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Cannabis : pas dans les parcs SVP!

Bloc cannabis man making joint and a stash of marijuana in the car
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On le savait trop bien. La légalisation du cannabis au pays pour les adultes ne ferait pas que des heureux. Des effets moins désirables suivraient. C’était inévitable. 

Voilà qu’on apprend que les cas d’intoxication au cannabis chez les enfants – je répète, les enfants -, est en hausse sérieuse. Le Centre de traumatologie de l'Hôpital de Montréal pour enfants (HME) révèle que depuis la légalisation du cannabis en octobre dernier, il a traité pas moins de 26 enfants pour intoxication. De 2016 à 2018, ça se limitait à neuf cas. 

Parmi les effets toxiques pour les enfants, il peut y avoir des vomissements, de l’anxiété, une fréquence respiratoire trop rapide ou même des convulsions. 

Cité dans La Presse, selon le docteur Dominic Chalut, urgentologue et toxicologue au HME : «L'enfant peut avoir un état stuporeux ou comateux. Il ne répondra pas vraiment à la douleur ou aux stimuli externes. Il peut avoir des convulsions. La respiration peut être abaissée à des seuils critiques, donc l'enfant ne respire plus assez rapidement pour maintenir ses fonctions vitales stables. Dans ces cas-là, il faut l'intuber [...] et le mettre sur un respirateur pendant qu'il est sous l'effet des drogues. [...] Le contenu gastrique peut remonter dans les poumons et causer des problèmes respiratoires.» 

Ce n’est tout de même pas un détail. 

Il explique qu’on trouve maintenant du cannabis dans certaines nourritures, comme des jujubes et des brownies. Résultat : si les parents les laissent à la vue des enfants, ces enfants pensent tout simplement que ce sont des bonbons ou des gâteaux «ordinaires» et peuvent alors en manger. 

Il faudra donc que les gouvernements fassent une véritable campagne d’information sur le sujet. Et ça presse. 

On a également appris que le premier ministre François Legault a changé d’avis sur l’interdiction de consommer du cannabis dans les parcs. Sensible entre autres aux arguments de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, à l’effet que les 60% de Montréalais qui sont locataires n’auraient pas d’endroit où en fumer si on l’interdisait dans tous les lieux publics, le gouvernement 

Legault permettra sa consommation dans les parcs, sauf dans les espaces désignés pour les enfants. Il continuera néanmoins à l’interdire sur les rues. 

Si l’intention est bonne – et elle l’est -, le fait est que de nombreuses familles fréquentes les parcs aussi à l’extérieur des zones désignées pour enfants. 

Du moment où le cannabis pourra y être fumé en toute légalité, non seulement les enfants seront exposés à la fumée secondaire, mais c’est toute la qualité d’une visite en famille au parc qui en sera affectée négativement. 

Imaginez amener des enfants au parc pour jouer ou se détendre, pendre une crème glacée ou faire un pique-nique et, en même temps, vous faire empestés par la fumée de cannabis. Ça ne tient pas la route. 

Même chose pour les personnes âgées qui vont y prendre leur marche. 

Même chose en fait pour la majorité de citoyens et citoyennes qui ne fument pas de cannabis. La même expérience extrêmement désagréable les attendra. 

Le risque bien réel est que tout ce beau monde cesse d’aller dans les parcs. 

Ça non plus, ça ne tient pas debout.