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Dix minutes pleines de sens

Gabrielle Carle pourrait avoir assuré sa place à la Coupe du monde

Soccer feminin
Photo courtoisie, Canada soccer La capitaine de l’équipe canadienne, Christine Sinclair, a marqué son 181e but international dans la victoire de 3 à 0 contre le Mexique. Ce match disputé devant 19 600 spectateurs à Toronto pourrait avoir assuré Gabrielle Carle d’une place à la Coupe du monde.

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TORONTO | Elle n’a été utilisée que dans les 10 dernières minutes de la victoire de 3 à 0 du Canada contre le Mexique, samedi à Toronto, mais divers indices laissent croire que Gabrielle Carle a déjà un pied à la Coupe du monde de soccer féminin en France le mois prochain.

Ne serait-ce que pour son sourire éloquent après ce match amical – et surtout inégal en faveur des Canadiennes –, la Québécoise donnait presque l’impression de se voir dans l’alignement officiel des 23 joueuses que Canada Soccer annoncera en fin de semaine prochaine. « Je suis un peu superstitieuse là-dessus et je ne veux pas le dire à voix haute. On verra, en fait. Mais j’aimerais vraiment ça », s’est limitée à commenter l’athlète originaire de la Rive-Sud de Québec.

Sitôt appelée, sitôt le but

Carle a été la sixième et dernière joueuse de l’équipe appelée comme substitut durant l’après-midi. C’était à la 82e minute quand elle a remplacé la milieu Jessie Fleming. Aussitôt sur la pelouse du BMO Field, elle a été à l’origine du troisième but des Canadiennes quand elle a saisi le ballon pour le refiler à sa gauche à Ashley Lawrence, qui l’a ensuite destiné à Adriana Leon qui a fait mouche.

« Ça a fait du bien à mon premier jeu du match d’intercepter un ballon qui éventuellement allait mener à un but. Le coach m’avait dit : “N’essaie pas de mettre trop de dentelle, joue simplement ton propre jeu et ça va être facile.” »

Sous-entendu de l’entraîneur

Un seul jeu ne réglera pas son sort, mais la satisfaction qu’elle manifestait après sa courte journée de travail était porteuse. Puis, il y a eu ces quelques allusions de la part de l’entraîneur-chef pour lesquelles un décodeur n’était pas nécessairement requis afin d’évaluer les chances du numéro 14 d’être sélectionné pour le tournoi mondial.

« Si vous regardez les 45 premières minutes du match, vous vous dites qu’on a un gros alignement. Puis, si vous regardez les 10 dernières minutes du match, vous vous dites aussi qu’on a un gros alignement. Toutes les filles que vous avez vues sur le terrain démontrent qu’on a une équipe de calibre pour la Coupe du monde », a observé Kenneth Heiner-Moller.

Gabrielle Carle
Photo courtoisie
Gabrielle Carle

Le mystère persiste

Ça demeure mystère et boule de gomme quant au statut de la Québécoise. On sait toutefois qu’elle s’envole dimanche avec le groupe vers l’Espagne, où un camp préparatoire aura lieu durant deux semaines et demie avant l’arrivée à Montpellier, le 4 juin, en prévision du match initial du 10 juin contre le Cameroun.

La joueuse de 20 ans savait depuis la veille que son tour durant le match de samedi viendrait vers la 80e minute. Comment interpréter une aussi brève commande ?

« Ça peut avoir plusieurs significations. Ça peut vouloir dire que le coach veut encore me voir un peu ou qu’il a confiance. Je préfère ne pas essayer de lire ce que ça voulait dire aujourd’hui. Ça peut être un mélange de tout. Personnellement, je le prends pour moi et ça me donne de l’expérience », a prudemment soupesé la milieu de terrain, qui disputait un premier match au pays avec l’équipe nationale depuis sa participation aux Jeux panaméricains de Toronto en 2015.

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Une conversion acceptée

Menacer le but adverse avait toujours été la première intention de Gabrielle Carle dès qu’elle foulait un terrain de soccer, mais elle doit maintenant apprivoiser d’autres rôles depuis qu’elle s’est jointe à l’équipe canadienne. La Québécoise a été convertie d’attaquante en milieu de terrain et elle peut également à l’occasion œuvrer comme arrière latérale.

« Les entraîneurs de l’équipe ont demandé à ce que je devienne milieu de terrain parce qu’ils voient là une position pour mieux exploiter mes qualités. Je suis d’accord avec eux. En fait, peu importe où l’on me met sur le terrain, ça me convient », affirme Carle, qui est même utilisée comme arrière avec son équipe universitaire de Florida State.

La machine Sinclair

Véritable monument du soccer féminin au Canada, Christine Sinclair pourrait écrire une nouvelle page d’histoire durant la prochaine Coupe du monde en devenant la meilleure buteuse en matchs internationaux. Auteure de son 181e but qui faisait 2-0 samedi, à la 53e minute, elle menace maintenant la marque de 184 que détient l’Américaine Abby Wambach, retraitée depuis 2015.

Il est logique de croire que Sinclair, qui disputait samedi sa 280e sélection internationale, pourrait s’installer au sommet de la liste durant le tournoi mondial en France, du 7 juin au 7 juillet. L’attaquante originaire de Burnaby fêtera ses 36 ans le 12 juin, mais on lui décèle encore de la précision dans le pied. Elle avait marqué son 180e, le 5 avril dernier, dans la victoire de 1 à 0 lors d’un match hors-concours contre l’Angleterre. À défaut d’établir le record en France, il lui restera du temps d’ici aux Jeux olympiques de Tokyo en 2020.

« Si ça arrive en France, ça arrivera en France, mais mon focus se tourne plutôt sur nos succès à la Coupe du monde. Sinon, il y aura bien d’autres occasions », a projeté Sinclair avec élégance.

Arbitre québécoise

Ce n’était pas une joueuse, mais une actrice québécoise a tout de même passé l’entièreté du match de samedi sur le terrain. Stéphanie Fortin, de Québec, a agi comme l’une des deux juges de ligne.

Cette psychologue à l’emploi de la commission scolaire de la Capitale a été promue sur la liste sélecte des arbitres de la FIFA (Fédération internationale de football), en janvier dernier. Elle y a été admise en même temps que Myriam Marcotte, coordonnatrice de l’arbitrage à l’Association régionale de soccer de Lanaudière.