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La saison de la consécration pour Alexandre Tagliani?

La saison de la consécration pour Alexandre Tagliani?
Photo Martin Chevalier

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MONTRÉAL – La suspension, l’aérodynamique, la carrosserie, les freins, les radiateurs: malgré qu'il ait décroché le titre de vice-champion de la série Pinty’s de NASCAR la saison dernière, Alexandre Tagliani et son équipe 22 Racing n’ont rien laissé au hasard, retravaillant plusieurs composantes de la voiture en vue de la prochaine campagne.

En 2018, le pilote de 45 ans a accusé un retard de sept points sur Louis-Philippe Dumoulin, qui a été couronné pour une deuxième fois en carrière. Il espère maintenant que sa septième saison dans la série canadienne sera celle de la consécration.

«On a beaucoup travaillé sur la voiture, a révélé Tagliani, mardi. On a fait nos devoirs. Ce n’est pas parce que tu as fini deuxième et que tu as connu une bonne année que tu arrêtes de travailler.»

Et pour couronner le tout, la série utilisera cette saison de véritables pneus de course qui rendront les voitures considérablement plus rapides. Les bolides chausseront maintenant des gommes du manufacturier General Tire, contrairement à celles de Goodyear l’année dernière.

«Que ça change le "feeling" de conduite, s’est enthousiasmé "Tag". La voiture est deux secondes au tour plus vite. Pas trois dixièmes, deux secondes! C’est hallucinant. C’est un plaisir à conduire. Tous les records du tour le plus rapide vont tomber cette année.»

Les nouveaux pneus procureront assurément de nouvelles sensations aux pilotes. Elles devraient également contribuer à améliorer le spectacle en offrant un plus grand éventail de stratégies possibles.

«Le point d’interrogation c’est: est-ce que les pneus vont se dégrader plus vite? Ce serait bon, puisque les équipes devront travailler leurs stratégies d’arrêt aux puits. La différence entre les pneus neufs et usagés sera tellement majeure que ce sera un enjeu, selon moi. Ce sera plus intéressant pour les amateurs.»

Garder la forme

Malgré tous les efforts déployés pour triompher, Tagliani a pourtant bien failli rater le début de la campagne. En effet, il s’est blessé lors de sa préparation physique.

«J’ai fait trois semaines de vélo de montagne en Australie et je me suis cassé trois côtes. J’ai bien failli ne pas pouvoir prendre l’avion pour revenir au Canada, a révélé Tagliani, qui assure être complètement remis de sa blessure. Je n’ai pas eu de douleur lors des essais le 25 avril.»

Pour l’instant, le Québécois n’envisage pas la retraite sportive. Il travaille toutefois sur deux gros projets qui lui tiennent à cœur. S’il refuse pour l’instant d’en dévoiler la nature, il a indiqué qu’il allait pouvoir en parler bientôt. Il a d’ailleurs affirmé que ses 45 ans n’allaient pas le ralentir sur la piste.

«Je ne ressens pas le poids de l’âge quand je conduis. Je me tiens en forme. Je fais du vélo et du CrossFit. Je suis l'un des gars les plus en forme de la série, a-t-il avancé, à quelques jours de la première épreuve de la saison, qui sera tenue dimanche à Bowmanville en Ontario, sur la piste Canadian Tire Motorsport Park, anciennement nommé Mosports.

«Pour l’instant, je course, je suis vite, j’ai du plaisir et je veux gagner. Ce sera probablement ces projets qui me feront prendre la décision d’arrêter la course.»

Au-delà de la course

MONTRÉAL – Puisqu’il est commandité par EpiPen, il serait facile de croire que les activités de sensibilisation aux allergies alimentaires d’Alex Tagliani ne sont que des obligations contractuelles pour assurer son avenir en course automobile. Mais ce serait bien mal le connaître.

Allergique aux arachides, aux noix et à d’autres fruits semblables, le pilote de course a vécu de nombreuses crises liées à des réactions allergiques. Certaines ont même failli lui coûter la vie.

Pour cette raison, il est devenu ambassadeur d’Allergies alimentaires Canada. C’est dans le cadre de cette fonction que «Tag» a visité l’école Kimberley/Beaches Alternative School, à Toronto, le 1er mai dernier, au tout début du mois de la conscientisation aux allergies alimentaires. Une mission qui lui tient à cœur.

«Il faut en parler. J’en parle presque toutes les fois que je suis dans un restaurant ou dans une réunion. C’est un sujet de conversation récurrent pour moi. Plus les gens autour de toi savent que tu es allergique, moins tu as de chance de te faire prendre les culottes à terre. Il ne faut pas être gêné d'en parler. Il faut éviter les tabous.»

Éviter les pièges

Pour les gens allergiques, la situation est de plus en plus facile à gérer. Les lois obligent les compagnies à inscrire sur leurs emballages toute présence possible de produits allergènes. Plusieurs restaurants offrent des menus alternatifs pour les gens allergiques.

Si ces mesures, additionnées au travail de sensibilisation, permettent de diminuer le nombre de réactions, il y a malgré tout un revers: les gens baissent leur garde. Un piège que «Tag» veut éviter à tout prix en multipliant les activités de conscientisation.

«Parfois, c’est tellement facile de sortir de la maison et d’oublier [l’EpiPen]... Une fois que tu oublies cet article de sécurité, alors tu es exposé. C’est comme conduire une voiture de course sans ceinture...» a imagé le pilote.

Une voiture spéciale

À l’occasion de sa visite à l’école, Tagliani a demandé aux élèves de colorier des autocollants représentant les 10 types d’aliments les plus allergènes au monde et de les apposer sur sa voiture numéro 18.

Tagliani disputera ainsi cette voiture aux couleurs peu conventionnelles à l’occasion de la première course de la série Pinty’s de NASCAR, dimanche, sur la piste Canadian Tire Motorsport Park à Bowmanville en Ontario.

De plus, 20 élèves de l’école qui souffrent d’allergies pourront assister gratuitement à la course, gracieuseté d’Allergies alimentaires Canada, pour appuyer la voiture qu’ils ont aidé à décorer.

«Ce ne sera pas un tableau de Picasso, mais ce sera une méchante pizza», a fièrement lancé Tagliani à propos du design de son auto.