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Une élue de Montréal demande plus de respect envers les citoyens

Une élue de Montréal demande plus de respect envers les citoyens
Michel Desbiens/AGENCE QMI

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MONTRÉAL | Tricot, juron, puis éclats de rire durant la période de questions citoyenne ont ponctué la dernière séance du conseil municipal de Montréal, incitant une élue à sommer ses collègues d’être plus respectueux envers les citoyens.

«Si un citoyen regarde son fil Twitter et voit une mairesse d’arrondissement tricoter pendant le conseil, je ne suis pas sûr qu’il va trouver ça drôle», a critiqué la conseillère Chantal Rossi, mardi

«Je tricote dans le conseil municipal parce que cela m’aide à me concentrer. J’ai lancé un projet dans lequel je tricote en rouge quand les hommes parlent et en vert quand les femmes parlent», avait écrit la mairesse de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, Sue Montgomery, sur son compte Twitter lundi soir.

«Depuis que je suis élue, j’ai remarqué que les hommes parlent beaucoup, ils se répètent, mais je trouve que les femmes sont plus efficaces», a expliqué Mme Montgomery aux journalistes mardi, en exhibant son tricot bicolore.

«Les conseils sont plates, oui, mais c’est une partie de notre travail», a ajouté Mme Montgomery, soutenant que son tricotage lui permet de mieux se concentrer, sa langue maternelle n’étant pas le français.

«Le rôle d’un conseiller est d’être attentif au débat qui se passe», a pour sa part insisté Mme Rossi.

«Si pour ma collègue mairesse, c’est plus facile pour elle lorsqu’elle tricote, elle peut faire les deux», a commenté la mairesse de Montréal Valérie Plante.

Respect des institutions et du public

Mais encore, «si un citoyen [...] voit un autre conseiller d’arrondissement blasphémer pendant le conseil, je ne suis pas sûr qu’il va trouver ça respectueux de l’institution», a poursuivi Chantal Rossi, en allusion à l’expression «What the F**k» employée par le maire du Plateau-Mont-Royal Luc Ferrandez dans une intervention.

Par ailleurs, des élus se sont esclaffés alors qu’un citoyen posait une question au conseil municipal lundi soir «Est-ce qu’il y aurait juste moyen d’avoir du respect envers nos citoyens quand ils se donnent la peine de venir poser une question ici si on veut vraiment qu’ils viennent poser des questions ici?»

«Je pense que notre administration est généralement très respectueuse des citoyens», a soutenu le président du comité exécutif, Benoit Dorais, assurant que le citoyen en question avait quitté dans la bonne humeur. Son collègue François Limoges a déploré un «procès d’intention».

Selon Cathy Wong, présidente du conseil municipal, la période de questions doit permettre aux «élus d’échanger dans une forme de convivialité avec les citoyens». Ce n’est pas interdit de rire, a-t-elle dit, pourvu qu’il n’y ait pas de mauvaises intentions.

Ce n’est pas la première fois que les élus sont critiqués pour leur inattention. En 2013, des conseillers avaient été observés en train de jouer aux cartes sur leur ordinateur et de naviguer sur Facebook pendant les questions du public.