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Contemporain et pertinent

L’œuvre Nabucco de Verdi est revisitée de belle façon par l’Opéra de Québec

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Il y a toujours des risques à transposer une œuvre du passé dans une époque plus contemporaine. Le Nabucco de Verdi, présenté par l’Opéra de Québec, qui se déroule dans les années 70, est tout à fait et plus que jamais pertinent.

Une pertinence appuyée par une situation mondiale où le vivre ensemble semble être quelque chose de particulièrement complexe.

À l’affiche à nouveau, mardi, jeudi et samedi, à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre de Québec, cette œuvre créée en 1842 s’avère être une très belle réussite.

L’opéra mis en scène par Michael Cavanagh est pertinent, visuellement réussi et les solistes, malgré la présence d’un virus, ont livré de très beaux moments.

Nabucco raconte l’histoire du roi de Babylone qui se prépare à compléter une attaque à l’endroit du peuple hébreu. Un Nabucco qui prétend être un dieu, qui tombera dans la folie et qui, lorsqu’il réalisera tout le mal qu’il est en train de faire, se transformera en un ambassadeur de la paix.

On réalise, dès la levée du rideau, que nous sommes dans une autre époque. Les personnages sont en complets et en robes et les soldats sont armés des mitraillettes.

Le chœur, qui lance l’opéra, s’avance sur le bord de la scène et chante très près du public. Le contact se crée rapidement. Une superbe entrée avec du mouvement et des déplacements bien chorégraphiés.

Le moment

Le ténor Steeve Michaud, qui joue le rôle d’Ismaël, le neveu du roi des Hébreux, est en voix. Il a une belle présence sur les planches et il a été l’étoile de la soirée.

Abigaïlle (Michele Calpabo) est amoureuse d’Ismaël (Steeve Michaud).
Photo Jean-François Desgagnés
Abigaïlle (Michele Calpabo) est amoureuse d’Ismaël (Steeve Michaud).

La soprano Michele Capalbo, qui interprète Abigaïlle, fille présumée de Nabucco, offre de très belles modulations lors de la pièce l’o tamava! Una furia è quest’amore. On perdra ensuite sa voix, quelques instants, durant le deuxième acte.

Les chœurs sont une partie importante de Nabucco et celui de l’Opéra de Québec offre, à nouveau, une superbe performance. Impossible de ne pas être envahi par un énorme moment d’émotion lors du célèbre Va, pensiero, lorsque les esclaves, appuyés contre un grillage et des barbelés, chantent leur amour pour leur patrie. Le moment fort du spectacle.

Nabucco fait une entrée réussie au premier acte, accompagné par ses soldats, représentés par des ombres qui bougent sur un écran translucide.

James Westman interprète pour la première fois le rôle de Nabucco.
Photo Jean-François Desgagnés
James Westman interprète pour la première fois le rôle de Nabucco.

Économe vocalement durant le premier acte, le baryton James Westman sera à son meilleur lors du troisième et du quatrième acte, lorsqu’il retrouve la raison, qu’il implore le dieu des Hébreux et lui demande pardon. Il offrira aussi un beau duo avec Michele Capalbo durant le Donna chi sei ?

Giovanni Battista Parodi a offert de bons moments dans la peau de Zaccaria. La basse Alain Coulombe est solide dans le rôle du grand prêtre de Belos. La voix est puissante et le jeu inspiré.

La soprano Jessica Latouche, qui, dans le rôle d’Anna, faisait ses débuts à l’Opéra de Québec, a fait belle impression avec des harmoniques puissantes, à la fin du premier acte et une belle intensité dramatique sur les planches. Un acte qui se termine dans les flammes avec un Nabucco qui ordonne d’incendier le temple de Salomon.

Un chœur magnifique, de belles musiques, une dramaturgie réussie et une adaptation qui ne dénature pas l’essence de l’œuvre de Verdi, Nabucco se termine avec le mot paix écrit dans une multitude de langues. Un message plus que pertinent.


La Traviata de Verdi (19, 22, 24 et 26 octobre 2019 et La Chauve-souris (16, 19, 21 et 23 mai 2020) de Johann Strauss II constitueront la 36e saison de l’Opéra de Québec.