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5 choses que l’escalade m’a apprises sur le travail

5 choses que l’escalade m’a apprises sur le travail
Montage: Marilyne Houde

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Il y a quelques mois, mes amis n’arrêtaient pas de me casser les oreilles avec «le bloc». Selon eux, s’arracher les muscles pour gravir un mur de 5 mètres c’était «vraiment plus qu’un sport» et je devais absolument l’essayer pour comprendre cette fièvre qui les habitait.

Mon scepticisme a finalement capitulé et je les ai accompagnés pour une «p’tite grimpe». Résultat: en plus de faire maintenant partie de ces fatigants pour qui l’escalade est un sujet inépuisable, j’ai découvert un sport qui m’a donné beaucoup plus que de légendaires courbatures.

La persévérance, c’est payant

Ça peut paraître quétaine, mais l’une des premières choses que j’ai réalisées lorsque j’ai commencé à grimper est que pour monter de niveau de difficulté, en jargon d’escalade on parle de «problèmes», il faut mettre BEAUCOUP d’efforts.

Le bloc m’a permis de comprendre l’importance de s’appliquer à la tâche même lorsqu’elle semble insurmontable. C’est pareil pour une job.

À moins qu’on soit surhumain, il arrivera certainement un jour où l’on rencontrera un obstacle à franchir et où on voudra tout lâcher. Mais donner un petit coup de plus dans l’adversité, c’est souvent bénéfique pour sa carrière.

Toujours viser haut

Quand on commence le bloc, on s’élance rarement sur des problèmes difficiles du premier coup et c’est ben correct.

Habituellement, on apprivoise les problèmes de base comme les V0 et les V1 au début puis on passe aux plus ardus quand ça devient facile.

Si on veut progresser, il ne faut pas rester dans ses vieilles bottines d’escalade trop longtemps.

Pour ma part, j’ai tendance à faire le Tanguy avec les mêmes niveaux de difficulté par peur d’échouer si je m’attaque à des problèmes plus complexes. C’est un réflexe un peu niaiseux puisque viser haut permet de rester ambitieux et pousse à se dépasser.

Au final, qu’importe si on arrive à clearer un mur coriace d’un coup ou bien si on tombe 100 fois pour y parvenir.

L’essentiel n’est pas le résultat, mais le chemin emprunté.

 

Ne pas se décourager quand ça va mal

Même si on aime son emploi, vivre des moments difficiles arrive à tout le monde. En bloc, ça arrive un peu plus souvent qu’on le voudrait.

J’ai déjà passé des heures incalculables sur le même problème sans être capable de le terminer. Je touchais la dernière prise d’une main et lorsque j’essayais d’y hisser mon autre, mon corps lâchait et je me ramassais quelques mètres plus bas sur le matelas, frustré et honteux.

Mes amis me disaient de passer à autre chose, mais je m’entêtais à rester sur le problème malgré mon humeur qui s’assombrissait de plus en plus à chaque essai.

Finalement, le centre d’escalade a changé les problèmes du mur la semaine suivante et je n’ai jamais réussi cette maudite V4 noire.

Au lieu de mettre mes chaussons aux poubelles et ranger ma craie, j’ai continué d’essayer d’autres problèmes. Et devinez quoi? J’en ai résolu plusieurs et mon moral est A1 aujourd’hui. «Oh yeaaaah, life goes on », comme disait John Mellencamp.

 

Il n’y a pas de presse

Une erreur fréquente qui, je pense, afflige plusieurs grimpeurs débutants est de vouloir faire le plus de problèmes possible dans un court laps de temps.

On réussit une V2 pour la première fois et on veut tout de suite enchaîner une V3 pour «profiter du momentum».

Emprunter cette avenue va seulement conduire vers l’épuisement. Tout comme au travail, il faut savoir prendre son temps, se concentrer sur une chose à la fois et surtout, prendre une pause.

Après s’être ressourcé et pris du recul pendant quelques jours, on a une meilleure vue d’ensemble et on réussit à résoudre un problème plus rapidement que si on s’y acharne sans relâche.

Savoir apprécier les bons coups et rester humble

Honnêtement, il n’y a pas grand-chose qui bat le sentiment de fierté lorsqu’on réussit un problème sur lequel on bûchait depuis des jours.

Les fist bumps de nos amis nous donnent des ailes et on se gonfle le torse devant le problème conquis en signe de domination.

Malheureusement, ou heureusement pour notre égo, ces célébrations ne sont jamais bien longues. Rien de mieux qu'une maladroite chute du mur devant le regard moqueur de ses comparses grimpeurs pour se ramener à l’ordre.

Et c’est une méchante belle occasion de travailler son humilité.

C’est important d’être conscient de ses propres limites en tout temps. En termes d’escalade: notre talent s’arrête là où le mur que l’on ne peut gravir commence.

Sur ce, je vous laisse sur cette citation épique de Jack Kerouac: «Au final, vous ne vous rappellerez pas le temps passé à travailler dans un bureau ou lorsque vous tondiez votre pelouse. Montez cette satanée montagne!»

 

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