/news/currentevents
Navigation

Une manifestante détenue abusivement

Montréal devra payer pour les fautes de ses policiers

Jennifer Paquette
Photo d’archives Jennifer Paquette a été arrêtée par les policiers lors d’une manifestation, en 2014.

Coup d'oeil sur cet article

La Ville de Montréal devra verser plus de 40 000 $ à une manifestante anticapitaliste détenue abusivement deux fois par sa police municipale, a tranché un tribunal.

L’activiste Jennifer Paquette a partiellement gagné contre la Ville et trois policiers à qui elle réclamait 85 000 $ pour brutalité policière. La juge Hélène Langlois lui a finalement octroyé 43 300 $.

La Cour supérieure a en effet conclu récemment qu’elle avait été détenue fautivement deux fois, soit le 1er mai et le 17 juin 2014, en plus de ne pas avoir été arrêtée raisonnablement.

Coups pas reconnus

« Les policiers s’en donnent souvent à cœur joie pour plusieurs choses et restent souvent impunis dans leurs cas de brutalité policière. Je suis vraiment contente de gagner, parce que c’est rare », dit la manifestante.

Elle n’est toutefois pas parvenue à prouver qu’elle avait été délibérément poussée et frappée par des agents ni qu’un policier l’avait suivie en voiture pour la harceler.

« C’est certain que je suis déçue que la juge n’ait pas reconnu les coups que j’ai reçus, parce qu’il y a quand même des vidéos qui le prouvent », dit-elle, certaine d’être victime de profilage.

Mme Paquette est tombée au sol le 1er mai lors d’une arrestation pour avoir voulu relancer une manifestation déclarée illégale.

« [...] La précipitation avec laquelle l’arrestation se déroule, de même que la charge de [Paul Junior] Morin sur Paquette sont en toute probabilité à l’origine de cette chute. Ce choix de méthode d’arrestation ne se justifie pas dans les circonstances », a statué la juge Langlois.

Intimidation

La manifestante a ensuite été détenue seule dans un fourgon cellulaire pendant environ une demi-heure. Or, il n’y avait aucun indice qu’elle représentait un risque pour la sécurité de qui que ce soit, selon la magistrate.

« Et il y a une flic que je n’ai jamais vue qui est arrivée et qui m’a dit que je pouvais m’en aller. Je n’ai jamais reçu la contravention », raconte la manifestante.

Mme Paquette était de retour devant la cour municipale le 17 juin suivant, et elle a croisé l’agent Mathieu Brassard, qui avait participé à son arrestation du 1er mai. Les images des caméras de surveillance l’ont montrée le talonnant et lui parlant.

Elle a été arrêtée pour intimidation envers un policier, ce qui n’était pas déraisonnable en soi, selon la juge, mais elle a été détenue sans motif une seconde fois. Mme Paquette a été acquittée.