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N’importe quoi

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Il ne faut guère s’en étonner, mais le gouvernement Legault se montre vraiment prêt à faire dire n’importe quoi aux chiffres dans le but de justifier son projet de troisième lien.

La plus récente étude origine-destination dévoilée hier a démontré ce que toutes les personnes suivant le dossier de près savaient déjà. Depuis la dernière édition de cette étude, qui se veut un portrait actuel de la mobilité à Québec, la situation est demeurée la même à peu de choses près.

Ainsi, autant un projet de troisième lien n’était justifié par aucun besoin, en 2011, autant il ne l’est pas davantage aujourd’hui.

La grande majorité des déplacements continuent de s’effectuer d’ouest en ouest, parce que la grande majorité des gens qui utilisent les ponts vivent dans l’ouest de Lévis et travaillent ou étudient dans l’ouest de Québec.

Subterfuge

Je me demandais bien quelle entourloupette le ministre François Bonnardel allait utiliser pour ne pas perdre la face avec ce projet, par rapport à cette étude qui traîne depuis des mois dans les officines du ministère des Transports.

Lors du budget du Québec, le ministre affichait en effet sa mine des grands jours en lançant aux journalistes que les résultats seraient bientôt rendus publics.

Or, le ministre a cru bon d’élargir le territoire considéré comme étant dans l’est de Lévis, au point d’y inclure non seulement l’arrondissement Desjardins, mais aussi celui des Chutes-de-la-Chaudière.

Donc, pour le ministre, les résidents des secteurs de Charny, Saint-Romuald, Saint-Jean-Chrysostome et Sainte-Hélène-de-Breakeyville seraient situés dans l’est.

Puis, sur la Rive-Nord, M. Bonnardel a décidé que l’est s’étendait sur presque tout le territoire de la ville, de Beauport, Charlesbourg, en passant par Les Rivières, La Cité et Limoilou.

Visiblement, le ministre Bonnardel aurait besoin d’une boussole... ou d’un cours de géographie très élémentaire.

Peu importe

Mais peu importe la vérité, comme on dit, parce que ça prend un troisième lien, étant donné que le gouvernement Legault l’a promis en campagne électorale. En plus, le ministre Éric Caire met sa tête à prix s’il n’y a pas de pelletée de terre dans un premier mandat. Pas le choix... imaginez !

Peu importe les milliards qu’on ira chercher dans les poches des contribuables, malgré l’absence de justifications scientifiques ou même de besoin démontré. Pourquoi se casser la tête pour offrir une vision censée et des projets durables à nos jeunes ?

Après tout, c’est facile et payant de promettre des routes, des ponts et des tunnels. Jusqu’à ce qu’on se réveille des années plus tard en constatant qu’on a reproduit à l’est le même problème qu’on a présentement à l’ouest, avec de la congestion routière sur les deux rives à l’approche des ponts.

Voilà ce qu’on va léguer à nos jeunes de Québec avec le troisième lien. Édifiant.