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La spirale menant à une guerre avec l’Iran est engagée

Vedettes rapides iraniennes
Photo AFP Vedettes rapides iraniennes

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La Maison-Blanche concentre des forces navales et aériennes à proximité de l’Iran dans le but d’intimider le régime des ayatollahs et peut-être aussi dans l’espoir que Téhéran réagisse militairement. Le conseiller à la sécurité nationale de Trump, le faucon John Bolton, prône une attaque préventive contre l’Iran depuis des années.  

Il veut détruire le système de défense antiaérienne de l’Iran et ses installations de recherches nucléaires pourtant certifiées «inopérationnelles» par la communauté internationale.

Trump a initié cette dangereuse spirale lorsqu’il a dénoncé l'année dernière l'accord sur le nucléaire iranien ratifié par l'ONU. Il renforce Ali Khamenei, le guide suprême de la Révolution et les fanatiques islamistes qui l’entourent, aux dépens des modérés du régime comme le président Hassan Rouhani, et le ministre des Affaires étrangères, Javad Zarif qui voient leur influence diminuer. Les dangers d’une confrontation militaire augmentent d’autant.

L’Iran n’est pas de taille, pensez-vous, pour affronter la plus grande puissance militaire actuelle. Le problème est la confiance arrogante du Pentagone dans sa supériorité sur des adversaires avec des capacités opérationnelles largement inférieures. Cela, malgré le Viêt Nam et l’Afghanistan où des paysans en sandales ont tenu victorieusement tête aux GI suréquipés et jouissant d’un appui aérien massif. Et malgré le 11 septembre 2001, alors qu’une organisation terroriste sans soutien étatique a réussi à déjouer les défenses des États-Unis qui avaient pourtant subi une première attaque contre le même objectif par le même adversaire en 1993.

Rappelons aussi que bien avant l’attaque du 7 décembre 1941, une attaque aérienne simulée contre la base de Pearl Harbour avait démontré les vulnérabilités des installations, mais aucune mesure n’avait été adoptée pour corriger la situation. On jugeait que les Japonais étaient incapables d’une telle attaque.

Tout au long de leur histoire, les Américains ont eu tendance à sous-estimer leurs ennemis.

Un général US détruit la flotte américaine du golfe Persique

C’est le moment de vous raconter l’histoire du général des Marines à la retraite Paul Van Riper, célèbre dans le cercle fermé des analystes militaires et détesté par les dirigeants du Pentagone. Van Riper doit sa notoriété à une simulation stratégique, Millennium Challenge 2002, organisée pour tester les stratégies et les tactiques américaines dans le cas d’une guerre dans le golfe Persique.

Dans ce jeu de guerre, on lui avait confié le rôle de commandant des forces armées iraniennes. À la consternation du Pentagone, Van Riper a réussi dans les deux premiers jours de l’exercice à couler la majorité des navires de la US Navy dans le golfe Persique. Devant le désastre, comparable à plusieurs Pearl Harbor, le Pentagone a arrêté la simulation. Le jeu de guerre devait durer 15 jours.

Dans les 24 premières heures de l’exercice, à l’approche de la flotte américaine, Van Riper a utilisé des embarcations de plaisance iraniennes pour déterminer sa position, ses capacités et ses déplacements. Ensuite, il a lancé une attaque aérienne et navale massive contre la US Navy comprenant des fusées, des missiles de croisière, mais aussi des centaines de petits avions de tourisme bourrés d’explosifs, pilotés par des islamistes suicidaires. Parallèlement, des centaines de petites embarcations civiles rapides, également conduites par des kamikazes, sont lancées contre la flotte américaine.

Cette frappe massive inattendue par des milliers d’aéronefs et d’embarcations a débordé les capacités défensives de la flotte américaine. Bilan: un porte-avions, dix croiseurs et cinq navires amphibies envoyés par le fond. Dans un véritable conflit, les pertes américaines se seraient chiffrées à plus de 20 000 morts en deux jours de conflit.
Devant le désastre, le Pentagone a suspendu l’exercice, pour «reflotter» ses navires coulés, ressusciter ses marins et modifier les règles du jeu. À la réinitialisation de la simulation, les deux côtés se sont vus imposer un scénario destiné à assurer une victoire des États-Unis. Van Riper a confié à l’émission Nova de PBS que l’exercice, qui a coûté 250 millions de dollars, a été un gaspillage complet.