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Des leçons et une Ferrari pour Mike Lorenzo-Vera

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Photo AFP Le Français Mike Lorenzo-Vera se fait remarquer et interpeller à Farmingdale.

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« Mais qui es-tu bordel ? »

C’est le genre de cris qu’entend Mike Lorenzo-Vera depuis le début de la semaine du Championnat de la PGA à Bethpage.

Vendredi en fin d’après-midi, aux abords du second fanion, un spectateur plutôt amoché par le nombre d’immenses canettes de bières avalées lui a rappelé qu’il n’était pas en France ou ailleurs en Europe. Le genre de commentaire déplacé qui résonne souvent dans la foule dissipée new-yorkaise.

« J’avais planté ma balle à quelques pieds du fanion avec mon cocheur. Un coup magnifique. En marquant ma balle sur le vert, un gars a crié : “Mais t’es qui toi, putain ?” C’était génial et rigolo. On vit pour ça dans nos batailles sur le terrain », a raconté en rigolant le Français de 34 ans natif de Bayonne. Il en a vu et entendu de toutes les couleurs à ses trois rondes.

Le spectateur n’avait certainement pas aperçu le nom du golfeur apparaissant au quatrième rang du classement après la première ronde. L’an dernier, à Bellerive, il avait terminé au 65e rang. Tout de même pas rien pour celui qui croyait tout arrêter pour vendre des poulets à la fin des années 2000, frustré par de mauvais résultats sur les circuits européens.

Parmi la crème

Dix ans plus tard, il résiste au couperet dans une troisième présence en tournoi du Grand Chelem. Mais il a appris une véritable leçon sur le Black Course depuis trois jours. Il a su qu’il devait améliorer sa force physique pour affronter un tel monstre et des golfeurs si puissants qu’il souhaite rejoindre en sol américain sur le circuit de la PGA dans un avenir rapproché. Une troisième carte de 75 (+5) l’a fait dégringoler au 48e rang avec une fiche cumulative de +4.

« J’apprends beaucoup dans l’échec. Tout avait bien roulé en ronde initiale, je n’avais pas appris. Aujourd’hui [hier], j’ai touché uniquement trois allées. C’était terminé. C’est le tarif à payer sur une bête semblable qu’on ne voit pas en Europe, a indiqué celui qui occupe le 51e rang de la course vers Dubaï sur le circuit européen.

« Avec cette bonne ronde initiale, j’ai vu que j’étais capable de rivaliser avec ces gars. C’était bon pour l’ego et la confiance. Mais j’ai ensuite appris que je ne pouvais pas le faire sur quatre jours. Il faudra que je trouve une façon d’y arriver. »

Bon volant

Lorenzo-Vera n’est pas en reste. En plus d’avoir résisté au couperet sur le Black Course, il a reçu les clés d’une rutilante Ferrari GT4C Lusso, gracieuseté du concessionnaire de Long Island de la marque au cheval cabré.

C’est qu’après sa première ronde, jeudi, il a évoqué en point de presse qu’il passerait la soirée à admirer les bagnoles chez le concessionnaire qu’il avait croisé en chemin. Le message a fait écho jusqu’au directeur qui lui a prêté la merveille de 690 chevaux.

« Il y a pire dans la vie, hein ? a-t-il lâché dans une discussion intéressante avec Le Journal. Ce qu’il y a de bien avec Ferrari, c’est qu’il n’y a pas de mauvaises voitures. »

Le golfeur est tombé en amour avec la marque italienne à l’âge de onze ans quand sa mère lui a offert un magazine Ferrari. Il n’en fallait pas plus.

« C’était ma piqûre. Une seringue directement dans le bras », a imagé celui qui – en prime – est le petit-fils d’un garagiste de voitures exotiques.

Il fallait toutefois éviter de discuter de courses étant donné que Ferrari éprouve certains ennuis sur le grand cirque de la Formule 1 en accusant un retard de 96 points sur Mercedes. D’autant plus que Sebastian Vettel ne compte que deux podiums en cinq épreuves.