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Gala Artis: une soirée réjouissante

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Aidés par quelques gagnants surprises et plusieurs discours sentis, Maripier Morin et Jean-Philippe Dion ont livré une (autre) édition réjouissante des Prix Artis dimanche soir.

Sans réinventer la roue, le tandem a insufflé une énergie contagieuse – et salutaire – au rendez-vous de près de trois heures, sans compter plusieurs idées neuves qui méritent de revenir au cours des prochaines éditions. On pense notamment aux annonces des nominations au prix de Personnalité masculine (un gros merci aux gros bras de Dave Morissette, sans lesquels le segment piñata aurait pu tourner au long désastre), au mariage réussi de variétés et d’actualité (Émile Proulx-Cloutier, des danseurs de Révolution et plusieurs jeunes environnementalistes) ainsi qu’au choix des présentateurs (les comédiennes de M’entends-tu, Anne-Élisabeth Bossé et Mickaël Gouin, les comédiens du nouveau Passe-Partout).

Faux départ

La soirée avait pourtant connu un départ en dents de scie, gracieuseté de quelques blagues plus ou moins convaincantes et d’un numéro musical semblant – en grande partie – sortir d’une autre époque.

On comprend le concept de répondre aux désirs des finalistes en concevant un gala fait sur mesure pour eux. C’est louable. Mais en 2019, ouvrir une cérémonie de remise de prix avec I Will Survive de Gloria Gaynor, un vieux tube disco américain datant de 1978, ce n’est pas l’idée du (21e) siècle. Les chorégraphies vitaminées des gagnants de Révolution, Team White, étaient actuelles, mais malheureusement, aucune des chansons sur lesquelles ils s’exécutaient ne l’étaient, exception faite d’On perd la tête de LGS, qui s’est heureusement taillé une place entre Groove is in the Heart de Deee-Lite et Jump Around the House of Pain pour moderniser le pot-pourri.

Cela dit, les organisateurs du gala Artis n’ont pas été les seuls à s’appuyer sur d’anciens succès pour capter l’attention du public dimanche soir. Comme on a pu s’en rendre compte lors des pauses publicitaires, les dirigeants de L’Oréal Paris avaient également demandé à Céline Dion de reprendre Respect d’Aretha Franklin pour promouvoir leurs produits. Comme quoi, certains hits du passé sont encore perçus – plusieurs décennies plus tard – comme des valeurs sûres.

Enfin, on applaudit la décision des producteurs du gala d’avoir recruté Les Trois Accords, le meilleur groupe québécois pour faire lever un party, pour clôturer le numéro d’ouverture avec Corine... une chanson qui sera peut-être ressortie pour lancer les célébrations d’une cérémonie en 2059 !

 

Des remerciements

Du côté des remerciements, difficile de passer sous silence ceux de Guy Jodoin... ou plutôt d’Alexandre Barrette, qui s’est emparé du micro pour détourner d’amusante façon les remerciements de l’animateur du Tricheur. « Guy, ça fait sept ans que je suis nommé au gala Artis, ça fait sept ans que j’te vois gagner, je connais ton discours par cœur... » a lancé l’animateur de Taxi payant.

Signalons également la pertinence de Sarah-Jeanne Labrosse, l’émotion d’Hélène Bourgeois-Leclerc (sacrée Meilleure actrice pour District 31 après avoir quitté la série) et l’éloquence de Charles Tisseyre et Guy A. Lepage. Ce dernier ne s’est d’ailleurs pas gêné pour subtilement évoquer ses prises de bec sur Twitter avec Pierre Karl Péladeau en déclarant : « Certaines personnes veulent nous mettre en compétition, mais il n’y a pas de compétition entre nous. Nos vrais compétiteurs s’appellent Netflix, Amazon et YouTube. Il faut qu’on se tienne, sinon, on va tous être perdants. »

Tapis rouge

Un mot sur l’émission Tapis rouge. Elle continue de surpasser celles des autres galas (ADISQ, Gémeaux, Olivier), non seulement côté contenant (réalisation), mais aussi côté contenu (entrevues fort bien préparées et menées). Se joignant au duo formé par Anouk Meunier et Patrice Bélanger, Sabrina Cournoyer s’est montrée irréprochable.

Deux bémols : cette entrevue qui monopolisait toute la distribution d’O’, mais durant laquelle on s’est uniquement adressé à Guy Nadon, et l’omniprésence des applaudissements et cris du public dans les gradins. Oui, ça crée de l’ambiance, mais au bout du 60 minutes, on n’en pouvait plus !

Ce qu'ils ont dit

Photo Agence QMI, Joël Lemay

« Il ne faut pas sous estimer le pouvoir d’une série jeunesse intelligente et sans tabous sur les jeunes. »

– Sarah-Jeanne Labrosse, en remportant le prix d’Artiste jeunesse pour Le chalet

Photo Agence QMI, Joël Lemay

« Il n’y a pas de compétition entre nous. Nos vrais compétiteurs s’appellent Netflix, Amazon et YouTube. Il faut qu’on se tienne, sinon, on va tous être perdants. »

– Guy A. Lepage, gagnant du prix d’Animateur de talk-show

Photo Agence QMI, Joël Lemay

« Guy, ça fait sept ans que je suis nommé à Artis, ça fait sept ans que j’te vois gagner, je connais ton discours par cœur. »

– Alexandre Barrette, qui a détourné le discours de remerciements de Guy Jodoin

Photo Agence QMI, Joël Lemay

« Ça a été un grand voyage, passer d’Unité 9 à En tout cas. Mettons que c’est deux planètes. »

– Guylaine Tremblay, lauréate du prix Artis pour Rôle féminin – Comédies

Photo Agence QMI, Joël Lemay

« Ce trophée, il est pour tous ceux et celles qui vont entendre une petite voix très forte qui leur parle en dedans et qu’ils n’ont pas le choix d’écouter. »

–Hélène Bourgeois-Leclerc, qui a choisi de quitter District 31 cet hiver

Photo Agence QMI, Joël Lemay

« On voudrait s’adresser aux amis dans la catégorie jeunesse. Si tu ne gagnes pas, ça se peut que tu aies de la peine dans ton cœur... »

- Jean-François Pronovost, Élodie Grenier et Gabrielle Fontaine, les comédiens du nouveau Passe-Partout

Photo Agence QMI, Joël Lemay

 

« Je pense que la machine est brisée... Je tiens à m'excuser aux autres personnes en nomination ; vous êtes tous et toutes de meilleurs animateurs que moi. »

– Jean-René Dufort 

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