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Vendre Hydro-Québec International, une erreur

Un nouveau livre dévoile les dessous de l’entreprise

En kiosque depuis la semaine dernière, le livre des journalistes Jean-Benoît Nadeau et Julie Barlow pose plusieurs questions sur l’avenir d’Hydro-Québec.
Photo Philippe Orfali En kiosque depuis la semaine dernière, le livre des journalistes Jean-Benoît Nadeau et Julie Barlow pose plusieurs questions sur l’avenir d’Hydro-Québec.

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Hydro-Québec a commis une « grave erreur » en mettant fin à ses activités internationales il y a une quinzaine d’années. Elle serait aujourd’hui à la tête d’un réseau électrique panaméricain qui ferait l’envie de la planète, croient les auteurs d’un nouveau livre.

Créée en 1978, Hydro-Québec International (HQI) existe toujours sur papier. Mais la filiale d’Hydro-Québec a vendu chacun de ses actifs de 2003 à 2006, à la demande du gouvernement Charest.

Elle a ainsi réalisé un profit de près d’un milliard de dollars. Mais ce faisant, elle s’est aussi — ou surtout — tirée dans le pied, estiment les journalistes Jean-Benoît Nadeau et Julie Barlow.

Une tache au dossier

Les auteurs de Branchée ! Hydro-Québec et le futur de l’électricité ont plongé dans l’histoire de la société d’État pour comprendre ce que lui réserve l’avenir. La question du volet international d’Hydro-Québec est vite apparue comme une tache au parcours de l’entreprise, alors que le PDG actuel, Éric Martel, s’est engagé dès son entrée en poste à relancer les activités internationales.

« Ils ont tout vendu à une époque où partout à l’international l’électricité se développait. Hydro est sortie du marché, et aujourd’hui veut faire un retour. Mais elle n’a ni les contacts, ni l’expérience, ni la feuille de route. D’autres compétiteurs ont pris sa place. Eux, ils l’ont l’expérience requise », résume M. Nadeau.

« Ç’a été une grave erreur d’Hydro », qui détenait alors des installations au Pérou, au Chili et ailleurs en Amérique latine, ajoute Mme Barlow.

À ce rythme, le réseau hydroélectrique sud-américain envisagé aux environs de 2000 serait aujourd’hui solidement implanté. Quand on ajoute les contrats avec le Massachusetts et ceux en négociation avec l’État de New York, Hydro-Québec serait présente un peu partout dans les Amériques.

Ils jugent tous deux que le président et chef de la direction d’Hydro-Québec a bien fait de tempérer, au cours de la dernière année, ses ambitions internationales. La compagnie a des croûtes à manger.

Problèmes possibles aux É.-U.

Hydro-Québec se concentre en effet sur l’exportation d’hydroélectricité produite au Québec vers d’autres provinces et des États du nord-est des États-Unis, plutôt que sur des acquisitions à l’étranger, a récemment indiqué M. Martel.

Mais là encore, Hydro-Québec pourrait frapper un mur, puisqu’elle a un problème de puissance.

En d’autres mots, elle produit beaucoup d’électricité, mais son réseau n’a pas la capacité de la transmettre, particulièrement en heure de grande demande.

« C’est comme une autoroute, quand toutes les voies sont achalandées, on ne peut pas avancer », expose M. Nadeau.

Un problème pour lequel les solutions ne sont pas simples.


Branchée ! Hydro-Québec et le futur de l’électricité, Jean-Benoît Nadeau et Julie Barlow. Québec Amérique, 303 pages.