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Le message clair des Bruins

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Photo AFP Justin Williams et les Hurricanes ont fait preuve d’indiscipline contre les Bruins, hier.

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Après le premier match, les Hurricanes avaient des arguments. Indiscipline.

Après deux périodes, ils avaient tout de même tenu tête aux coriaces Bruins de Boston. Ils avaient même dominé les Bruins.

Tukka Rask avait sauvé le fort.

Mais, hier, ce fut une tout autre histoire.

Je sais, on va rappeler que les Capitals de Washington avaient servi une correction aux Hurricanes dans le match no 5, avec une victoire de 6 à 0. On se disait alors que les champions en titre écarteraient les Hurricanes.

On connaît l’histoire.

Cependant, les Bruins sont en mission. Ils réalisent depuis le premier tour que l’opportunité de gagner la coupe Stanley se présente dans des conditions qu’ils n’avaient jamais prévues.

Plus de Capitals. Plus de Penguins. Plus de Lightning. Ils ont envoyé les Maple Leafs de Toronto faire leurs devoirs. Ils ont rayé de la liste les Blue Jackets de Columbus, une équipe qui avait tout misé à la date limite pour les transactions.

Sans faire trop de bruit, avant le début du tournoi printanier, les Bruins avaient ajouté à leurs effectifs Charlie Coyle et Marcus Johansson, question d’avoir de la profondeur à toutes les positions.

Et ils ne sont plus qu’à deux victoires de la grande finale.

Les Hurricanes ont appris, hier, dans un revers de 6 à 2 que les revirements et les pénalités peuvent avoir de lourdes conséquences sur le résultat. Ils ont surtout appris qu’on ne gagne pas en cherchant à intimider un rival aussi expérimenté, un rival qui compose avec l’adversité avec brio, grâce à des leaders engagés.

Attaquant de puissance

On connaissait à peine Timo Meier. Pour les gens de l’Abitibi, de Rouyn-Noranda, et pour les amateurs de hockey de Halifax, c’est une autre histoire. Ils ont eu l’occasion pendant quelques saisons d’épier et d’applaudir le talent et le sens de la compétition de ce jeune joueur suisse.

Pour les partisans de la Ligue nationale de hockey, surtout ceux de l’est du Canada et des États-Unis, il était difficile d’apprécier le talent du jeune homme. Mais, voilà que la compétition du tournoi printanier nous fait découvrir, à chaque match, au fur et à mesure que le tournoi progresse, un ailier déterminé, qui n’a pas froid aux yeux, un ailier qui aime s’infiltrer dans la circulation lourde, qui adore plaquer l’adversaire et qui possède des mains ultrarapides et un coup de patin explosif.

Exactement ce qu’on recherche chez un attaquant de puissance... des temps modernes. Meier en est à sa deuxième saison complète avec les Sharks. Il a marqué 54 buts et récolté 54 mentions d’aide en saison régulière. Il a atteint le plateau des 30 buts cet hiver, en plus d’ajouter 36 aides pour 66 points.

Le joueur suisse a été réclamé au 9e rang du premier tour en 2015, l’année où les Sharks ont raté le tournoi printanier. Un choix judicieux s’il en est un et un choix qui ne fait qu’ajouter à l’importance d’un groupe de recruteurs avec du flair.

Quand on est un attaquant de puissance... nouvelle tendance, ça donne des résultats impressionnants, il a marqué cinq buts et il totalise plus de 55 mises en échec jusqu’ici en 15 matchs éliminatoires.

Retour au futur

Tiens, tiens. La vieille garde refait surface. Soudainement, on a l’impression que les propriétaires et les directeurs généraux ont sorti leur album souvenir pour y découvrir des ex-entraîneurs affichant toujours un curriculum vitae pour le moins bien garni.

Quelle différence une saison peut faire !

L’an dernier, à pareille date, on s’apprêtait à sortir des rangs collégiaux Jim Montgomery (Dallas), David Quinn (New York). Rod Brind’Amour accédait au poste d’entraîneur-chef après le départ de Bill Peters pour Calgary. Todd Reirden a pris les guides des Capitals de Washington et Jeremy Colliton se retrouvait derrière le banc des Blackhawks de Chicago, c’était en novembre.

Craig Berube, ex-pilote des Flyers de Philadelphie, en novembre, se voyait confier le mandat de relancer la concession des Blues.

Il y avait une tendance pour les entraîneurs des rangs collégiaux ou encore pour les entraîneurs associés à des employeurs de quelques saisons.

Mais, voilà que cette saison, on retourne au futur. Les bons vieux entraîneurs refont surface, du moins, en Floride (Joel Quenneville), à Philadelphie (Alain Vigneault) et à Los Angeles (Todd McLellan).

Dans les rumeurs pour les postes vacants, on entend des noms connus : Jacques Martin, Dave Tippett, Marc Crawford et Bob Hartley.

La parité est en train de transformer la gestion de plusieurs formations. Elle impose maintenant une rigueur particulière dans le choix des patineurs, dans la façon de dépenser l’argent, dans l’évaluation des athlètes. Elle accueille à bras ouverts les jeunes et talentueux joueurs sortis des rangs juniors.

Préférera-t-on des entraîneurs avec du vécu dans la Ligue nationale ou gardera-t-on l’œil ouvert sur les entraîneurs des collèges américains et de la Ligue canadienne de hockey junior ?

Les vétérans semblent vouloir reprendre le contrôle...

Malkin : réalité ou fiction ?

Jim Rutherford, l’homme de confiance de Mario Lemieux, a passé une remarque pour le moins étonnante, la semaine dernière, en répondant à la question : Evgeni Malkin appartient-il à l’avenir des Penguins ?

« Nous sommes en période de réflexion. À la fin de chaque saison, il est important de faire une évaluation de tous les effectifs. Et cette évaluation est d’autant plus significative quand une formation est éliminée aussi rapidement. Fait-il partie de l’avenir des Penguins ? Difficile de répondre à cette question pour le moment. Je ne le sais pas. »

On peut interpréter de bien des façons l’analyse de Rutherford. A-t-il parlé sous le coup de l’émotion ? On en doute, les Penguins ont rangé les équipements depuis plus de trois semaines. Donc, il a eu amplement le temps de décompresser.

Décisions tranchantes

Rutherford prendra des décisions tranchantes, il n’en a pas le choix. Sidney Crosby a l’immunité, mais pour certains vétérans, il écoutera toute proposition sérieuse au sujet de Malkin, Phil Kessel et possiblement Kristopher Letang.

Dans le cas de Malkin, il est un athlète qui possède un caractère particulier. Je vous pose la question : Y a-t-il un joueur étoile qui ne possède pas un caractère particulier ? La réponse est non.

Cependant, un événement survenu en novembre ne manque pas d’attirer l’attention.

Lors d’une séance de vidéo, alors que l’entraîneur Mike Sullivan n’était pas trop heureux du travail des attaquants dans le territoire des Penguins, il a montré une séquence où un défenseur de l’équipe était en difficulté, sans qu’un seul attaquant soit dans l’image illustrant le manque d’efforts des attaquants.

De répondre Malkin : « Ce défenseur évolue dans la Ligue nationale, donc il devrait être en mesure de sortir de ce bourbier. »

Le défenseur était Chad Ruhwedel.

Un commentaire qui a refroidi l’atmosphère.