«Les gens doivent comprendre que nous ne sommes pas des profs d’art. Le but de l’art-thérapie, ce n’est pas l’œuvre, mais le cheminement de la personne qui l’a faite. Il faut surtout être disposé à recevoir toutes sortes de confidences pendant nos ateliers», a illustré Maria Riccardi, qui vit de ce métier depuis huit ans.