/news/politics
Navigation

Révélations de notre Bureau d'enquête: Legault incapable de réitérer sa confiance envers l'UPAC

UPAC
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin

Coup d'oeil sur cet article

QUÉBEC – Le premier ministre François Legault a refusé jeudi de réitérer sa confiance envers l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

Notre Bureau d’enquête révélait jeudi que l’ex-numéro 2 de l’UPAC, André Boulanger, a fait un témoignage-choc sous serment sur la façon dont ont été menées plusieurs enquêtes de l’UPAC entre 2012 et 2018. Selon ces confessions, qui sont entre les mains du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), l’UPAC aurait notamment fabriqué des éléments de preuve dans certaines enquêtes.

Ces révélations semblent avoir ébranlé la confiance du premier ministre envers le corps policier. Lorsque questionné à savoir si l’UPAC avait toujours sa confiance, M. Legault a préféré éluder la question, pourtant claire.

«C’est préoccupant. Évidemment, j’étais content, enfin, que le Parti libéral et les partis d’opposition changent d’idée et votent pour le projet de loi [qui prévoit la nomination du commissaire de l’UPAC aux deux tiers de l’Assemblée nationale]», a-t-il préféré répondre.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, est également restée floue sur son niveau de confiance envers l’UPAC.

«Je considère que la mission de l’UPAC est toujours essentielle. Sa mission est importante, mais il faut s’assurer de l’outiller adéquatement», a-t-elle dit.

«Je pense que tout le monde est impatient de voir aboutir les enquêtes de l’UPAC, moi la première», a-t-elle ajouté.

Elle espère par ailleurs que le comité de surveillance de l’UPAC, qui doit rendre son rapport au plus tard en juin, saura jeter un nouvel éclairage sur les problèmes internes allégués.

Lafrenière en commission

De son côté, le Parti libéral du Québec a demandé à l’ex-commissaire de l’Unité permanente anticorruption Robert Lafrenière de rendre des comptes sur sa démission-surprise du 1er octobre dernier, afin que la lumière soit faite sur le fonctionnement interne du corps policier.

«Oui, tout à fait», a répondu la députée libérale Christine St-Pierre, lorsque questionnée à savoir si M. Lafrenière devait «rendre des comptes» publiquement aux Québécois.

«C’est très troublant, très choquant. [...] Il va falloir que toute la lumière soit faite sur cette question, parce qu’on parle de fabrication de preuves, donc ça veut dire des réputations qui sont entachées, des vies qui sont brisées», a indiqué Mme St-Pierre, lors d’une mêlée de presse, jeudi.

Selon elle, pour que la lumière soit faite, M. Lafrenière doit s’expliquer aux Québécois sur le fonctionnement de l’UPAC au cours des dernières années.

«Madame la ministre [de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault] avait dit lors de l’étude des crédits: “Moi je regarde en avant, je ne veux pas regarder en arrière.” Un instant! Une minute! Ce n’est pas comme ça qu’il faut que ça marche!» a dit Mme St-Pierre.

Sans mot

Le porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois peinait à trouver les mots pour décrire les révélations de notre Bureau d’enquête.

«Il y a des matins, en politique, où on cherche des qualificatifs pour décrire une situation. Ce matin, c’est un de ces moments-là pour moi», a dit M. Nadeau-Dubois, lors d’une mêlée de presse.

«Pour bien des Québécois, l’UPAC est devenue un champ de ruines. La question qu’on se pose ce matin, c’est: par où on commence pour reconstruire la crédibilité de l’UPAC?» a-t-il ajouté.

Il demande au gouvernement d’«annoncer clairement ses intentions» quant au rétablissement de la réputation du corps policier.

«À QS, on a une proposition qui est celle de nommer un co-commissaire civil à la tête de l’UPAC. Et plus que jamais, cette proposition nous apparaît pertinente, parce que les guerres de cliques, qui rongent l’UPAC de l’intérieur depuis des années, il faut les casser», a-t-il dit.

Le gouvernement Legault n’exclut pas de demander à ce que M. Lafrenière vienne s’expliquer, mais pas avant que le Burau des enquêtes indépendantes (BEI) ait terminé son enquête sur les fuites à l’UPAC.