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L’Équateur va remettre aux États-Unis des documents d’Assange

L’Équateur va remettre aux États-Unis des documents d’Assange
Photo d'archives, AFP

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L’Équateur a accepté de saisir et remettre aux États-Unis les documents et le matériel informatique de Julian Assange, qui se trouvent à l’ambassade d’Équateur à Londres, a affirmé la défense du fondateur de WikiLeaks, en produisant un document attribué à la justice équatorienne.

Selon ce document – un courrier électronique en date du 8 mai, signé par le parquet équatorien, mais dont l’authenticité n’a pu être confirmée à l’AFP par d’autres sources –, le parquet a autorisé la saisie des documents et du matériel lundi prochain.  

Julian Assange est désormais incarcéré à Londres où il lutte contre son extradition vers les États-Unis, après avoir été délogé le 11 avril, avec l’autorisation de Quito, de l’ambassade d’Équateur, où il se trouvait depuis 2012. 

Selon ce document, le parquet équatorien autorise la «perquisition et la saisie» de «documents, papiers, archives et matériel similaire pouvant être pertinents dans cette enquête», ainsi que les «dispositifs électroniques de stockage de toute forme» comme des ordinateurs, tablettes, téléphones mobiles, clés USB, disques durs... 

C’est une «violation absolue du droit à la défense, car ils vont remettre aux États-Unis toutes ses communications avec ses avocats, qui sont confidentielles», a critiqué auprès de l’AFP l’avocat espagnol de M. Assange, Aitor Martinez. 

L’avocat de Julian Assange en Équateur, Carlos Poveda, a déclaré pour sa part à l’AFP avoir introduit un recours pour faire suspendre la saisie, ou au pire d’obtenir que M. Assange puisse être présent pendant la perquisition. 

L’autorisation de Quito entre dans le cadre d’une demande d’assistance judiciaire internationale présentée l’an dernier par Washington et acceptée par le gouvernement équatorien de Lenin Moreno. 

Le parquet général équatorien s’est refusé à commenter ces informations et n’a pas voulu rendre publique sa décision, car il s’agit d’une coopération internationale à caractère «confidentiel», selon des sources judiciaires équatoriennes. 

Julian Assange, 47 ans, est inculpé par la justice américaine d’association de malfaiteurs en vue de commettre un «piratage informatique», pour avoir aidé l’ex-analyste du renseignement américain, Chelsea Manning, à accéder à des milliers de documents classés secret-défense. 

WikiLeaks avait publié en 2010 plus de 700 000 documents sur les activités militaires et diplomatiques américaines. 

En 2012, l’Australien, qui faisait l’objet de poursuites en Suède pour viol, s’était réfugié dans l’ambassade d’Équateur à Londres pour éviter d’être extradé vers la Suède d’abord et ensuite vers les États-Unis, qui le réclament pour «piratage informatique», punissable de cinq ans de prison. 

Lundi, la justice suédoise a annoncé la réouverture de l’enquête pour viol contre Julian Assange.