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Tramway et improvisation

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Avec la proposition de projet «par phases» du ministre Bonnardel lundi, il était permis d’espérer enfin un dénouement quant au tramway de Québec, mené cahin-caha par le gouvernement Legault depuis son élection.  

L’idée de financer la totalité du projet dans quatre ans, comme le suggérait le ministre des Transports, aurait en effet pu représenter une bonne nouvelle pour le projet de transport structurant de Québec.    

Mais lorsqu’un dossier est mené de façon aussi chaotique que celui-ci par un gouvernement, mieux vaut attendre avant de crier victoire.    

La ligue d’improvisation dans laquelle joue le gouvernement caquiste n’avait en effet pas dit son dernier mot.    

Après ses déclarations contradictoires de la semaine dernière, au cours desquelles il avait fini par parler d’un projet qui devrait être amputé de 800 M$, le premier ministre Legault a récidivé hier.    

En plus d’affirmer que les 800 M$ du fédéral étaient toujours manquants, il a affirmé que si Québec utilisait le fonds sur les infrastructures, ce serait injuste pour les autres municipalités.    

Voilà qui équivalait à souffler l’espoir semé la veille par François Bonnardel qui, étrangement, n’avait d’ailleurs pas cru bon d’informer la Ville de Québec, maître d’œuvre du projet, de sa proposition.    

Juste part  

La vérité, contrairement à ce que prétend le premier ministre, c’est que Québec ne reçoit plus sa juste part dans le financement des projets de transport en commun dans la province. C’est ce que démontrent les calculs effectués par mon collègue Jean-François Gibeault, directeur de la recherche à l’Agence QMI.    

Cette part devrait se situer à 14 %, en vertu du bassin de population desservie par le transport en commun à Québec. Or, en tenant compte aussi des sommes destinées au REM à Montréal, pour lequel le gouvernement provincial s’est engagé à débourser 85 % de la facture, Québec devrait débourser 2,6 milliards pour assurer le maintien de cette part.    

Cette somme représente bien plus que les 1,8 milliard qu’investira Québec dans le tramway. Ce serait déjà un début de boucler le financement d’après les sommes attribuées par le fédéral, ce que Québec s’obstine à refuser.    

Bonne dernière  

La capitale nationale arrive pourtant bonne dernière en matière de système de transport en commun par rapport aux autres villes de même taille au Canada.    

Pendant ce temps, Montréal se voit accorder le financement pour rien de moins que 31 projets de transport en commun majeurs inscrits au Plan québécois des infrastructures, comme le rapportait Le Journal en fin de semaine.  

Le gouvernement Legault doit maintenant démontrer l’importance qu’il accorde à sa capitale nationale. L’improvisation a assez duré.