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Tuukka Rask change la donne

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Photo AFP Je vois les Bruins soulever la coupe.

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Avec l’élimination du Lightning de Tampa Bay, des Capitals de Washington et des Penguins de Pittsburgh, les Bruins de Boston flairent vraiment l’opportunité et de la façon dont joue leur gardien Tuukka Rask, ils sont mes favoris pour gagner la coupe Stanley.

Rask joue probablement le meilleur hockey de sa carrière et c’est la grosse différence avec les Bruins des années antérieures. Il change la donne. Les Bruins forment une bonne équipe depuis plusieurs années, mais c’est difficile de jouer avec confiance lorsque tu ne sais jamais si ton gardien va faire les arrêts.

L’an dernier, les Bruins ont atteint le deuxième tour malgré des performances erratiques de Rask contre les Maple Leafs de Toronto. Les Leafs menaient même 4 à 3 après deux périodes dans le septième match, mais les Bruins l’ont finalement emporté 7 à 4. Le Lightning a réglé le cas des Bostoniens en cinq rencontres au deuxième tour.

En 2017, les Bruins sont tombés au premier tour face aux Sénateurs d’Ottawa et ils ont raté les séries lors des deux saisons précédentes.

Après avoir gagné le trophée Vézina en 2013-2014, Rask a connu une autre bonne saison en 2014-2015, mais depuis, il a été un gardien correct, sans plus. Cette saison, il a connu des hauts et des bas et sa fin de campagne n’avait rien d’encourageant avec 15 buts alloués à ses quatre derniers matchs.

Constance remarquable

Je vous avais dit avant les séries que je m’attendais même à voir Jaroslav Halak prendre la relève à un certain moment, mais Rask a fait preuve d’une constance remarquable et présentement, sa confiance est à son summum.

On ne le voit plus glisser de tout bord tout côté, son corps est toujours face à la rondelle et il n’essaie pas de trop en faire. Il joue comme un bon vétéran et on sent que ses coéquipiers ont confiance en lui.

Les Bruins ont de l’expérience, de la détermination et maintenant qu’ils ont 100 % confiance en Rask, ils sont dangereux. Plusieurs de leurs joueurs ont gagné la coupe Stanley en 2011 et ils savent qu’ils ont une chance en or de la récupérer. Je ne crois pas qu’ils vont laisser passer cette occasion extraordinaire.

En 2011, Rask était l’adjoint de Tim Thomas et il s’est peut-être mis un peu trop de pression par la suite. Aujourd’hui, il semble être dans l’état d’esprit idéal pour mener les siens jusqu’au bout.

Halak ne joue pas, mais je crois qu’il a eu une influence positive sur Rask. Halak possède une éthique de travail exceptionnelle et il a forcé Rask à en donner plus. La valeur d’un deuxième gardien ne se reflète pas uniquement par ses performances, mais aussi par son exemple.

Quand je jouais avec le Canadien et que je voyais Jeff Hackett se défoncer à l’entraînement, je savais que je devais être à la hauteur à chaque entraînement et à chaque match, même après être devenu le numéro un. Voilà l’importance d’un bon gardien numéro deux.

Le leadership des Bruins

S’il y a un aspect où les Bruins ont des ressources, c’est bien au plan du leadership. Le capitaine Zdeno Chara et Patrice Bergeron sont des grands professionnels.

Brad Marchand est aussi un leader. Il dépasse souvent les bornes par son comportement, mais c’est à ce moment qu’il est à son mieux. Lorsque Marchand est tranquille, il n’est pas aussi efficace et soyons honnêtes, il est un joueur étoile et un grand compétiteur.

Ses coéquipiers l’acceptent parce qu’il livre la marchandise. Dans ce temps-là, tu peux te permettre certains écarts de conduite et ça passe. Par contre, tu dois livrer et il semble mieux performer lorsqu’il s’ajoute de la pression.

Je vois les Bruins remporter la coupe.

– Propos recueillis par Gilles Moffet

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Mauvaise décision

Il n’y a pas beaucoup de différence de niveau entre les deux gardiens des Hurricanes, Petr Mrazek et Curtis McElhinney, mais je n’ai pas compris la décision de faire jouer Mrazek dans le premier match contre les Bruins. Il s’était blessé au deuxième match de la série contre les Islanders et McElhinney avait été excellent par la suite. Je serais revenu avec McElhinney parce qu’il était en confiance et en plus, ça laissait un peu plus de temps à Mrazek pour se remettre de sa blessure. Il y a aussi un point qu’il ne faut jamais oublier : c’est beaucoup plus difficile de remplacer un gardien qui connaît du succès qu’un gardien qui en arrache. On en a peu entendu parler, mais cette décision douteuse risque de coûter la série aux Hurricanes.

Beau parcours de l’Avalanche

Je vois un bel avenir pour l’Avalanche du Colorado. Son directeur général, Joe Sakic, a peut-être sauvé son job avec la fin de saison des siens et leur parcours intéressant en séries. Ils devront toutefois s’améliorer devant le filet. Semyon Varlamov n’est plus le gardien de confiance et Philipp Grubauer est davantage un gardien 1B qu’un véritable numéro un.

Le duel Bishop et Binnington

Quel duel de gardiens de but extraordinaire que celui entre Ben Bishop, des Stars de Dallas et Jordan Binnington, des Blues de St. Louis, dans leur confrontation au match numéro sept ! Bishop avait des choses à se faire pardonner et il a été magistral avec 52 arrêts sur 54 tirs dans un revers de 2 à 1 en deuxième période de prolongation. Ses comportements sont agaçants, mais il est dominant. Il a connu toute une saison ! Quant à Binnington, il est une véritable révélation. Il a été moins occupé que Bishop, mais il a réussi à maintenir sa concentration, même s’il n’a reçu que 30 tirs en 85 minutes de jeu. Croyez-moi, c’est très difficile à faire car ça laisse beaucoup de temps pour penser. Il possède une belle maturité. Les Blues ont vraiment démontré du caractère dans cette série et enfin, ils semblent avoir trouvé un gardien numéro un.