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Koepka démarre en lion

Il détenait une longue avance à Bethpage avant la poussée tardive de Lee

En plus de faire étalage de sa puissance, Brooks Koepka a été très efficace sur les verts du Black Course de Bethpage.
Photo AFP En plus de faire étalage de sa puissance, Brooks Koepka a été très efficace sur les verts du Black Course de Bethpage.

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FARMINGDALE, N.Y. | Non, Brooks Koepka n’a pas joué sur le facile parcours jaune de Bethpage. Dominant en matinée, il a tout fracassé sur le redoutable Black Course, lors de la première ronde du Championnat de la PGA, jeudi.

Le champion en titre l’avait signalé avant de se mettre en marche à ce second tournoi du Grand Chelem de la saison, celui qui désire lui ravir son trophée Wanamaker devrait lui livrer une véritable bagarre. Il a tenu parole.

L’Américain aux trois titres majeurs a signé une carte de 63 (-7) en ronde initiale. Loin devant la compétition à la mi-journée, cette avance semblait quasi insurmontable. Il a offert une véritable clinique aux côtés de Tiger Woods et de Francesco Molinari, alors que les regards étaient tournés vers le « Tigre ».

Non seulement a-t-il pulvérisé le record de parcours qui appartenait à Craig Thomas, un professionnel de club de la région new-yorkaise, depuis l’Omnium de New York en 2007, il n’a commis aucun boguey et ajouté un second 63 à ses 25 rondes au Championnat de la PGA d’Amérique. Selon les livres des records du tournoi, il est le seul à avoir réalisé l’exploit dans l’histoire de 101 ans.

Le golfeur de 29 ans est également devenu le quatrième à amorcer le tournoi sur les chapeaux de roues avec un 63. Il a terminé sa journée de travail en beauté en calant un long oiselet de 34 pieds au dernier fanion.

« J’ai bien lu les verts durant toute la ronde. Ma vitesse était à point et j’étais à l’aise sur les verts », a expliqué celui qui n’a jamais affiché sa pleine confiance sur les surfaces gazonnées de poa. Il a chassé ses démons avec ses 25 roulés.

Une seule ombre au tableau

Parmi les faits remarquables, Koepka a enregistré cinq de ses oiselets sur les normales 4 sans profiter des normales 5 comme il le désirait.

« C’est décevant, car il faut réaliser des oiselets sur les deux normales 5 de ce parcours, a-t-il indiqué à propos des trous longs de 516 et 609 verges. D’autant plus que je suis capable d’atteindre les verts en deux coups sur chacun d’eux. »

C’était la seule ombre au tableau de cette ronde exceptionnelle sur l’un des parcours les plus difficiles de la planète, qui a débuté avec un long roulé de 40 pieds bon pour l’oiselet au 10e fanion.

Réussir sept oiselets en évitant de se mettre les pieds dans les plats à Bethpage, ça relève de l’exploit. Comme l’exige le Black Course, il s’est signalé des tertres en frappant la balle avec tout autant de puissance que de précision. En touchant neuf des 14 allées, il a ensuite pu attaquer les fanions. Ce qu’il a aussi réussi depuis l’herbe haute.

Continuer sur sa lancée

Avec un grand sourire, ce passionné d’architecture de terrain de golf a savouré chaque minute sur le tracé ne laissant aucun répit dessiné par A.W. Tillinghast en 1936.

Son trou préféré ?

« Je ne saurais en choisir un. Je dirais les sept où j’ai fait des oiselets aujourd’hui [jeudi] », a-t-il répliqué à la blague à une question en conférence de presse.

Maintenant, Koepka aura à se méfier du piège habituel suivant une excellente prestation. La tâche est énorme puisqu’il pourrait difficilement faire mieux. Il se contentera de suivre son plan de match et de poursuivre sur sa lancée.

Ayant pris le départ en après-midi, Danny Lee a profité des belles conditions ensoleillées et des vents calmes pour s’approcher à un coup de la tête grâce à une carte de 64. Tommy Fleetwood suit au troisième rang à -3. Surprise dans le top 5 alors qu’on y aperçoit un drapeau français. Le sympathique et moustachu Mike Lorenzo-Vera, un pro de 34 ans évoluant sur le circuit européen, s’est faufilé vers le tableau principal avec un score de 68 (-2).

Montagnes russes

L’absence de Tiger Woods lors de la dernière journée de préparation, mercredi, avait fait jaser. Un petit virus l’a forcé à rester à la maison plutôt que de s’époumoner sur le terrain.

Le Black Course l’a ramené à l’ordre dès son premier trou, au 10e fanion, le cœur de la bête. Il y a inscrit un double boguey avant d’en ajouter un autre au 17e après un oiselet au 15e. Il a ensuite amorcé son retour en retranchant quatre coups à la normale lors des quatre premiers trous, réussissant d’ailleurs un aigle au quatrième fanion, une courte normale 5 de 516 verges, pour revenir dans la course en brisant la normale. Il a ensuite terminé avec trois bogueys et enregistré un score de 72 (+2).

« Ce n’était pas une ronde aussi propre que ce que je souhaitais, a fait savoir Woods à propos de cette journée en montagnes russes. J’ai mal amorcé ma ronde en étant malchanceux. J’ai rattrapé mes gaffes, mais mes erreurs en fin de parcours ont coûté cher. C’était une journée bizarre. Je me suis battu pour revenir et je n’ai pas réussi à conserver mes acquis en fin de ronde. »

Selon les golfeurs, les officiels avaient bien configuré le parcours pour cette ronde initiale. Sans repousser les jalons au fond des tertres, ils ont montré du respect en « raccourcissant » le monstre détrempé à 7406 verges.