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La nuit où Laurier Gaudreault s’est réveillé: un cadavre dans le placard

La nuit où Laurier Gaudreault s’est réveillé: un cadavre dans le placard
PHOTO COURTOISIE YVES RENEAUD

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MONTRÉAL | Chaque famille a un squelette dans son placard, et le célèbre auteur Michel Marc Bouchard s’amuse à en dévoiler un gros aux spectateurs qui assistent à la création La nuit où Laurier Gaudreault s’est réveillé, au Théâtre du Nouveau Monde.

C’est autour du cadavre de sa mère que se rassemble une famille dans une morgue du Lac-Saint-Jean. Incarnée avec précision par Julie Le Breton, Mireille est une célèbre thanatopractrice qui revient dans sa ville natale, où elle n’a pas mis les pieds depuis plus de dix ans, pour rendre son éclat à la dépouille de la défunte avant les funérailles.

La nuit où Laurier Gaudreault s’est réveillé: un cadavre dans le placard
PHOTO COURTOISIE YVES RENEAUD

Se joignent à elle son frère aîné (Patrick Hivon) et sa femme (Magalie Lépine-Blondeau), ainsi que le cadet (Éric Bruneau) et le benjamin (Mathieu Richard) du clan. On les voit alors interagir lors de ces préparatifs, avec leur mère décédée, nue, bien en vue. Voilà une façon originale, et peut-être déstabilisante pour certains, d’apprendre à connaître les protagonistes.

L’épouse et le plus jeune des frères sont manifestement stupides, mais leur présence donne droit à de nombreux moments réussis d’humour qui contrastent avec la froideur des lieux, la mort qui règne et le sentiment que quelque chose est sur le point d’éclater.

Évidemment, le point de bascule finit par survenir, et un chat inattendu sort du sac. Malheureusement, ce poignant revirement de situation n’offre que peu d’éclairage sur la première moitié de la trame, qui soudainement devient secondaire et qui, avec du recul, s’avère trop longue. À preuve, la jeune thanatologue jouée par Kim Despatis prend une place démesurée pour ce qu’elle apporte finalement au récit.

La nuit où Laurier Gaudreault s’est réveillé: un cadavre dans le placard
PHOTO COURTOISIE YVES RENEAUD

Nuit fatidique

Ce coup d’éclat est un retour dans le passé, à cette fameuse nuit où Mireille, âgée de 12 ans, s’est rendue dans la chambre de Laurier Gaudreault. Dès lors, la vie de cette petite insomniaque et celle de sa famille n’aura plus jamais été la même.

La mise en scène de Serge Denoncourt est soignée, les comédiens, à la hauteur, et les décors, beaux. Le rythme et l’originalité sont au rendez-vous. Les dialogues accouchent de quelques perles. En somme, La nuit où Laurier Gaudreault s’est réveillé est une production bien travaillée.

Or, malgré toutes ces qualités, les prémisses de l’énorme secret demeurent discutables, tout comme les motivations et propos de certains protagonistes, ainsi que les détails des événements clés.

Ces incongruités auraient pu être résolues par des explications de l’aîné ou par le grand absent de cette pièce, qui lui donne pourtant son nom: Laurier Gaudreault. Bien sûr, la présence de cet être se fait sentir tout au long de l’histoire, mais son point de vue est inexistant. Davantage construite pour surprendre que pour véhiculer des idées fortes ou générer un attachement à l’évolution des personnages, cette création devient ainsi difficile à avaler.

La nuit où Laurier Gaudreault s’est réveillé est présentée jusqu’au 11 juin au Théâtre du Nouveau Monde.