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Les États-Unis réfutent toute volonté de guerre avec l’Iran

Les États-Unis réfutent toute volonté de guerre avec l’Iran
AFP

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SOTCHI | Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, en visite à Moscou, a réfuté mardi toute volonté de guerre avec l’Iran de la part des États-Unis, dont les manœuvres militaires font craindre une escalade dans le Golfe.

L’envoi par l’administration du président américain Donald Trump d’un porte-avions et de bombardiers dans le Golfe a avivé les tensions, rallongeant encore la liste des sujets de discorde entre les États-Unis et la Russie, où le secrétaire d’État s’est rendu pour tenter de renouer le contact.

« Fondamentalement, nous ne cherchons pas une guerre avec l’Iran », a affirmé M. Pompeo lors d’une conférence de presse avec son homologue russe Sergueï Lavrov après plus de trois heures d’entretiens à Sotchi, dans le sud de la Russie, avant de retrouver Vladimir Poutine pour la rencontre au plus haut niveau entre les deux pays depuis le sommet d’Helsinki en juillet.

Les relations déjà tendues entre Washington et Téhéran se sont envenimées depuis une semaine: l’Iran a suspendu certains de ses engagements pris en vertu de l’accord de 2015 encadrant son programme nucléaire, un an après le retrait américain de ce texte, tandis que l’administration Trump a renforcé ses sanctions contre l’économie iranienne.

Accusant Téhéran de préparer des « attaques » contre les intérêts américains au Moyen-Orient, le Pentagone a dépêché dans la région un porte-avions, un navire de guerre, des bombardiers B-52 et une batterie de missiles Patriot.

Donald Trump, qui avait adressé une ferme mise en garde lundi à l’Iran, a démenti mardi tout projet d’envoyer 120 000 soldats au Moyen-Orient pour contrer l’Iran, une hypothèse évoquée la veille par le New York Times.

« Si nous devions le faire, nous enverrions beaucoup plus d’hommes que ça », a-t-il ajouté.

Région « en surtension »

Lundi soir, le quotidien américain avait rapporté que le ministre américain de la Défense par intérim, Patrick Shanahan, avait présenté la semaine dernière, lors d’une réunion avec des conseillers à la sécurité nationale de M. Trump, un plan selon lequel jusqu’à 120 000 hommes pourraient être envoyés au Moyen-Orient si l’Iran attaquait des forces américaines.

Ce plan, qui n’en est qu’à un stade préliminaire selon le journal, n’appelle pas à une invasion terrestre et le chiffre évoqué est le plus élevé de la fourchette envisagée, précise le New York Times.

« J’espère que le bon sens va l’emporter », a plaidé de son côté Sergueï Lavrov. « La région est déjà en surtension en raison des différents conflits (...) Nous allons contribuer à faire en sorte que la situation ne dégénère pas en scénario militaire ».

La Russie, comme les Européens, est favorable à un maintien de l’accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien. Mike Pompeo a déjà eu lundi à Bruxelles des entretiens difficiles avec des responsables européens inquiets d’un possible conflit « par accident ».

La crainte d’une escalade dans le Golfe a été alimentée ces derniers jours par de mystérieux « actes de sabotage » contre quatre navires de commerce de différents pavillons, même si aucun lien n’a été établi officiellement.

Passe d’armes sur les ingérences

Outre l’Iran, les sujets de discorde entre les États-Unis et la Russie ne manquent pas avec notamment le Venezuela et les traités de désarmement, M. Lavrov s’inquiétant de possibles violations américaines du traité de contrôle des armements nucléaires Start arrivant à échéance en 2021. Mais les deux chefs de diplomatie ont tenté de faire bonne figure en se disant prêts à renouer le dialogue, tout en se livrant à une passe d’armes au sujet des ingérences russes dans la présidentielle de 2016.

« Je suis ici aujourd’hui parce que le président Trump est déterminé à améliorer cette relation », a assuré M. Pompeo. « Nous avons des divergences (...) mais nous n’avons pas à être des adversaires sur tous les sujets ».

Qualifiant son échange avec le secrétaire d’État américain de « franc et utile », Sergueï Lavrov a assuré s’être accordé avec lui « sur l’importance de rétablir les canaux de communication ».

La Maison-Blanche espère de longue date que la fin de l’enquête du procureur Robert Mueller, qui a conclu il y a moins de deux mois à une ingérence russe dans la présidentielle américaine de 2016 mais pas à une quelconque collusion entre l’équipe du candidat Trump et la Russie, permette de tourner la page de relations glaciales entre ces deux pays rivaux.

Le président américain a annoncé lundi qu’il prévoyait de rencontrer son homologue russe à l’occasion du prochain G20, fin juin au Japon. Le Kremlin avait démenti tout accord, mais M. Lavrov a assuré que la Russie réagirait « positivement » en cas de proposition américaine en ce sens.

« J’espère qu’après la récente publication du rapport Mueller les passions vont se calmer et qu’il sera possible d’avancer pour mettre en place un dialogue professionnel entre nos pays », a plaidé le responsable russe, qualifiant de « pure fiction » les accusations de collusion entre Donald Trump et la Russie et démentant de nouveau toute interférence.

Si la Russie s’ingère dans la présidentielle de 2020, « cela aggraverait encore notre relation », a lancé M. Pompeo, demandant à la Russie de « démontrer que ce type d’activités appartient au passé ».