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Luc Ferrandez aurait aimé avoir plus d'influence sur l'environnement

Luc Ferrandez aurait aimé avoir plus d'influence sur l'environnement
Photo SARAH DAOUST-BRAUN

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Les difficultés rencontrées lorsqu'il tentait d'influencer les décisions environnementales de l'administration Plante ont contribué à la démission du maire de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal Luc Ferrandez, selon des experts.

«Je pense que M. Ferrandez, il n’était plus d’accord avec les compromis qui sont faits à la grande mairie de Montréal actuellement, notamment en matière de grands parcs, a commenté Danielle Pilette, professeure à l’Université du Québec à Montréal et experte en gestion municipale. En tant que membre du comité exécutif de la Ville, il se rend compte que son influence est limitée» sur les enjeux environnementaux. 

M. Ferrandez, «c’est le canari dans la mine, a renchéri le professeur à l’École nationale d’administration publique et ancien ministre québécois des Affaires municipales Rémy Trudel. Son geste est une sonnette d’alarme. C’est un objecteur de conscience: il refuse que les solutions individuelles soient celles qui vont permettre de régler la question de la gestion de l’environnement».

Mme Pilette ne croit pas que M. Ferrandez retournera en politique municipale. Elle estime plutôt qu'il empruntera le chemin des groupes de pression. «La politique est une drogue dure et, avec des idées aussi claires et arrêtées, ce ne sera pas possible pour M. Ferrandez de rester sur la voie d’évitement des débats sociaux», prédit pour sa part M. Trudel. 

«Impression d’imposture»

Après une dizaine d’années en politique, M. Ferrandez a annoncé mardi sa démission comme maire et membre du comité exécutif, où il était responsable des espaces verts et des grands parcs. 

«Une impression d’imposture» motive son départ, d’après un long message publié sur sa page Facebook. «Plus précisément, j’ai l’impression de berner les citoyens en leur faisant croire que nous prenons collectivement tous les moyens qui s’imposent pour ralentir le rythme de destruction de notre planète», a-t-il écrit. 

 

Selon lui, ses fortes convictions écologiques contribuent à façonner l’image environnementaliste de Projet Montréal. «En démissionnant, je souhaite faire tomber cette image et forcer le groupe à regagner la confiance de l’électorat que je représente», a-t-il indiqué. 

Homme de conviction

M. Ferrandez s’est dit incapable d’influencer la mairesse Valérie Plante et le comité exécutif «sur la gravité de la situation et des mesures qui s’imposent». Il estime néanmoins que Mme Plante est plus représentative de la population. 

«Il a été l’initiateur d’une grande révolution urbaine qui, aujourd’hui, fait école en matière d’aménagement, d’urbanisme et de verdissement, a souligné la mairesse de Montréal dans une déclaration écrite. Accomplir autant en si peu de temps demande un courage politique énorme, une intégrité sans borne et des convictions inébranlables.» 

«C’est quelqu’un qui, nous le savons, a toujours été là par conviction, qui était franc avec ses pensées – des fois à son détriment, a fait valoir le chef d’Ensemble Montréal, Lionel Perez. Je pense que c’est une perte importante pour Projet Montréal, évidemment.» 

«C’est une perte immense pour Projet Montréal, s’est également désolé Richard Bergeron, ancien chef de ce parti. Les premières réformes, ç'a été extrêmement difficile pour lui, et l’histoire lui a donné raison puisque, aujourd’hui, on applique partout à Montréal les choses que lui a amenées sur le Plateau.» 

«Je sais à titre personnel qu’on a immensément moins d’influence une fois qu’on n’est plus élu», a aussi souligné M. Bergeron. 

– Avec la collaboration de l'Agence QMI