/news/society
Navigation

Cyclistes et automobilistes doivent encore apprendre à se respecter

Les comportements des différents usagers de la route s’améliorent lentement

Quelques centaines de cyclistes ont pris le départ du Tour du Silence 2019 à l’Université Laval.
Photo Jean-François Desgagnés Quelques centaines de cyclistes ont pris le départ du Tour du Silence 2019 à l’Université Laval.

Coup d'oeil sur cet article

Les comportements des cyclistes et des automobilistes s’améliorent lentement, même si l’agressivité est encore au rendez-vous lorsque le partage de la route devient plus difficile.

Quelques centaines de cyclistes ont répondu à l’appel de l’homme d’affaires Louis Garneau, mercredi soir à l’Université Laval, à l’occasion du Tour du Silence 2019.

L’homme d’affaires Louis Garneau a retrouvé Jean Blais, présent chaque année depuis la mort de sa fille Mathilde, tuée en avril 2014 dans le tunnel de la rue Saint-Denis, à Montréal.
Photo Jean-François Desgagnés
L’homme d’affaires Louis Garneau a retrouvé Jean Blais, présent chaque année depuis la mort de sa fille Mathilde, tuée en avril 2014 dans le tunnel de la rue Saint-Denis, à Montréal.

Au Québec, 24 régions ont organisé une telle randonnée afin de rappeler les nombreux accidents, mais aussi pour sensibiliser au respect mutuel.

« Nous avons déjà été frappés, mais rien de grave. Juste une bonne frousse. Comme conducteur, personne ne veut heurter un cycliste non plus. Ça prend des espaces sécuritaires », ont expliqué Émilie Lachance et Olivier Desmeules-Roy, qui ont pédalé en famille avec leurs enfants installés dans la remorque.

Émilie Lachance et Olivier Desmeules-Roy ont bien habillé les enfants pour pédaler en famille.
Photo Jean-François Desgagnés
Émilie Lachance et Olivier Desmeules-Roy ont bien habillé les enfants pour pédaler en famille.

Victime d’un grave accident le 3 avril dernier, René Munger a réussi avec l’aide d’un partenaire à enfourcher sa bicyclette mercredi soir.

« Il faut faire des témoignages pour que les gens prennent conscience de la présence des autres. Il y a encore de l’agressivité envers les cyclistes, mais le comportement de certains cyclistes n’aide pas non plus », ajoute le survivant de 61 ans.

Des progrès

L’organisateur Louis Garneau croit aussi que le respect reprend sa place tranquillement.

« Il y a de l’amélioration, mais il y a encore eu dix morts l’an dernier. On voit des gens qui laissent de l’espace lors des dépassements. C’est mieux qu’il y a trois ans. »

Cinq ans après la mort de sa fille Mathilde, cette cycliste tuée en avril 2014 dans le tunnel de la rue Saint-Denis à Montréal, Jean Blais était présent une fois de plus à la randonnée de Québec. Comme plusieurs autres victimes, la mort de Mathilde Blais était « évitable », avait écrit le coroner Paul G. Dionne.

« L’idée a fait son chemin »

« On remarque que les voitures laissent plus d’espace. L’idée a fait son chemin. Depuis l’adoption de la règle du 1,5 m, les comportements ont changé, mais il faut continuer d’en parler », dit M. Blais.

« La vie du cycliste dépend de la bonne conduite de l’automobiliste, mais pas l’inverse », a terminé un sportif qui n’a pas voulu être identifié.


► Le Tour du Silence est né au Texas en 2003. Son fondateur souhaitait réagir à la suite de la mort d’un ami cycliste, happé par un autobus.