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Un ex-dirigeant du CUSM est déjà sorti de prison

Il a purgé moins de six des 39 mois de prison écopés pour corruption

4125, Robert-Choquette
Photo d’archives Yanaï Elbaz, un ancien directeur général adjoint du Centre universitaire de santé McGill, menait une vie de millionnaire à sa luxueuse maison à ossature d’acier construite en partie par des fournisseurs de l’hôpital.

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Un ancien dirigeant du Centre universitaire de santé McGill condamné à 39 mois d’incarcération pour le pire scandale de corruption au Canada est déjà sorti de prison, moins de six mois après y être entré.

« Vos intentions sont de reprendre une existence citoyenne respectueuse des lois ; il n’existe aucune information [...] qui pourrait amener à conclure que vous pourriez poser un geste violent », a indiqué la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) pour justifier la semi-liberté accordée à Yanaï Elbaz.

Elbaz, 50 ans, est un ancien directeur général adjoint du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), qui avait utilisé son influence pour favoriser la firme SNC-Lavalin dans la construction du mégacentre hospitalier montréalais. Le contrat était évalué à 1,4 milliard $.

En échange, la firme avait versé 22,5 millions $ de pots-de-vin, dont 10 M$ à Elbaz.

Le directeur général de l’hôpital, Arthur Porter, depuis décédé, avait reçu l’autre partie du magot.

Lors de la commission Charbonneau, cette fraude gigantesque avait été qualifiée de « pire cas de corruption de l’histoire du Canada ».

Après des années de procédures, Elbaz avait fini par plaider coupable de corruption, d’abus de confiance, de complot et de recyclage de produits de la criminalité.

Si le juge Claude Leblond avait condamné Elbaz à 39 mois de pénitencier, son bon comportement lui a bien servi devant la CLCC. Lors de son audience qui s’est tenue il y a quelques jours, il a fait acte de contrition.

Maison de transition

« Vous acceptez votre sentence, reconnaissez votre responsabilité criminelle, ont noté les commissaires dans leur rapport. Depuis le début de votre incarcération, vous maintenez un comportement conformiste. »

Et comme le but de l’audience – appelée « examen expéditif » – était de s’assurer qu’Elbaz n’allait pas commettre de gestes violents en cas de libération, les commissaires n’ont pas eu le choix que de le libérer.

Par contre, il devra fournir toutes ses informations financières à son surveillant de libération conditionnelle. Et au lieu de rentrer chez lui, il devra aller vivre dans une maison de transition.

Ses ennuis ne sont toutefois pas terminés. Car même si le juge n’avait pas voulu ordonner un remboursement, la Couronne espère toujours récupérer une partie des montants dérobés.

Argent bloqué

Une somme de 6 M$, qui se trouve dans des pays étrangers, est bloquée par la Couronne.

Dans cette affaire, le PDG de l’époque de SNC-Lavalin, Pierre Duhaime, avait lui aussi plaidé coupable. Mais à la suggestion tant de la Couronne que de la défense, il avait pu éviter l’incarcération.

À la place, il avait écopé de 20 mois à purger dans sa maison évaluée à 1 M$, érigée sur le bord de l’eau.