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La servante écarlate habite en Alabama

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Savez-vous quels étaient les mots-clics trending (les plus populaires) sur Twitter mercredi ? Handmaid’s Tale ou La servante écarlate.

Pas étonnant. Quand on a appris que l’Alabama promulguait la loi anti-avortement la plus stricte des États-Unis, on a été très nombreux à se dire que la réalité dépassait la fiction.

Si vous trouvez que La servante écarlate donne froid dans le dos, ce qui est en train de se passer aux États-Unis est pire... parce que c’est vrai.

BÉNI SOIT LE FRUIT

L’avortement interdit même en cas de viol ou d’inceste. Des médecins condamnés à la prison à vie s’ils font des avortements.

Quand j’ai vu ça passer mardi, je me suis dit que l’on n’était plus aux États-Unis, mais bien dans la République de Gilead, la dictature puritaine théocratique sortie de l’imagination de l’auteure canadienne Margaret Atwood.

La série télé (diffusée en français sur Club illico) se déroule dans un pays où les seules femmes fertiles, les servantes, sont forcées de procréer. Un État mené par une idéologie religieuse rétrograde, qui pense que le ventre des femmes lui appartient.

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

« Les gens de l’Alabama ont lu La servante écarlate et ils ont pensé que c’était un manuel d’instruction », pouvait-on lire sur les médias sociaux mercredi.

Vous savez ce qui est le plus terrifiant dans cette histoire ? Le gouverneur républicain de l’Alabama est en fait... une gouverneure républicaine.

C’est une femme qui a donné l’aval à cette loi épeurante. Ça m’a fait penser que dans La servante écarlate, ce sont des femmes, comme Serena Waterford, qui ont elles-mêmes participé à faire adopter les lois ultra-rigides visant à opprimer les femmes.

Mais ce qui glace le sang, c’est ce que Kay Ivey a dit en annonçant qu’elle signait le projet de loi : « Cette loi est la preuve que la population de l’Alabama croit profondément que chaque vie est précieuse et que chaque vie est un cadeau sacré de Dieu ». Eh boy, aux États-Unis, on ne rigole pas avec la laïcité...

Vous en voulez une bonne ? La gouverneure de l’Alabama ressemble beaucoup à la comédienne qui joue Tante Lydia dans La servante écarlate...

SOUS SON ŒIL

Si la Cour suprême des États-Unis, où siègent une majorité de juges conservateurs, revient sur la décision historique de 1973 (Roe v. wade), Atwood pourra vraiment dire que son livre, écrit en 1985, était visionnaire.

Voici d’ailleurs ce qu’elle faisait dire à son personnage de Offred (Defred en français) : « Notre fonction est la reproduction. Nous sommes des utérus à deux pattes, un point c’est tout : vases sacrés, calices ambulants ».

La troisième saison commence le 5 juin sur Hulu, en anglais. Le slogan ? « Béni soit le combat ». Si dans la fiction, la révolte s’organise, en sera-t-il de même dans la réalité ?

On sait déjà que Margaret Atwood a écrit une suite à La servante écarlate, intitulée The Testaments, qui sera publiée en septembre. Voici ce qu’elle avait à dire à ses fans : « Chers lecteurs, toutes les questions que vous m’avez posées sur Gilead et ses rouages ont inspiré ce roman. Enfin, presque tout ! Mon autre inspiration, c’est le monde dans lequel nous vivons ».

Drôle de monde, en effet...