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Message à la mère d’un enfant autiste

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Je suis mère de deux enfants autistes. Sans chercher à juger ni à faire la morale à celle qui considère ce matin que son enfant autiste sera stigmatisé par l’entourage, je lui soulignerai qu’un diagnostic d’autisme, comme de tout autre handicap, est souvent reçu comme un coup de poing. En deuil de l’enfant rêvé, elle a envie de crier sa colère et sa douleur sur les toits.

Mais elle doit d’abord se dire qu’à seulement dix jours de la révélation de cette terrible réalité, c’est bien peu pour s’y ajuster. Certains y parviennent plus vite, d’autres ne s’en remettent jamais totalement. Elle doit se donner du temps pour décanter sans rien précipiter. Je me permets ici quelques suggestions toutes simples.

Il faut d’abord briser l’isolement dans lequel elle est et se tourner vers des personnes en dehors de sa famille pour partager ce qu’elle vit. Sa belle-famille est sans doute trop proche pour lui permettre de se sentir à l’aise d’en discuter sans peur de les heurter. L’ayant vécu, je peux assurer que le simple fait de se sentir compris sans jugement apporte­­­ un énorme soulagement. Pour ce faire, il existe des regroupements de parents dans toutes les régions du Québec.

Elle devrait savoir que son enfant est toujours le même qu’avant le diagnostic. Seul son regard à elle sur lui a changé. Elle ne doit pas laisser les gens dicter les capacités de son enfant. Beaucoup s’arrêteront à ses limitations sans voir d’autre part le potentiel qu’il a. Chaque enfant est différent, autiste ou pas, et possède des forces à exploiter. Elle doit aussi faire attention à ne pas consulter n’importe qui sur internet. Certains proposent des informations valides alors que d’autres véhiculent des demi-vérités, parfois dictées par des points de vue complètement différents du sien. Dans de tels cas, il est facile de s’y perdre et surtout de perdre espoir.

Elle doit veiller à prendre soin d’elle. Elle traverse une période de transition difficile, mais qui finira bien par passer. Si elle a du mal à retrouver son équilibre, il ne faut surtout pas hésiter à consulter un professionnel de la santé physique ou psychologique. Il n’y a jamais de honte à demander de l’aide.

Ginette Boulanger

Vos commentaires vont dans le sens des miens, mais ils ont l’avantage de venir de l’expérience vécue, ce qui vaut son pesant d’or. Et comme vous le souligniez en fin de lettre « La route devant vous ne sera pas facile et vous aurez beaucoup d’autres combats à mener. Mais au final, plus votre enfant sera heureux, plus vous le serez vous-même. »