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Le diabète de type 1 débusqué trop tard chez les enfants

Le quart des jeunes québécois atteints développent des complications graves

acidocétose-diabétique
Photo Hugo Duchaine Sophie Roy, 16 ans, s’est rendue à l’hôpital dans un état déjà comateux, car elle souffrait de l’acidocétose diabétique sans le savoir. Un cas trop fréquent, se désole Marie-Ève Robinson (à droite), pédiatre endocrinologue au Centre universitaire de santé McGill.

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Un peu plus du quart des enfants québécois atteints de diabète de type 1 découvrent qu’ils souffrent de la maladie après avoir déjà développé une complication grave, s’alarment des médecins.

Encore plus inquiétant, la proportion d’enfants souffrant d’une complication potentiellement mortelle, soit l’acidocétose diabétique, augmente de 2 % par année depuis 2001, selon une étude menée par des médecins de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM).

« Ça nous a surpris, car nous sommes un des seuls endroits [au monde] où les taux augmentent », soutient la pédiatre endocrinologue Marie-Ève Robinson.

Le diabète de type 1 survient lorsque le pancréas cesse de produire de l’insuline, l’hormone qui aide l’organisme à contrôler le taux de sucre dans le sang. Si ce taux reste élevé trop longtemps, de l’acide se développe dans le sang, provoquant l’acidocétose diabétique.

C’est exactement ce qui est arrivé à l’adolescente Sophie Roy, de Terrebonne, un peu avant Noël dernier. Elle est arrivée à l’urgence déjà comateuse et a dû être hospitalisée cinq jours pour vider l’acide de son sang.

« On a été chanceux », souffle sa mère Josée Dufresne, âgée de 52 ans.

Reconnaître sa mère

« Ç’a pris trois jours [à l’hôpital] avant qu’elle me reconnaisse », se souvient-elle, soulignant la gravité de l’état de sa fille.

Elle n’avait pas reconnu les symptômes de sa fille, qui se remettait au même moment d’une commotion cérébrale. Maux de tête, une soif insatiable, des envies d’uriner incessantes et vomissements l’ont assaillie durant plusieurs jours. Elle a consulté un pharmacien et un médecin de famille pour sa fille, qui n’ont pas non plus détecté la maladie.

« J’étais désemparée », poursuit Mme Dufresne. D’où l’importance, croit-elle, de sensibiliser la population et les professionnels de la santé aux symptômes du diabète.

À tout âge

Car le diabète de type 1 peut survenir à n’importe quel âge, dit la Dre Robinson.

Soigner l’acidocétose diabétique est beaucoup plus risqué et difficile que de simplement traiter le diabète de façon précoce, plaide-t-elle.

« Il suffit de donner de l’insuline », poursuit la médecin.

Si les parents remarquent les symptômes chez leur enfant, elle les encourage à consulter leur médecin le jour même.

« Tout ce que ça prend, c’est un test de sang ou d’urine pour trouver un taux de sucre élevé », dit-elle.

Ses collègues et elle ne savent pas exactement pourquoi le Québec fait si piètre figure dans la détection rapide du diabète de type 1. Mais la Dre Robinson suggère que la difficulté d’avoir accès à un médecin de famille ou un pédiatre pourrait être en cause, ainsi qu’une méconnaissance des symptômes.

Symptômes à surveiller

  • Un besoin fréquent d’uriner
  • Une soif anormale, réveillant même la nuit
  • Une perte de poids, mais un appétit grandissant
  • Un manque d’énergie

Diabète de type 1

  • Il touche environ 10 % des personnes diabétiques et apparaît le plus souvent à l’enfance ou l’adolescence
  • Il se caractérise par l’absence­­­­ totale de production d’insuline. Les malades dépendent donc d’injections quotidiennes.

Diabète de type 2

  • La forme la plus fréquente de diabète et se manifeste généralement à l’âge adulte.
  • Dans certains cas, la production d’insuline est insuffisante et dans d’autres, l’insuline produite n’accomplit pas bien son travail.

Source : Diabète Québec