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Encore le bordel au Fonds vert

Le VG doit reporter son audit en raison d’une chicane entre le ministère de l'Environnement et le Conseil de gestion

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Le vérificateur général du Québec a dû reporter son audit du Fonds vert, en raison d’une chicane interne entre le Conseil de gestion du Fonds vert et le ministère de l’Environnement.


«Je ne peux que me désoler de cette situation. Le Fonds vert pourrait être un outil de développement durable très puissant. Pour l'instant, on peut dire qu'il ne joue pas encore ce rôle», a déploré aujourd'hui, en conférence de presse, le commissaire au développement durable Paul Lanoie.

Dans son plus récent rapport, M. Lanoie, qui relève de la vérificatrice générale du Québec, souligne que «des lacunes relevées dans nos audits [de 2014] sont toujours existantes». Pire, il constate que «de nouvelles situations problématiques relatives à la gestion du Fonds vert ont été observées depuis sa réforme».

À la suite de l’audit de 2014 et de révélations du Journal, le ministre de l’Environnement libéral David Heurtel a créé le Conseil de gestion du Fonds vert pour «faire le ménage». Cet organisme se retrouve aujourd’hui en conflit avec le ministère de l’Environnement. Ils ne s’entendent pas sur «l’interprétation des rôles et responsabilités respectifs» des deux organismes. Des avis juridiques ont été demandés de part et d’autre.

«Près de cinq ans après la publication de notre rapport, nous ne pouvons que nous désoler de cette situation!» souligne M. Lanoie en se permettant un point d’exclamation. En effet, malgré les milliards dépensés et les critiques qui fusent, en 2019, «le Fonds vert n'a pas vraiment un cadre de gestion complet, qui s'appuie sur des objectifs précis et mesurables axés sur des résultats».

Des milliards payés par les automobilistes

Rappelons que le Fonds vert a été créé en 2006 pour lutter contre les changements climatiques et qu’il a accumulé près de six milliards dans ses coffres. Une bonne partie de cette somme a été payée par les automobilistes faisant le plein d’essence.

«Les sommes considérables recueillies servent à financer des mesures liées à la lutte contre les changements climatiques [...] De tels objectifs sont incontournables dans toute société préoccupée par le bien-être de ses citoyens et de la planète», note M. Lanoie.

Il juge la situation «préoccupante» et estime que la chicane entre le Conseil de gestion et le ministère «peut nuire à la mise en œuvre des recommandations formulées à la suite de [l'audit de 2014]». «Dans un tel contexte, poursuit-il, nous avons décidé de ne pas procéder maintenant à l’évaluation complète demandée par la Commission.»

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