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De grands projets pour le stade Saputo

L’Impact veut améliorer l’expérience client

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L’Impact a de grands projets pour son stade. Son président Kevin Gilmore veut améliorer l’expérience client aux matchs de l’équipe. Pour ce faire, l’organisation projette d’augmenter le nombre de loges au stade Saputo. Elle travaille sur un plan qui permettra la présentation de matchs par temps froid. Enfin, elle désire créer une ambiance festive autour du stade. 

Gilmore n’a pas d’échéancier précis à fournir à ce moment-ci. Mais il insiste pour dire que tout cela devra être mis de l’avant tôt ou tard. 

Certains se demanderont comment l’Impact peut penser à augmenter la capacité de son stade alors qu’il n’arrive pas à le remplir. La question est légitime, mais la réalité est que les habitudes des consommateurs de sports changent. 

Les gens ne veulent pas seulement assister à un match sportif. Ils s’attendent à aller voir un événement. 

Le commissaire de la MLS Don Garber, le propriétaire de l’Impact Joey Saputo et Gilmore ont fait le tour de la question devant un parterre de gens d’affaires, hier, à l’occasion d’un dîner du Cercle canadien. 

Hier midi, Kevin Gilmore, Joey Saputo et Don Gerber, commissaire de la MLS, ont discuté devant le Cercle canadien à Montréal.
Photo Martin Alarie
Hier midi, Kevin Gilmore, Joey Saputo et Don Gerber, commissaire de la MLS, ont discuté devant le Cercle canadien à Montréal.

Se faire une place à Montréal 

Ces projets s’inscrivent dans le mandat que Gilmore s’est donné lors de sa nomination comme président de l’Impact, en janvier dernier. Il estime que le moment est venu pour que l’organisation devienne un joueur majeur sur la scène sportive de Montréal. 

Le soccer attire les jeunes. On le voit au stade Saputo. La foule est la plus animée dans tout ce qui se fait dans le sport à Montréal. 

Ça, c’est acquis. 

Mais il y a des choses à améliorer. Ainsi, l’appui du monde des affaires a toujours fait défaut. 

Gilmore a une explication. Il estime que la famille Saputo, pour une raison qu’il impute à son humilité, a été trop passive avec le Québec inc. dans le passé. 

«Des sociétés comme La Banque de Montréal, Saputo, TVA Sports et Nutrilait ont donné leur appui, mais on (la famille Saputo) attendait que d’autres partenaires se présentent», dit-il. 

«Avant mon arrivée, le cabinet National a procédé à une étude avec des PDG de grosses entreprises. La réponse était unanime. Toutes les personnes contactées ont répondu qu’elles étaient disposées à soutenir l’Impact, pour autant que chaque partie y trouve son compte.» 

Relation d’affaires unique 

Depuis le temps qu’il œuvre dans le milieu entrepreneurial, Gilmore sait qu’une relation d’affaires entre une entreprise et une organisation sportive est particulière. 

«Le sport est le seul modèle d’affaires où le lien est émotif avec le consommateur», continue-t-il. 

«Les compagnies recherchent ça. Ce n’est pas comme être en compétition avec une autre entreprise. C’est un lien émotif entre le club, les joueurs et les consommateurs. 

«On peut créer une relation vraiment unique entre nos partenaires d’affaires et nos partisans. Je l’ai vécu avec le Canadien et les autres organisations avec lesquelles j’ai travaillé dans le sport. 

«Je n’ai aucun problème à parler avec les gens du Québec inc. C’est un partenariat attirant pour eux. Il faut leur montrer que la MLS et l’Impact s’en vont dans la bonne direction.» 

À sa fondation en 1996, la MLS comptait une dizaine d’équipes. Elle est formée aujourd’hui de 24 formations. Le nombre passera à 29 en 2022 et à 30 à une date qui reste à déterminer. 

Stade armé pour le froid 

Par ailleurs, la direction de l’équipe est consciente qu’elle ne peut indéfiniment entreprendre la saison avec plusieurs matchs à l’étranger. Elle s’en est bien tirée cette année, mais l’exercice s’était avéré nettement plus difficile l’an dernier. 

Dans tout sport, il est difficile de gagner chez l’adversaire et dans un calendrier d’une trentaine de matchs comme dans la MLS, un mauvais début de saison peut avoir un effet dévastateur sur la suite des choses. 

L’Impact planche actuellement sur un projet par lequel le terrain et les sièges du stade Saputo seraient chauffés. C’est une nécessité à Montréal. On retrouve un tel système à Toronto. 

Que les contribuables ne grimpent pas dans les rideaux. Ces améliorations, qui pourraient être en place pour l’automne 2020, seront payées entièrement par l’Impact. 

Créer une ambiance 

Enfin, l’Impact désire obtenir la collaboration de la Régie des installations olympiques afin d’installer des aires de divertissement autour du stade. 

L’absence de restaurants et de bars dans les environs du stade est un handicap depuis toujours. Les gens qui assistent à un match du Canadien ou à un spectacle au Centre Bell ont l’embarras du choix. 

Les promoteurs du retour d’une équipe de baseball à Montréal ont déjà des plans à cet effet dans leur tiroir. 

Pour le moment, les amateurs qui se rendent aux matchs de l’Impact ne retrouvent rien sur leur chemin comme lieux de divertissement quand ils marchent entre le métro ou le stationnement et le stade Saputo. 

Or, ce n’est pas la place qui manque dans le Parc olympique. Des points de rassemblement comme des restaurants, des bars et des scènes pour la musique pourraient être facilement aménagés pour les matchs. 

On le fait chaque année lors de la présentation du Grand Prix dans l’île Notre-Dame. 

Pourquoi pas pour le stade Saputo? 

14e dans la MLS 

Selon le site Soccer Stadium Digest, l’Impact se classe actuellement 14e sur 24 équipes au chapitre de la moyenne d’assistance dans la MLS. Il présente une moyenne de 17 118 spectateurs à ses trois premiers matchs au stade Saputo. 

Ça pourrait être mieux, considérant son rendement respectable malgré un début de calendrier difficile au cours duquel il a disputé 10 de ses 13 premiers matchs à l’étranger. 

Mais il y a lieu de penser que le chiffre d’assistance grimpera lorsque la grisaille fera place au beau temps. Il faudra aussi que l’équipe maintienne la cadence. 

Au-dessus de la moyenne 

Les deux autres équipes canadiennes de la MLS, le Toronto FC et les Whitecaps de Vancouver, viennent pour leur part au quatrième et au neuvième rangs pour la moyenne d’assistance. La moyenne du Toronto FC s’établit à 24 779 spectateurs et celle des Whitecaps à 21 332 personnes. 

Dans les deux cas, c’est supérieur à la moyenne de la ligue, qui se chiffre à 20 386 spectateurs. En fait, elles sont neuf équipes dans ce groupe, à commencer par le Atlanta United FC, qui domine avec une moyenne extraordinaire de 51 680 spectateurs, et les Sounders de Seattle, qui suivent à 38 245 spectateurs 

Le FC Cincinnati (3e avec 27 363 spectateurs), l’Orlando City SC (5e avec 22 943 spectateurs), le Galaxy de Los Angeles (6e avec 22 834 spectateurs), le Los Angeles FC (7e avec22 137 spectateurs) et le New York City FC (8e avec 21 341 spectateurs) sont les autres équipes dont la moyenne d’assistance dépasse la moyenne de la MLS. Les 15 autres formations sont sous la barre des 20 000 spectateurs. 

Prix abordables 

L’Impact a encore du travail à faire malgré la présence dans ses rangs de talents locaux et de plusieurs joueurs étrangers parlant français. Comment Kevin Gilmore explique-t-il les chiffres d’assistance de l’Impact à ce stade-ci? 

«Dans un premier temps, quatre pouces de neige recouvraient le terrain à quelques jours de notre match d’ouverture locale», rappelle-t-il. 

«Cela dit, c’est notre responsabilité de donner une raison aux gens d’aller au stade. Le prix de nos billets s’aligne avec le reste de la ligue. Si on compare avec les autres sports à Montréal, c’est abordable. 

«Nos prix se situent là où ils devraient être.»