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Des propriétaires irresponsables

Les joueurs des Blues de St. Louis étaient consternés quelques instants après la confirmation du but vainqueur d’Erik Karlsson, mercredi soir.
Photo AFP Les joueurs des Blues de St. Louis étaient consternés quelques instants après la confirmation du but vainqueur d’Erik Karlsson, mercredi soir.

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Il s’agit du tournoi le plus long et le plus épuisant. Il s’agit du tournoi qui fournit, chaque année, des revirements inattendus. Il s’agit du tournoi où parfois on réalise l’impensable.

Les séries éliminatoires de la LNH devraient attirer les projecteurs pour les bonnes raisons. On devrait s’arrêter aux exploits uniques, tirant parfois de la science-fiction. On devrait s’arrêter à la détermination des athlètes.

La compétition est tellement féroce qu’elle retient l’attention du début à la fin. Malheureusement, le tournoi printanier soulève constamment la controverse et la Ligue nationale se retrouve à nouveau avec un œil au beurre noir. Cette année, plus que jamais, elle a le visage d’un raton laveur.

C’est triste.

Un si beau sport, une compétition aussi enlevante et pourtant, à chaque saison, les propriétaires, parce que ce sont eux les grands responsables, refusent carrément de prendre les dispositions pour éviter que des événements comme l’affaire Pavelski et les Golden Knights de Vegas et le but victorieux d’Erik Karlsson, en prolongation mercredi soir à St. Louis, ne se répètent.

Marc Joanette et Dan O’Rourke étaient les deux arbitres. Ils sont parmi les cinq meilleurs de la ligue. Ils ont raté la passe avec la main de Timo Meier à Gustav Nyqvist.

Il aurait été si simple pour les gens installés dans le bunker à Toronto d’informer les officiels : « Eh les gars, c’était une passe avec la main, on doit refuser le but. »

Point à la ligne.

Mais les propriétaires et les directeurs généraux ne veulent pas que les matchs s’éternisent et ils recommandent que les reprises vidéo soient limitées. Or, mercredi soir, les officiels n’ont pas vu le geste de Meier. Ils n’ont pas le droit à la reprise.

À la maison, on l’a vu des dizaines de fois. Encore, hier matin, on a revu et revu les événements. Quand j’écoute un commentaire comme : « Dans les séries éliminatoires, on n’a pas le droit de commettre une telle erreur. »

C’est vrai.

Mais, ce sont des êtres humains, appelés à prendre des décisions sur-le-champ, avec des géants devant eux, bloquant parfois leur champ de vision. Ils ont pris une décision, non pas basée sur le doute, mais sur ce qu’ils ont vu.

Des questions à se poser

La Ligue nationale et les propriétaires qui refusent d’avancer dans la nouvelle technologie doivent maintenant s’interroger sur la gestion des opérations. Le jeu est plus rapide, les joueurs sont plus imposants que jamais, la parité fait en sorte que les enjeux sont très élevés, ne serait-il pas le bon moment pour donner aux arbitres des outils pour faciliter leur travail ?

Ç’aurait pris 30 secondes tout au plus, mercredi, pour dire aux officiels, « messieurs, il faut refuser le but, c’était une passe avec la main. »

La Ligue nationale et le sport du hockey gagnent de plus en plus d’adeptes, va-t-on ruiner la crédibilité du sport parce que des propriétaires s’entêtent à ne pas vouloir avancer dans le temps ?

Plus grande tolérance en séries

Autre observation : pourquoi faut-il que le livre des règlements soit « modifié » quand s’ébranle le tournoi printanier ? Les coups de poing derrière la tête sont tolérés. On se montre plus tolérant sur l’obstruction. On laisse passer des infractions qui auraient invité les coupables à aller au banc des pénalités dans les matchs du calendrier régulier.

Quand les directeurs généraux avancent que maintenant l’objectif le plus important est d’accéder aux séries éliminatoires et que par la suite tout est possible, ils ont parfaitement raison.

Parce que le hockey pratiqué à partir de la mi-avril est régi d’une façon différente... avec un livre des règlements prônant une plus grande tolérance.

Comme le disait Sean Payton, l’entraîneur-chef des Saints de La Nouvelle-

Orléans, après cette terrible décision entraînant l’élimination de son équipe : « Pourrait-on en arriver à faire les choses correctement ? »

Les propriétaires de la LNH ne devraient-ils pas protéger leur produit plutôt que de se tirer une balle dans le pied en refusant justement de faire les choses correctement ?

 

Suzuki, le point de mire

Le tournoi de la Coupe Memorial piquera la curiosité.

Tout d’abord, deux formations de la Ligue de hockey junior majeur du Québec : Rouyn-Noranda et Halifax, l’équipe hôte. La compétition s’annonce intense.

Et il y aura quatre joueurs qu’on observera en particulier : Nick Suzuki, Joël Teasdale, Cole Fonstad et Raphaël Lavoie, qui pourrait être repêché par le Tricolore le mois prochain.

Les exploits de Suzuki au cours des dernières semaines ont alimenté les discussions. Le jeune homme, qui aura 20 ans en août, pourra-t-il se tailler un poste avec le Canadien en octobre prochain ?

Une fiche de 94 points en 59 matchs et, pendant les séries éliminatoires, 42 points en 24 matchs, a de quoi ravir Marc Bergevin et son groupe.

Teasdale est un joueur polyvalent qui montre des résultats intéressants : 43 buts en 66 matchs au cours de la saison régulière, 34 points en 20 joutes en séries éliminatoires.

Cole Fonstad n’est pas connu. Quand on est recruté au 5e tour, parfois on se retrouve dans l’anonymat. Il évolue pour les Blazers de Prince Albert et a récolté 73 points en 67 matchs. Mais ça s’est gâté en séries éliminatoires avec une maigre récolte de six points en 21 matchs. Raphaël Lavoie est un dossier intéressant. Il occupe le 14e rang chez les joueurs nord-américains répertoriés par la centrale de recrutement de la Ligue nationale.

Cette saison, il a marqué 32 buts en 62 matchs et 32 points, dont 20 buts en séries éliminatoires. Il possède un imposant gabarit à 6 pi 4 po.

Suzuki fait jaser

Suzuki, acquis des Golden Knights de Vegas dans la transaction impliquant Max Pacioretty, est le joueur ciblé. Les recruteurs sont partagés sur son statut. Il possède des mains rapides, il est un bon patineur, mais possède-t-il la rapidité et l’explosion pour compétitionner dans la Ligue nationale ?

« Sûrement, m’avoue un recruteur. Mais il devra absolument améliorer son coup de patin. Il possède une vision du jeu qui lui permet de se démarquer. Par contre, dans le junior, tu as le temps de penser, dans la Ligue nationale, tu bénéficies d’une demi-seconde. »

On verra bien.