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La pénurie de main-d’œuvre fait exploser des salaires

Plus de 15 % des postes sont à pourvoir dans les PME manufacturières du Québec

Le président de Varitron, Michel Farley, mise sur la robotisation. Selon lui, ces nouvelles technologies sont un atout pour attirer la jeune génération. Il se trouve ici dans son usine de fabrication de produits électroniques de la Rive-Sud de Montréal.
Photo Francis Halin Le président de Varitron, Michel Farley, mise sur la robotisation. Selon lui, ces nouvelles technologies sont un atout pour attirer la jeune génération. Il se trouve ici dans son usine de fabrication de produits électroniques de la Rive-Sud de Montréal.

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Des PME manufacturières à bout de souffle en raison de la pénurie vont maintenant jusqu’à gonfler les salaires de 5 % à 25 % pour attirer et retenir la main-d’œuvre dans leurs usines.

« Les postes les plus difficiles à pourvoir sont ceux d’ingénieurs. On peut prendre quatre mois pour y arriver. Ça fait une surenchère de salaires. Ces cinq derniers mois, on a parfois dû donner un montant de 20 000 $ de plus pour des postes clés », partage Michel Farley, président fondateur du fabricant de produits électroniques Varitron, à Saint-Hubert.

Résultat, un ingénieur avec un salaire de 80 000 $ par année peut facilement coûter 100 000 $, soit 25 % de plus qu’en temps normal, du jamais vu pour Michel Farley, qui a fondé Varitron il y a 29 ans.

Ingénierie, service à la clientèle, opérateurs de machines fixes... il n’est pas rare de devoir faire exploser le salaire de ces travailleurs, selon Jérôme Côté, associé, rémunération & performance de la firme Normandin Beaudry.

« Il y en a qui sont obligés d’augmenter les salaires de 5 % à 10 % dans une même année », dit-il. On est bien loin du 2,7 % d’augmentation salariale annuelle tous secteurs confondus au Québec, ajoute M. Côté.

Pire situation en 25 ans

Pour Jérôme Côté, la surchauffe actuelle est sans précédent. « Ça fait 25 ans que je fais ça, et c’est pas mal ce que j’ai vu de plus intense », laisse-t-il tomber.

Pour sa part, l’associé en ressources humaines, David Lampron, de L’Équipe Humania, note que l’escalade des salaires a ses limites chez les plus petites PME.

« Je vois des entreprises qui préfèrent ne pas embarquer dans la surenchère et offrir des avantages sociaux pour mettre un frein à ça. Ce qui est en vogue, c’est la flexibilité », explique M. Lampron.

Urgence

Entre-temps, malgré son chiffre d’affaires de 100 millions $, la Québécoise Varitron doit agir vite parce qu’elle se bat avec la Chine et le Mexique.

Au siège social et à l’usine de Saint-Hubert, plus de 20 travailleurs sur 250 manquent à l’appel, soit 8 % de l’effectif.

« L’an dernier, à Granby, c’était la pire place. On cherchait 25 personnes sur 80 en permanence. Il y avait surenchère de 10 $ l’heure pour des postes d’entrée. C’était critique », se souvient-il.

Une réalité que connaît bien le PDG de Sous-Traitance industrielle Québec (STIQ), Richard Blanchet.

« À elles seules, les 500 entreprises interrogées par STIQ dans le cadre du Baromètre auront 4000 postes à combler en 2019 », conclut-il.

Le secteur manufacturier au Québec

  • Établissements : 13 180
  • Salariés : 433 000

Postes à pourvoir en 2019 (En moyenne, par entreprise)

  • 10 à 19 employés : 3,3
  • 20 à 49 employés : 5,1
  • 50 à 99 employés : 10
  • 100 à 500 employés : 18,1
  • Moyenne cumulative: 7,9

Problèmes en ressources humaines

  • 1- Recrutement : 83 %
  • 2- Rétention : 56 %
  • 3- Relève : 76 %

Source : Sous-Traitance industrielle Québec [STIQ])