/news/society
Navigation

Québec impose la laïcité comme «nouvelle religion», dénonce une commission scolaire anglophone

La Commission scolaire English-Montréal dénonce le projet de loi 21

GEN-CHAINE-HUMAINE-LAICITE
Photo capture d'écran, TVA Nouvelles Le projet de loi 21 avait déjà été dénoncé par la communauté enseignante anglophone au début du mois d’avril devant l’établissement Westmount High School, à Montréal.

Coup d'oeil sur cet article

En interdisant les signes religieux chez les enseignants, le gouvernement Legault impose la laïcité comme nouvelle religion, dénonce la Commission scolaire English-Montréal.

«En quoi le port d’un signe religieux peut-il être assimilé à un abus de pouvoir? Selon la CSEM, cette attitude relève d’une laïcité empreinte d’intolérance. Il ne fait aucun doute que la laïcité devient la nouvelle religion imposée à une société pluraliste», peut-on lire dans le mémoire de l’organisation au sujet du projet de loi 21.

La CSEM, qui représente 77 écoles de l’île de Montréal, a déjà prévenu le gouvernement caquiste de son intention de ne pas appliquer sa loi sur la laïcité.

Russell Copeman, directeur général de l’Association des commissions scolaires anglophones du Québec, témoignera aujourd’hui lors des consultations sur le texte de loi sur la laïcité.
Photo Agence QMI, Philippe-Olivier Contant
Russell Copeman, directeur général de l’Association des commissions scolaires anglophones du Québec, témoignera aujourd’hui lors des consultations sur le texte de loi sur la laïcité.

Notons que l’Association des commissions scolaires anglophones est au nombre des invités aujourd’hui des consultations sur le texte de loi du ministre Simon Jolin-Barrette.

Un projet qui «détruit des rêves»

Selon la présidente de la CSEM, Angela Mancini, la CAQ ne tient pas compte du caractère multiculturel de Montréal et limitera les ambitions professionnelles des enseignants qui affichent leur conviction religieuse.

Même s’il a prévu une clause grand-père pour les employés actuels qui portent des signes religieux, ces derniers ne pourront conserver leur droit acquis que s’ils œuvrent dans les mêmes fonctions au sein de la même commission scolaire.

«S’il est adopté, le projet de loi 21 aura des effets néfastes directs sur d’innombrables Québécoises et Québécois, en détruisant leurs rêves et en étouffant leurs aspirations, fait valoir la CSEM. Ils ne pourront plus aspirer à obtenir des promotions ou à saisir des occasions intéressantes dans d’autres commissions scolaires.»

Selon la commission scolaire anglophone, un exode des professeurs est à prévoir. Une situation on ne peut plus préoccupante dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre.

«Nombre d’entre eux passeront au système privé ou quitteront la province», insiste-t-on dans le document. Sans parler de l’impact d’une telle loi sur les citoyens issus des minorités religieuses.

«Le projet de loi rendra les écoles privées confessionnelles encore plus attrayantes pour les parents et les élèves des minorités religieuses.»

La diversité

La CSEM exhorte le gouvernement Legault à soustraire le personnel enseignant et les directions des écoles publiques à sa loi interdisant les signes religieux.

Aux yeux de ses représentants, c’est la diversité qui renforce le système éducatif. «Nous perdons nos préjugés en nous exposant à diverses cultures et religions et apprenons ainsi à interagir pacifiquement.»

Mémoire de la Commission scolaire English-Montréal sur le projet de loi 21

«Il ne fait aucun doute que la laïcité devient la nouvelle religion imposée à une société pluraliste. Sous le couvert d’établir la neutralité de l’État, cette mesure législative démontre plutôt que le Québec n’est dorénavant plus ouvert au pluralisme.»

«Le caractère laïque de notre système scolaire est protégé par la loi et n’est certes pas menacé par les employés d’école qui choisissent de porter un signe religieux.»