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Luc Ferrandez quitte la vie politique

Luc Ferrandez quitte la vie politique
JOEL LEMAY/AGENCE QMI

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MONTRÉAL | Le maire de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, a annoncé son départ de la vie politique, mardi.

Dans un long message publié sur sa page Facebook, M. Ferrandez a affirmé qu'il songeait depuis des mois à partir, en raison d'une «impression d'imposture».

 

«Plus précisément, j’ai l’impression de berner les citoyens en leur faisant croire que nous prenons collectivement tous les moyens qui s’imposent pour ralentir le rythme de destruction de notre planète», a écrit le maire démissionnaire.

Selon lui, sa présence au sein de Projet Montréal contribue à donner une image environnementaliste au parti de la mairesse Valérie Plante qu'elle n'aurait pas. «En démissionnant, je souhaite faire tomber cette image et forcer le groupe à regagner la confiance de l’électorat que je représente», a-t-il indiqué.

M. Ferrandez a souligné des gestes posés par son parti, incluant la volonté d'interdire le mazout d'ici 2030 à Montréal annoncée la semaine dernière, mais juge que ceux-ci sont restent «anecdotiques».

L'homme fort du Plateau-Mont-Royal, élu sans discontinuer à la mairie depuis 2009, a aussi déploré être «incapable d’influencer la mairesse sur la gravité de la situation et des mesures qui s’imposent», a-t-il écrit.

Plante réagit

La mairesse Plante a réagi en remerciant Luc Ferrandez, qualifié de «véritable acteur de changement» dans son arrondissement. «Si le Plateau est aujourd’hui l’une des destinations les plus courues des Montréalais.e.s et des touristes, c’est essentiellement grâce aux réalisations du maire et de son équipe», a vanté Valérie Plante par communiqué.

Celle-ci n'a cependant pas réagi aux critiques que lui a adressées Luc Ferrandez sur ses politiques vertes.

Pas de retour en politique

M. Ferrandez a assuré, dans sa lettre, qu'il ne veut pas affaiblir le leadership de la mairesse Plante ou se joindre à la bannière d'un autre parti. «J’espère au contraire que Projet Montréal restera fort et uni et qu’il remportera la prochaine élection», a-t-il assuré.

«Je reconnais toutefois que Valérie Plante est plus représentative de la population que je ne l’ai jamais été. Je ne lui dirai jamais assez souvent merci d’avoir pris le pouvoir à un moment si critique de l’histoire - face à un maire et un parti figés dans le passé – elle seule pouvait le faire. [...]Je la remercie aussi de m’avoir confié des projets de parcs, de rues et de places qui vont transformer Montréal», a-t-il ajouté.

Puisqu'il démissionne en milieu de mandat, Luc Ferrandez ne touchera pas d'allocation de transition, a-t-il indiqué.

Sa démission sera officiellement déposée en juin, date à partir de laquelle s'ouvrira le processus en vue de la tenue d'élections partielles pour lui trouver un successeur.

Des moments marquants de l’ère Ferrandez:

Hausse des taxes: de «l’amateurisme», selon Luc Ferrandez

En février 2018, Luc Ferrandez confie au micro de Paul Arcand au 98,5 FM que c’était une erreur de Projet Montréal de promettre de ne pas augmenter les taxes au-dessus de l’inflation. «Il n’aurait jamais fallu promettre cela en campagne électorale. C’était de l’amateurisme», a-t-il confié.

Le lendemain, aux côtés de la mairesse Valérie Plante, il reconnaît avoir fait une erreur. Il dit d’ailleurs avoir passé la journée à fredonner la chanson «Le chant du bum» de Richard Desjardins. «J’aurais dû, ben dû, donc dû...», a-t-il entonné. La mairesse a complété les paroles de la chanson en lançant «farmer ta grand’yeule!», suivi d’un grand éclat de rire.

«Fuck U»

Alors qu’une partie du Québec fait face à une nouvelle vague d’inondations, le maire a publié sur sa page Facebook à la fin du mois d’avril une publication s’ouvrant par la phrase «Fuck you, nous autres» qu’il retire aussitôt.

Dans son message, il traitait les citoyens et les élus «d’enfants-rois», ajoutant qu'«on sait tout ce qu’il faut faire et qu’il ne faut pas faire» (par exemple, il ne faut pas construire en terrains inondables). «Nous méritons amplement tous les malheurs qui nous arrivent», pouvait-on lire.

Ticket en vélo

En avril 2018, il a écopé d’une contravention parce qu’il a roulé à vélo dans le sens contraire du trafic, sur le boulevard Saint-Laurent, en direction sud, non loin de la rue Notre-Dame. Il enfourchait un Bixi.

Il se rendait à l’hôtel de ville au moment de l’infraction. Il a reconnu son erreur et a assuré qu’il allait payer sa contravention.

Petit somme au conseil municipal

En avril de la même année, il s’est défendu de s'être assoupi lors d’une séance du conseil municipal et a accusé les médias de ternir sa réputation. La veille, le «24 Heures» avait révélé qu’il semblait somnoler lors de la période de questions des citoyens.

Sens unique dans l’arrondissement

Élu en 2009, le nouveau maire du Plateau décide dans son premier mandat d’instaurer de nouveaux sens uniques près du parc Laurier, afin de limiter la circulation dans plusieurs secteurs résidentiels.

La politique a pour objectif d’atténuer la circulation automobile en mettant en place de nouveaux sens uniques, en rétrécissant des voies, en déviant la circulation, en déplaçant des feux de circulation, en réaménageant des pistes cyclables et en réduisant la vitesse.

Le changement provoque un tollé auprès de plusieurs automobilistes et Luc Ferrandez se retrouve affublé d'une image d’élu anti-voiture.

Déneigement

Évoquant le sous-financement de son arrondissement, le maire du Plateau adopte une politique selon laquelle la neige ne sera pas enlevée s’il n’y a pas plus de 15 centimètres de neige d’accumulation au lieu de 8 cm.

Aussi bien des élus montréalais que des résidents de l’arrondissement dénoncent avec véhémence cette décision.