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Un Québécois dans les Prairies

Natif de Montréal, Jérémy Masella s’aligne aujourd’hui avec les Raiders de Prince Albert

Le Québécois Jérémy Masella a disputé 164 rencontres en carrière dans la WHL. Il prend part à la Coupe Memorial pour la première fois. 
Photo Agence QMI, John Morris Le Québécois Jérémy Masella a disputé 164 rencontres en carrière dans la WHL. Il prend part à la Coupe Memorial pour la première fois. 

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HALIFAX | Le nom de Jérémy Masella ne vous dit sans doute rien. Après tout, selon l’alignement officiel des Raiders de Prince Albert, sa ville d’origine est Phoenix, en Arizona. Il y a pourtant du sang purement québécois qui coule dans les veines du défenseur de 19 ans.

Natif de Montréal, Masella a déménagé aux États-Unis vers l’âge de 6 ans en raison de l’emploi de son père au sein d’une compagnie de hautes technologies dans le domaine aérospatial. Même si des membres de sa famille proche demeurent toujours au Québec, il n’y a plus jamais habité, demeurant au pays des cactus entre ses saisons de hockey dans la Ligue de l’Ouest (WHL) avec les Royals de Victoria et les Raiders.

N’empêche qu’il est difficile de trouver mieux comme représentant de la Belle Province parmi les engagés au tournoi de la Coupe Memorial, en excluant ses compatriotes des Huskies de Rouyn-Noranda et des Mooseheads d’Halifax. Son père s’appelle Louis, sa mère Sylvie ! Et il est un grand amateur du Canadien.

« Ma famille est entièrement québécoise, jure-t-il dans la langue de Molière du haut de ses 6 pi 5 po. Mes deux parents viennent de Belœil, mais on est restés pas mal à Montréal. J’y retourne parfois, à Noël et pendant l’été, pour voir les grands-parents et les cousins. Sinon, je suis pas mal en Arizona avec ma sœur et mon frère. »

« Le Canadien, c’est mon équipe, a renchéri celui qui idolâtrait l’ancien capitaine Saku Koivu dans sa jeunesse avant de tomber sous le charme de P.K. Subban. Je les regarde chaque soir que je peux. Disons que j’étais un peu déçu qu’ils ne participent pas aux séries. J’avais un chandail de Koivu et j’ai porté le même numéro que Subban (76) dans le midget. »

De l’Arizona à Victoria

Malgré le déménagement de la petite famille, le français a toujours meublé les conversations. Masella, qui a participé au Tournoi pee-wee de Québec, a d’ailleurs mis de côté sa gêne pour s’exprimer dans sa langue maternelle avec le représentant du Journal à la veille du match inaugural des Raiders à Halifax.

« On parlait beaucoup en français quand on a déménagé, mais maintenant, c’est plus en anglais à la maison, avoue le principal intéressé. Ma mère, quand elle parle en anglais, tu peux vraiment entendre qu’elle a un accent ! »

Répertorié parmi les joueurs disponibles pour la WHL après avoir endossé l’uniforme des Bobcats U16 de l’Arizona, le Québécois a convaincu les Royals de lui faire une place à l’aube de la campagne 2016-2017. Deux ans et demi plus tard, l’imposant arrière se retrouve à la grand-messe annuelle du hockey junior canadien avec l’équipe de la Saskatchewan, prêt à en découdre avec les meilleurs effectifs au pays.

« Quand j’ai déménagé en Arizona, en premier je voulais jouer dans la WHL, a souligné Masella, qui partage parfois la glace avec la vedette des Maple Leafs, Auston Matthews, en été. Puis, quand j’ai commencé à entrer dans les listes, je me suis dit que si je ne réussis pas, je vais aller jouer dans la ligue du Québec. Je me rappelle le premier match junior majeur que j’ai vu. C’était avec l’Armada, en compagnie de mon cousin et de mon oncle. À ce moment, je me suis dit que j’allais jouer dans le junior majeur. »

Impliqué socialement

Davantage reconnu pour sa fiabilité défensive que pour son apport sur la feuille de pointage, comme en témoignent ses six points en 23 parties éliminatoires et son différentiel de +8, Masella ne manque pas une seconde de s’impliquer auprès de la jeunesse à Prince Albert. Matchs de hockey amicaux, lectures en classe, sensibilisation de l’importance d’économiser pour le futur, son engagement lui a valu le prix du joueur humanitaire de l’équipe.

« Les enfants aiment venir nous voir jouer et on est comme des idoles pour eux, a-t-il témoigné. J’aimais ça, quand j’étais plus jeune, voir des joueurs venir interagir avec nous. C’est important de faire la même affaire avec eux. » Comme quoi il n’y a pas que le hockey dans la vie !

Le vieux forum toujours sur pied

Si le Scotiabank Centre est le quartier général de cette 101e Coupe Memorial, le vieux Forum d’Halifax, qui a ouvert ses portes en 1927, sert de site d’entraînement pour les deux équipes inactives les soirs de match. On parle d’un amphithéâtre ayant du caractère avec ses poutres, ses vieux bancs et son espace pour circuler devant les gradins autour de la glace. L’ancien club-école du Canadien, les Voyageurs de la Nouvelle-Écosse, y a élu domicile de 1971 à 1978, remportant trois fois la coupe Calder. De grands noms de l’histoire de l’organisation ont donné leurs premiers coups de patin professionnels dans cet édifice, dont Ken Dryden, Larry Robinson et Yvon Lambert. Et comme l’indique un panneau dans l’aréna : attention aux rondelles volantes ! C’est que les estrades derrière les bancs des joueurs sont dépourvues de baies vitrées. Les clubs universitaires de Dalhousie et Saint Mary’s jouent à cet endroit.

Les huskies sont prêts

Une semaine après avoir soulevé la coupe du Président à Halifax, les Huskies effectueront leur retour sur la même patinoire en se frottant cet après-midi au Storm de Guelph (OHL) pour leur rentrée dans le tournoi. Les hommes de Mario Pouliot sont demeurés à l’hôtel hier soir plutôt que d’assister sur place au match inaugural, après avoir pris part à une dernière séance d’entraînement. « Les gars sont enthousiastes et j’adore notre préparation jusqu’à maintenant. J’ai aimé notre exécution et notre rythme à l’entraînement. En gagnant ton premier match, tu te mets dans une bonne position », a résumé celui qui vise une deuxième conquête de suite.

La bague manquante des groulx

L’ancien entraîneur des Olympiques de Gatineau, Benoit Groulx, a taquiné son fils Benoit-Olivier, qui s’aligne avec les Mooseheads avant le début du tournoi. C’est que fiston pourrait être le premier membre de la famille à soulever la Coupe Memorial, qui a échappé trois fois au paternel (2003, 2004 et 2008) après s’être emparé du championnat de la LHJMQ. « Mon père m’a dit ça ! Je vais tout faire pour essayer de la gagner. Il est allé trois fois au tournoi, et malheureusement, il n’a pas gagné une fois. Ce serait plaisant pour la famille qu’il y en ait un qui la gagne. Il m’a dit que c’était vraiment dur et que dès que tu fais une erreur, ça peut coûter grandement dans un court tournoi de la sorte. Puis, il m’a dit qu’il fallait que j’aie du plaisir », a raconté l’espoir des Ducks d’Anaheim en matinée.