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Le dernier coup de gueule de Luc Ferrandez

Luc Ferrandez
Photo d'archives, Chantal Poirier Le suicide de l’humanité serait une mauvaise idée

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Luc Ferrandez, le maire du Plateau-Mont-Royal, a pris tout le monde par surprise en démissionnant de ses fonctions politiques. Fidèle à lui-même, il l’a fait à la manière d’un coup de gueule, en en profitant pour faire le procès de ce qu’il croit être notre lâcheté collective – à moins qu’il ne s’agisse que d’aveuglement ? Ferrandez passait pour une figure charismatique de la vie politique montréalaise.

Convictions

Imperturbable dans ses convictions, Ferrandez avait la certitude de lutter contre l’apocalypse climatique. Il aura tenu cette posture jusqu’à la fin.

Ferrandez avait des ennemis. Ceux qui en avaient fait leur tête de Turc oublient qu’un homme politique aux idées molles pliera devant le premier coup de vent. Il faut avoir quelques idées claires et s’y tenir pour changer le monde. Il faut savoir s’obstiner devant les tièdes et les spécialistes des compromissions maquillées en compromis pour convaincre ses concitoyens de la nécessité d’agir.

Ferrandez incarne de manière indéniable la politique au service d’un idéal. Il arrive que la colère contre le mauvais sort réservé au monde soit bonne conseillère.

Il n’en demeure pas moins qu’il y avait chez lui une forme de fanatisme. Il en a encore donné la preuve dans les suites de sa démission.

Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

Je retiens de lui une déclaration stupéfiante. Il a ainsi affirmé que la prochaine génération avait le devoir de ne pas faire d’enfants. Elle devait s’interdire de procréer pour le bien de la planète.

Ferrandez semble croire que la surpopulation mondiale s’explique d’abord par une forme de natalité galopante en Occident. En d’autres mots, il semble habiter dans un monde parallèle. A-t-il déjà regardé une carte du monde ?

Je n’aurais jamais l’idée de dire aux uns ou aux autres de faire des enfants. C’est une décision éminemment personnelle, même si sa portée collective est évidente. Mais ne pas en faire pour « sauver la planète » est une raison ubuesque, que certains demi-intellectuels relaient en croyant par là afficher leur conscience vertueuse.

Leur prétention à la supériorité morale masque mal un instinct de mort et un désir d’anéantissement collectif.

Je note aussi que Luc Ferrandez en appelle à un leader autoritaire progressiste, et cela, sans que les médias se déchaînent contre lui. Imagine-t-on un seul instant leur réaction si quelqu’un plaidait semblablement pour un leader autoritaire souverainiste, nationaliste ou conservateur ?

Ce n’est pas la première fois que certains écologistes se laissent tenter par la dictature. Ils jugent leur cause tellement importante qu’elle justifierait une suspension « provisoire » de la démocratie.

Fanatique

Je prends Luc Ferrandez au mot. J’espère qu’on ne m’accusera pas pour cela de le caricaturer. Dans l’histoire du siècle dernier, on a vu suffisamment de réformateurs illuminés, persuadés d’avoir le monopole du vrai, du juste et du bien pour croire que cette espèce n’a pas complètement disparu.

Il faut savoir leur résister en ne se laissant pas envoûter par leur dogmatisme, aussi vert soit-il.