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Du Congo au Toqué!

Eugène Tukala Vuvu
Photo Francis Halin Eugène Tukala Vuvu a remporté la semaine dernière un des Grands Prix de la relève de l’Association québécoise de la formation en restauration, tourisme et hôtellerie (AQFORTH). Eugène Tukala Vuvu a commencé à cuisiner alors qu’il avait 13 ans.

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Un Congolais qui a dû se réfugier au Bénin pour des raisons politiques avant d’arriver au Québec avec ses huit frères et sœurs vole la vedette en cuisine au moment où l’industrie s’arrache des talents comme le sien.

« J’ai commencé au Domino’s Pizza. J’ai occupé tous les postes, sauf livreur. Après, j’ai été à Montréal Poutine. Ensuite, au Café Cherrier. Aujourd’hui, je suis stagiaire au Toqué ! », raconte au Journal d’un ton posé le Québécois Eugène Tukala Vuvu.

Pris en sandwich dans une situation politique houleuse, Eugène Tukala Vuvu est forcé de laisser la République démocratique du Congo pour le Bénin avec ses huit frères et sœurs et ses parents. À 16 ans, il troque l’Afrique pour le Québec.

Arrivé ici, il cumule des petits boulots en cuisine et s’impose dans le milieu des restos. Sa blonde l’invite alors à s’inscrire à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ) pour avoir un diplôme d’études professionnelles (DEP).

« À 23 ans, ça a décollé. Au Café Cherrier, ils ont commencé à me donner des responsabilités, comme des fermetures de cuisine. Là, c’était parti », explique-t-il, sourire aux lèvres.

Journée de 17 heures

Aujourd’hui, à 30 ans, il a un horaire de ministre. À sept heures du matin, sa journée commence au restaurant l’Avenue où il apprend à faire des déjeuners jusqu’à midi.

Un peu après, vers 12 h 30, destination Toqué ! pour effectuer son stage où il ne sort pas avant 23 h 30, parfois même une heure du matin.

« Le chef a une énergie positive. Même si les gens travaillent fort, tu vois qu’ils aiment travailler avec lui. C’est une bonne équipe le Toqué ! », partage-t-il.

Après son stage, Eugène Tukala Vuvu rêve moins de travailler dans la cuisine étoilée d’un grand chef que de lancer son propre restaurant.

« Mon rêve, c’est d’ouvrir un restaurant congolais. La réalité du Congo, ce n’est pas seulement ce que l’on entend dans les médias : les minerais, les guerres, et tout. J’aimerais que le monde sache que l’on vit aussi au Congo », conclut-il.