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L’application Eva: un compétiteur québécois pour Uber

L’application Eva: un compétiteur québécois pour Uber
Photo Agence QMI, Joël Lemay

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MONTRÉAL - La coopérative Eva, une sorte d’Uber québécois qui promet de laisser plus d’argent dans les poches des chauffeurs, lance officiellement ses activités dans la région métropolitaine ce lundi.

À 10h, les fondateurs d’Eva donneront une conférence de presse à la Maison du développement durable pour officialiser leurs activités dans le cadre du même projet pilote qu’Uber. Depuis trois semaines, l’application Eva était disponible et fonctionnelle pour une période de rodage; quelques rares chauffeurs avertis l’utilisaient. «Il reste du peaufinage à faire, mais tout le monde est invité à la télécharger et à s’en servir», dit Raphaël Gaudreault, cofondateur et responsable du développement technique.

 

L’application Eva: un compétiteur québécois pour Uber
Photo Agence QMI, Joël Lemay

 

Les habitués d’Uber ne seront pas dépaysés: l’application Eva ressemble à celle du pionnier du transport «rémunéré de personne» qui opère depuis 2014 à Montréal. «Pour le passager, ça revient au même prix, mais pour le chauffeur, c’est avantageux puisque nous prélevons 15% du prix de la course, comparativement à 25% chez Uber, explique Dardan Isufi, cofondateur et responsable des opérations. Un chauffeur peut travailler en utilisant les deux applications à tour de rôle en fonction des appels.»

Les éventuels profits d’Eva seront réinvestis dans ses activités ou remis à ses membres sous forme de ristournes.

Enthousiasme

L’essentiel de la programmation et du travail pour créer l’application et l’entreprise a été réalisé par des bénévoles enthousiasmés par ce projet d’«alternative socialement responsable» au géant Uber. Il y a eu des mentors et des conseillers d’expérience, mais le nœud de l’équipe est jeune: M. Isufi, étudiant en science politique à l’Université McGill, a 22 ans; Raphaël Gaudreault, étudiant en génie logiciel à l’Université Laval, en a 23.

 

L’application Eva: un compétiteur québécois pour Uber
Photo Agence QMI, Joël Lemay

 

«Pendant une nuit blanche de travail dans un McDonald à Québec, en 2017, l’idée nous est venue de créer un Uber coopératif qui offrirait le même service tout en gardant l’argent au Québec au lieu de saigner des millions vers des stratagèmes fiscaux, se souvient M. Gaudreault. Vers 4h du matin, nous avions déjà le nom, Eva, et le logo. Le noir et le jaune rendent hommage aux couleurs traditionnelles du taxi. Nous avons rapidement obtenu des appuis et du financement de la part d’organismes d’économie sociale. Ça a pris un an et demi avant de se concrétiser.»

Eva

- Contrairement à la plupart des applications de mobilités qui colligent et commercialisent les données de ses utilisateurs, Eva utilisera un protocole neutre qui l’empêchera de les garder.

- Quiconque veut conduire des passagers avec Eva doit compléter une formation de 35 heures disponible en ligne. Une formation similaire existe pour Uber, mais n’est pas transférable. «C’est ridicule d’exiger ce dédoublement et de la réclamer aussi aux chauffeurs de taxi qui voudraient faire du Eva avec leur véhicule privé», déplore M. Isufi.

- Eva compte pour le moment environ 400 conducteurs en processus. Quelque 5000 membres passagers ont déjà téléchargé l’application et inscrit leurs coordonnées bancaires pour activer leur compte.

- La coopérative aimerait pouvoir lancer ses activités à Québec au début de juillet (avant le Festival d’été) et envisage aussi d’opérer à Gatineau.

- Eva espère parvenir à s’entendre avec les chauffeurs de taxi pour les intégrer à leur offre avec une mention de leur statut de taxi et une priorité pour ces derniers. «Nous sommes sensibles à la réalité des services de taxi et nous ne voulons pas leur nuire», affirme M. Isufi.