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Intelligence artificielle : le Canada devra mieux retenir ses spécialistes

Intelligence artificielle : le Canada devra mieux retenir ses spécialistes
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Philippe Couture - 37e AVENUE

 

Montréal attire les chercheurs en intelligence artificielle, mais puisque la concurrence avec les États-Unis est rude, la métropole devra multiplier les efforts pour retenir les spécialistes formés par les universités canadiennes, révèle le Rapport mondial 2019 sur les talents en IA, réalisé par Element AI.

Selon ce rapport, près de la moitié des talents ayant obtenu leur diplôme au Canada choisissent de ne pas y travailler par la suite, se sentant davantage attirés par l’effervescence du secteur technologique américain ou stimulés par un exil en Chine. La situation est préoccupante, selon l’enquête de l’entreprise montréalaise, parce que « tout porte à croire que l’offre de talents de haut niveau en intelligence artificielle (IA) à l’échelle de la planète ne répond pas à la demande ».

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Quelques nuances

Y a-t-il pour autant péril en la demeure ? Pas nécessairement. Même si rien n’est jamais acquis dans ce secteur en effervescence, le Canada demeure en quatrième position des pays embauchant le plus de chercheurs en IA après les États-Unis, la Chine et le Royaume-Uni. Les employés canadiens, parmi ceux qui sont titulaires d’un doctorat, représentent 4 % du marché de l’intelligence artificielle à l’échelle mondiale.

« Proportionnellement, sur un pays neuf fois moins peuplé que le voisin américain, et qui ne représente que 2 % de la population mondiale, c’est un excellent ratio », affirme Christian Bernard, économiste en chef de Montréal International, qui reconnaît néanmoins que « défendre l’attractivité de Montréal demeure un défi ».

Les chiffres de Montréal International, s’appuyant sur la base de données LinkedIn Talent Insights, montrent aussi qu’en contrepartie de ceux qui s’exilent, le Canada accueille en proportion égale des cerveaux venus de l’étranger. « Le solde migratoire est presque neutre, assure Christian Bernard. Il faut bien sûr travailler à l’atteinte d’un solde migratoire résolument positif, car le secteur est ultra-concurrentiel. »

Montréal continue d’attirer les meilleurs spécialistes en apprentissage profond, par exemple, autour du chercheur de renom Yoshua Bengio. Il y aurait eu, toujours selon les chiffres de Montréal International, un accroissement de 20 % du nombre de travailleurs en intelligence artificielle au cours des 12 derniers mois.

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Comment garder les talents chez nous ?

Selon Christian Bernard, les études permettent « d’arriver à la conclusion que 4 grands facteurs expliquent l’attractivité d’une ville aux yeux des experts en IA : le dynamisme de l’écosystème local, son leadership à l’échelle mondiale, la qualité des emplois offerts et la qualité de vie dans la ville ».

Montréal se démarquerait particulièrement pour son influence à l’international et pour sa qualité de vie. « Même si les salaires offerts à Montréal ont du mal à rivaliser avec ceux de la Silicon Valley, les talents gagnent au change en matière d’accessibilité à la propriété, ainsi qu’en raison du coût de la vie et de notre généreux filet social. »

C’est sans compter le dynamisme culturel de la ville, un élément important pour attirer les millénariaux en quête de ce qu’on pourrait appeler « l’effet Berlin » : une vie créative, festive et effervescente, vécue dans la bonne humeur.

Voilà sur quoi Montréal doit miser, selon Christian Bernard, pour se démarquer.