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La vente de WestJet pourrait faire monter les enchères pour Transat

Le titre du transporteur et voyagiste québécois a grimpé de plus de 4% lundi

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Les détenteurs d’actions de Transat (TSX : TRZ) ont de quoi se réjouir. La vente de WestJet au fonds d’investissement Onex pourrait faire monter en flèche la valeur des offres pour l’entreprise québécoise.

Après avoir mis la main sur WestJet hier au coût de 5 milliards $, la société de portefeuille ontarienne pourrait être tentée de racheter Transat, ce qui devrait faire bondir la valeur potentielle de l’entreprise québécoise.

La transaction d’hier pourrait mener à une nouvelle et inattendue vague de consolidation au sein du secteur aérien canadien, selon divers observateurs.

« Nous pensons que cette transaction aura des conséquences positives pour Transat, dans la mesure où Onex pourrait chercher à l’acquérir pour compléter l’offre de WestJet », a affirmé l’analyste Benoit Poirier, de Valeurs mobilières Desjardins.

Une vente potentielle de Transat pourrait faire grimper son action jusqu’à 16 $, a-t-il estimé. L’action de Transat a bondi de 4,2 % hier pour s’établir à 10,27 $, et a presque doublé en valeur depuis le 29 avril.

Transat, la dernière disponible

Une alliance WestJet-Transat permettrait par ailleurs de créer un « vrai » concurrent national à Air Canada, estime pour sa part le professeur Louis Hébert, de HEC Montréal. On reviendrait alors à un marché canadien très consolidé comme à l’époque de la concurrence Air Canada-Canadian Airlines.

« Après la vente de WestJet, Transat c’est un peu la dernière maison disponible dans un beau quartier fortement en demande. Plusieurs acheteurs vont vouloir se l’arracher », expose-t-il.

La pression augmente donc d’un cran pour les groupes intéressés à acheter Transat, comme le promoteur immobilier Vincent Chiara, l’homme d’affaires Pierre Karl Péladeau, ou FNC-Capital.

Le gouvernement Legault n’a pas réagi à l’annonce hier.

Quelques jours plus tôt, en réponse à des questions du Journal, le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon avait dit vouloir « conserver le siège social et les emplois de Transat au Québec ». Il ne s’oppose toutefois pas à ce que l’acquéreur provienne d’ailleurs au pays, ou à ce que des intérêts étrangers figurent parmi les investisseurs.

Dans le cadre de l’entente conclue avec la direction de WestJet, Onex versera 31 $ par action, soit une prime de 67 % par rapport au prix de l’action à la fermeture de la Bourse de Toronto, vendredi dernier.

À la suite de la transaction, WestJet ne sera plus cotée en bourse.

« Je suis particulièrement content que WestJet reste basée à Calgary, a dit le président et fondateur de la compagnie Clive Beddoe par communiqué, hier matin. L’expérience d’Onex, son historique de relations positives avec ses employés et ses orientations à long terme en font un partenaire idéal pour WestJet, et je suis très excité à propos de notre avenir. »

Onex avait approché la direction de WestJet en mars afin de mettre la main sur cette compagnie aérienne. Un comité spécial avait alors été mis en place pour étudier l’offre du fonds d’investissement de Toronto. La direction a ensuite estimé que cette transaction est dans le meilleur intérêt des actionnaires. Elle leur recommande donc de l’approuver lors d’une réunion extraordinaire qui aura lieu en juillet.

Des actions en hausse à la Bourse de Toronto

  • WestJet (TSX : WJA) 29,61 $ CA +11,09 $ (+59,88 %)
  • Transat (TSX : TRZ) 10,27 $ CA +0,41 $ (+4,16 %)
  • Air Canada (TSX : AC) 38,21 $ CA +2,00 $ (+5,52 %)