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La Fédération des femmes contre le projet de loi 21: «C’est nos corps, c’est nos choix!»

La Fédération des femmes du Québec contre le projet de loi 21 sur la laïcité

La Fédération des femmes contre le projet de loi 21: «C’est nos corps, c’est nos choix!»
Photo d'archives, Agence QMI

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Le projet de laïcité du gouvernement Legault est « fondamentalement sexiste », estime la Fédération des femmes du Québec.

« C’est nos corps, c’est nos vies, c’est nos choix ! » a martelé la présidente Gabrielle Bouchard lors de son passage jeudi devant les députés, au dernier jour des auditions sur le projet de loi 21.

Plus encore, la FFQ déplore le fait que le gouvernement caquiste associe laïcité et égalité entre les hommes et les femmes.

« Il n’y a aucune raison de croire que de réprimer une femme croyante est un acte féministe et émancipatoire », a fait valoir Mme Bouchard.

Selon elle, l’adoption de cette loi « discriminatoire » ouvrira la voie pour enfermer davantage les femmes visées dans un ghetto professionnel.

Idil Issa, qui accompagnait la présidente de la FFQ lors des consultations à l’Assemblée nationale, a d’ailleurs promis au ministre Simon Jolin-Barrette qu’elle « brisera le plafond de verre » que son gouvernement est en train de construire.

« Je suis une femme, je suis noire et je suis musulmane, a commencé la jeune étudiante de l’Université McGill. [Votre loi] empêchera des femmes musulmanes d’atteindre des postes d’autorité et d’enseignante. Monsieur le ministre, j’aurai une position d’autorité ! »

Groupes d’extrême droite

Par ailleurs, la FFQ croit aussi que le gouvernement a une part de responsabilité dans l’émergence de nouveaux groupes d’extrême droite.

« Le législateur ne peut pas nier la responsabilité qui est la sienne dans la légitimation de ces groupes et [de] leurs idées lorsqu’il décide d’instituer dans un texte de loi la discrimination sur une base religieuse. Ceci est d’autant plus vrai dans un contexte où ces minorités religieuses sont déjà la cible croissante d’actes de haine », peut-on lire dans le mémoire déposé en commission parlementaire.

Le CSF réticent à l’étendre aux enseignants

Le Conseil du statut de la femme n’était pas au nombre des groupes entendus en commission parlementaire, mais a tout de même jugé bon de déposer un mémoire à l’intention des élus.

S’il appuie l’interdiction des signes religieux chez les employés de l’État en position de coercition, l’organisme chargé de conseiller le gouvernement est réticent à l’étendre aux enseignants.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Des études sur les effets du port de signes religieux chez le personnel scolaire sont nécessaires.

« De tels travaux permettraient, selon le Conseil, de convenir collectivement de la pertinence de l’interdire ou non pour l’ensemble des personnes qui participent à l’éducation des enfants au sein des écoles ou dans d’autres milieux éducatifs », peut-on lire dans le document.

Le Conseil du statut de la femme « reconnaît [néanmoins] que le besoin d’apparence de neutralité justifie une interdiction de port de signes religieux » chez les policiers, juges et gardiens de prison, comme le recommandait le rapport Bouchard-Taylor.

L’organisme estime par ailleurs que l’application du projet de loi 21 du ministre Simon Jolin-Barrette risque fort d’être ardue en raison de l’absence de définition claire des signes religieux visés.

Ce qu’ils ont dit

La Fédération des femmes contre le projet de loi 21: «C’est nos corps, c’est nos choix!»
Photo Agence QMI, Simon Clark

« Il y a beaucoup de groupes qui ont dit qu’on n’allait pas assez loin, il y a des groupes qui ont dit qu’on allait trop loin, moi je pense que ça fait consensus la position, et au sortir des consultations particulières, on a fait la démonstration que notre projet de loi est modéré »

— Le ministre Simon Jolin-Barrette

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Photo Agence QMI, Simon Clark

« Beaucoup de groupes [sont] déçus de ne pas avoir été là, particulièrement des femmes d’origine musulmane qui auraient aimé venir dire ce qu’elles vivent déjà en conséquence du seul dépôt du projet de loi : harcèlement, propos désagréables, désobligeants, voire même plus »

— La députée libérale Hélène David

La Fédération des femmes contre le projet de loi 21: «C’est nos corps, c’est nos choix!»
Photo Agence QMI, Simon Clark

« Au Québec, on est accueillants, on est modérés, on veut que les choses se passent bien, on veut que les gens se sentent bien, on est soucieux d’intégration, et ce projet de loi là, il est tout le contraire, il ne nous ressemble pas, et ça me scandalise »

— Le député solidaire Sol Zanetti

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Photo Stevens LeBlanc

« Pour l’essentiel, on est d’accord avec le gouvernement, mais on a des divergences sur un certain nombre de points, (...) on ne comprend toujours pas pourquoi les écoles privées ne seraient pas assujetties à ce projet de loi »

— Le chef intérimaire péquiste Pascal Bérubé