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Infirmières : changer d’emploi pour améliorer sa vie

Infirmières : changer d’emploi pour améliorer sa vie

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Philippe Couture - 37e AVENUE

 

Les options ne manquent pas pour les infirmières qui cherchent à « changer d’air ». Conversation avec deux infirmières qui ont osé changer de vie... et qui ne l’ont pas regretté.

Elisabeth Carrier dit ne pas trop savoir quand elle reviendra travailler « dans le sud ». Il y a 2 ans, elle a quitté son poste à l’urgence du Jewish General Hospital de Montréal pour mettre le cap sur la Baie-James et devenir infirmière dans un petit dispensaire qui offre des services de santé à la population crie du Nord-du-Québec. Elle y jouit de meilleures conditions de travail et s’y sent plus utile que dans la frénésie d’un gros hôpital.

Après 6 ans à travailler dans le système public, Andrée-Anne Racine a pris une décision similaire. Aujourd’hui à l’emploi d’une organisation non gouvernementale active en médecine humanitaire, elle part chaque année en mission dans un pays différent : Centrafrique, Soudan du Sud, Palestine ou Syrie. « J’ai retrouvé la motivation que le système public m’avait peu à peu dérobée, et mon travail est devenu vraiment significatif », dit-elle.

D’autres font le choix de travailler sur les bateaux, de s’exiler chez le voisin américain ou, plus simplement, de faire de la pratique privée, de travailler pour Info-Santé, d’évoluer dans le système scolaire ou dans les milieux sportifs, ou encore de travailler en agence ou en recherche clinique. « La beauté de ce métier, c’est qu’il est très varié, assure Andrée-Anne Racine. Il y a vraiment beaucoup de choses à explorer. »

Pourquoi changer d’emploi ?

Elisabeth et Andrée-Anne sont catégoriques : changer d’emploi permet d’améliorer sa santé mentale en échappant au stress et aux horaires impossibles qui sont trop souvent associés à la profession.

« À l’urgence, je trouvais mon environnement de travail de plus en plus toxique, explique Elisabeth Carrier. Je ne désirais plus travailler autant sous pression. Je n’avais jamais le temps d’aller aux toilettes ou de prendre une vraie pause pour manger. » Même son de cloche pour Andrée-Anne, qui a souffert d’épuisement après avoir voulu respecter toutes les exigences du milieu traditionnel : longues journées, heures supplémentaires obligatoires, travail de nuit et les week-ends.

En ONG comme en pratique nordique, elles ont retrouvé des horaires agréables, s’offrent de plus longues vacances et témoignent d’une meilleure qualité de vie générale... ainsi que d’un meilleur salaire (carrément le double pour Elisabeth dans le Nord-du-Québec). Sans compter que ces pratiques les invitent souvent à tenir un rôle d’infirmière « élargi », où elles peuvent davantage utiliser leur jugement et prodiguer certains soins normalement réservés aux médecins. Voilà qui est valorisant.

Le gros bout du bâton

Le contexte actuel de pénurie rend ces changements de vie beaucoup plus faciles. C’est simple : on accueille partout à bras ouverts les infirmières qualifiées ! « Ça m’a permis de quitter mon ancien emploi d’un coup, du jour au lendemain, souligne Andrée-Anne Racine. Je savais que j’avais un bon filet de sécurité, parce qu’il y avait beaucoup d’options à ma portée. »

Mieux encore, ces expériences atypiques font aussi bonne figure dans un CV et peuvent faciliter votre prochain changement de cap...