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Il faudrait être aveugle

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Photo d’archives, Agence QMI

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Il faudrait être aveugle pour ne pas constater qu’il se passe quelque chose avec le climat. Les données planétaires sont claires : les températures montent. Des glaciers fondent, des espèces animales migrent vers les pôles.

Il faudrait aussi être aveugle pour ne pas en constater les conséquences. Nous vivons davantage d’événements météorologiques extrêmes. Des pluies torrentielles, des inondations, des sécheresses en sont des exemples.

Certains alarmistes démagogiques font comme si de telles catastrophes ne survenaient pas auparavant. C’est exagéré et déplorable. Mais pris dans l’ensemble, les chiffres démontrent un accroissement notable de ces phénomènes.

Il faudrait être aveugle pour ne pas mesurer le coût des changements climatiques. Nos compagnies d’assurances et nos gouvernements commencent à nous avertir. S’adapter, réparer, tout cela va nous mettre une pression économique.

La gauche

Il faudrait être tout aussi aveugle pour ne pas voir que les changements climatiques sont devenus la cause des militants de gauche, et encore plus, des radicaux parmi ceux-ci. Même chose pour les partis politiques de gauche.

Il faudrait être aveugle pour ne pas voir que bon nombre de ceux qui manifestent pour l’environnement aujourd’hui­­­ sont des manifestants professionnels. S’ils ne manifestaient pas pour l’environnement, ils seraient dans la rue pour autre chose. Plutôt qu’une planète sur leur pancarte, ils auraient la face barbouillée du premier ministre ou un slogan anticapitaliste.

Il faudrait être aveugle pour ne pas voir que ceux qui s’opposent aujourd’hui aux grands projets d’investissement au nom des changements climatiques s’y seraient opposés, quelle que soit l’époque.

Dans les années 1970, ils auraient décrié le côté sombrement capitaliste de cette grosse compagnie.

Dans les années 1980, ils s’y seraient opposés pour éviter de devoir couper des arbres.

Dans les années 1990, ils auraient dénoncé ce projet comme un effet de l’odieuse mondialisation.

Dans les années 2000, ils auraient insisté sur le fait que tous les partenaires communautaires, syndicaux et sociaux n’ont pas été consultés.

La constante, c’est que ce sont des gens qui sont en opposition avec l’idée générale du développement économique. Les changements climatiques sont simplement devenus leur nouveau prétexte.

Il faudrait être aveugle pour ne pas voir que si nous avions écouté ces opposants au développement économique, nous serions très pauvres aujourd’hui. Si nous avions obéi aux franges radicales de gauche, notre pays ressemblerait à ceux qui ont suivi cette tangente, comme le Venezuela où la population meurt de faim et de manque de médicaments.

Appétit pour un discours différent

En résumé, pour bien des gens qui ne sont pas campés à gauche, pas facile de se retrouver dans les discours ambiants concernant l’environnement. Comment sentir qu’on appuie des positions qui sont responsables vis-à-vis de l’environnement sans se retrouver dans le camp des opposants professionnels ?

Il y a vraiment de la place pour un parti politique qui développe un discours équilibré en la matière. Il y a de la place pour un discours qui vise à améliorer la vie et l’environnement sans alimenter par la porte arrière un communisme nouveau genre.