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La poésie de Rémi Garde

La poésie de Rémi Garde
Photo Usa Today Sports

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J’écoutais et je réécoutais les déclarations de Rémi Garde après la défaite de l’Impact à Cincinnati. J’écoutais la colère contenue, les mots précis et cinglants, le ton, le phrasé et je vivais un moment de pur bonheur.  

Entendre parler véritablement en français dans le monde du sport québécois. Pas un anglicisme de paresse, pas une tournure calquée sur l’anglais, rien, nada, la perfection. Et pourtant, Rémi Garde, comme Claude Julien ou Michel Therrien vit en anglais dans la MSL. Mais c’est que le français pour lui est parfaitement intégré, partie prenante de sa culture et de ce qu’il est.  

Il ne traduit pas, il pense.  

Quand en plus, ce qu’il dit tient la route, quand il souligne à quel point la MLS a encore des côtés ligues mineures et que l’Impact en paye trop souvent le gros prix, non seulement il dit bien les choses mais en plus, il a totalement raison sur le fond de la question.  

LE JARGON SPORTIF  

J’en parle aussi parce que la sortie de Garde coïncidait avec la remise des trophées Artis à la télé. Dave Morissette, qui connecte directement avec le cœur d’une multitude de Québécois, a gagné.  

On peut débattre si Pierre Houde ou Chantal Machabée méritaient davantage le trophée que Big Dave, c’est une question de goût et de sondage.  

Mais je note à quel point Morissette a amélioré la qualité de son français depuis ses débuts. Ce ne sera jamais Rémi Garde mais ce n’est pas honteux. Quant à Chantal Machabée et Pierre Houde, on peut les citer en modèle.  

Malheureusement, les ondes sportives francophones sont trop souvent envahies par un jargon que nulle part au monde on ne pourrait comprendre.  

Il faut reconnaître que souvent les commentateurs et experts ont dû quitter l’école au secondaire et surtout, ont pratiqué leur métier de sportif d’élite dans des milieux dominés par l’anglais dès leur jeune âge.  

Quand on connaît mal sa langue maternelle, c’est difficile de même réaliser qu’on accumule les bourdes et les fautes.  

Malheureusement, on vit dans un Québec aux moyens fort limités. Les grands jours de Radio-Canada, où un comité de spécialistes corrigeait immédiatement les errements de Gilles Tremblay, de Jean-Pierre Roy ou des autres commentateurs pour leur permettre d’acquérir un français convenable, sont bien loin.  

Quand même, il se fait du progrès à la télévision et on sent qu’il y a une volonté d’au moins essayer de respecter les notions et le vocabulaire de base.  

Jean-Charles Lajoie étant dans une catégorie à part...  

MARCHAND... ET LES ARBITRES  

Les arbitres de la Ligue nationale connaissent de très mauvaises séries éliminatoires. Le match de dimanche entre les Hurricanes de la Caroline et les Bruins de Boston en a donné une autre illustration.  

Prenez Brad Marchand. C’est évident que le vétérinaire des Bruins ne lui fait pas prendre son Ritalin. Mais ce n’est pas au docteur de maîtriser sa folie sur une patinoire, c’est aux arbitres. Pourquoi Marchand peut-il appliquer une prise de tête à un adversaire pour l’empêcher de se replier en défensive, dans la face d’un officiel, et s’en tirer comme un enfant turbulent en classe?  

La réponse me fait peur. Parce qu’il a déjà fait tellement pire qu’une simple petite folie que celle-là devient tolérable. Dans les règles du jeu.  

Il passe son hockey dans la face de Justin Williams. Oui, mais il aurait pu le frapper plus fort, il l’a déjà fait. C’est pas si pire donc, on ne le punit pas.  

Cela dit, je ne pense pas que tout le blâme doit être jeté sur les arbitres.  

Ces hommes compétents et intègres pendant la saison régulière ne peuvent perdre leurs qualités et leur professionnalisme quand arrivent les séries éliminatoires.  

Ils reçoivent des ordres. Souvent des ordres contradictoires. La pression exercée sur eux par les directeurs généraux et surtout les dirigeants de la LNH et les propriétaires est intolérable. Trop de vétérans officiels me l’ont dit et redit. Ils en viennent à perdre leurs repères.  

On voit le résultat.  

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