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«Nespresso du diagnostic»: l'entreprise de Québec GenePOC vendue pour 160 M$

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Le président de GenePOC, Patrice Allibert, estime que cette transaction ouvrira les portes de marchés comme l’Asie, le Moyen-Orient et l’Amérique du Sud.

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L’appétit des compagnies étrangères pour le savoir-faire québécois ne dérougit pas. L’entreprise GenePOC est vendue pour 160 millions $ CAN à la société américaine Meridian Bioscience.  

«Pour exister dans notre domaine, il faut atteindre le chiffre des 200 clients très rapidement», déclare au Journal le président de GenePOC, Patrice Allibert.   

« Pour avoir un succès commercial, il fallait qu’une transaction stratégique soit réalisée avec une entreprise qui connaît bien le marché. Meridian est capable de vendre nos produits dès demain matin. Si on regarde notre plan d’affaires, il nous aurait fallu quatre ans pour atteindre ce niveau », poursuit-il.   

La transaction entre le groupe pharmaceutique suisse Debiopharm, actionnaire majoritaire de GenePOC depuis juillet 2016, et Meridian Bioscience a été officialisée à la fin avril.   

Située dans le Parc technologique du Québec métropolitain, GenePOC se spécialise dans le développement de dispositifs de diagnostic moléculaire.   

L’entreprise a entre autres conçu un microlaboratoire portatif permettant d’identifier en l’espace d’une heure une maladie infectieuse chez un patient, comme le streptocoque du groupe B.   

«C’est un peu comme une cartouche pour les machines Nespresso, mais pour nos appareils. Comme pour le café, nous avons différentes variétés, ce sont toutefois des tests biologiques», illustre M. Allibert.   

Ce dernier estime que ce changement de garde permettra à ses troupes de réaliser des percées dans des marchés comme l’Asie, le Moyen-Orient et l’Amérique du Sud. La compagnie brasse actuellement des affaires au Canada, en Europe et aux États-Unis.   

Technologie québécoise  

Fondée en 2007 par l’ancien directeur du Centre de recherche en infectiologie (CRI) de l’Université Laval de Québec, le docteur Michel G. Bergeron, GenePOC a été soutenue financièrement au cours des dernières années par plusieurs fonds et organisations québécoises et canadiennes, comme Génome Québec et le ministère de la Santé. Le fonds montréalais Emerillon a aussi participé à l’aventure.   

M. Allibert déplore tout de même le fait qu’à plusieurs reprises il a été contraint de cogner à la porte d’investisseurs étrangers pour combler ses besoins financiers. Il aurait bien aimé avoir une histoire à succès «100 % québécoise».   

En janvier 2015, l’entreprise ne comptait que huit travailleurs. Aujourd’hui, ils sont près d’une centaine, dont 85 dans la région de Québec. La compagnie possède aussi un bureau en Belgique.   

Des embauches  

M. Allibert assure que la nouvelle direction n’a pas l’intention de réaliser de coupe de personnel ou de déménager le siège social. Il devrait même y avoir des embauches, prédit-il.   

«Le département de recherche et de développement ainsi que la production vont demeurer dans la capitale».   

Comme quoi les investisseurs étrangers ont de l’intérêt pour les compagnies du Québec, au début de l’année, Clementia Pharmaceuticals a été achetée pour 1,7 milliard $ CAN par l’entreprise française Ipsen.   

L’entreprise en dates    

  • 2007 : Fondation de GenePOC par le docteur Michel Bergeron, ancien directeur du Centre de recherche en infectiologie (CRI) de l’Université Laval.   
  • 2014 : La compagnie de Lausanne Debiopharm Diagnostics et le fonds montréalais Emerillon Capital deviennent actionnaires de l’entreprise.   
  • 2015 : La compagnie ne compte que huit travailleurs.   
  • 2016 : Debiopharm Diagnostics devient l’actionnaire majoritaire   
  • 2019 : Meridian Bioscience, qui fabrique, commercialise et vend des tests diagnostiques dans plus de 70 pays à travers le monde, annonce qu’elle souhaite acheter GenePOC pour 160 M$ CAN.