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La persévérance finit par payer

Christina Riverin multiple les idées pour s’assurer que son entreprise Nextmoov dépasse les frontières

GEN - CHRISTINA RIVERIN, PDG NEXTMOOV
Photo MARTIN ALARIE Christina Riverin, fondatrice de Nextmoov dans ses bureaux de Montréal.

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Christina Riverin a été la première de la famille à se lancer en affaires. Elle a pu compter sur la présence d’un coach et d’un mentor important en la personne de son père, Bruno Riverin, qui a été président et chef de la direction d’Investissement Desjardins.

« Je suis celle qui a brisé le moule, lance-t-elle. Je crois que je suis née pour être entrepreneure. J’ai constamment de nouvelles idées et un grand besoin de les réaliser. Mon père a inspiré et soutenu beaucoup d’entrepreneurs au Québec », raconte-t-elle.

Christina a pu bénéficier de son soutien, mais pas aussi longtemps qu’elle l’aurait voulu puisqu’il est décédé en 2006 d’une maladie fulgurante.

Fini les idées pour les autres

Après avoir travaillé comme responsable de la stratégie de marque pour des entreprises du domaine numérique, Christina Riverin a décidé de fonder sa propre agence de branding et de publicité, Nextmoov, en 2003. Et elle l’a fait deux fois plutôt qu’une.

« Quand tu travailles pour un employeur, tu crées toujours autour du même produit. J’avais besoin de multiplier les défis créatifs et les projets », explique la femme d’affaires.

Avec deux associés français, elle ouvre un premier bureau à Montréal, puis un second à Paris quelques mois plus tard.

« On formait le trio parfait. Les deux agences ont ainsi pu rapidement desservir une clientèle internationale », dit-elle.

Nextmoov mène des campagnes de marque et de communication pour de grandes entreprises, comme Montblanc, Ivanhoé Cambridge, Cartier, Chanel, Softimage, etc.

Quatre ans après sa fondation, elle embauche une dizaine d’employés, plus une armée de pigistes qui se greffent aux projets selon les besoins. « Cela nous procure une grande flexibilité dans l’exécution des mandats. On va chercher les meilleurs talents en fonction des projets à livrer. Cela ouvre à la créativité. »

Une association qui tourne mal

L’année 2007 marque un tournant pour Nextmoov. Désirant faire grandir l’agence, Christina Riverin s’est mise à la recherche d’un autre associé. « Finalement, j’en ai trouvé six ! »

C’est ainsi que Nextmoov fusionne avec deux autres entreprises pour créer l’agence de publicité Tank. L’équipe grossit rapidement pour atteindre une cinquantaine de professionnels.

Pour Christina Riverin, qui assume la vice-présidence stratégie, l’association n’apporte pas les fruits escomptés.

« J’ai perdu des comptes importants parce que les clients ne retrouvaient pas la relation de proximité à laquelle ils étaient habitués avec Nextmoov. Aussi, je ne gérais plus l’équipe de création, et cela me manquait. »

Plusieurs associés ayant quitté le navire, Christina Riverin décide elle aussi de mettre les voiles en 2009, bien résolue à faire revivre Nextmoov.

« Je suis partie avec seulement le nom de mon ancienne entreprise sous le bras pour m’installer dans les bureaux d’une autre agence. L’économie était dans un creux, ce n’était pas le meilleur moment pour démarrer une agence de marketing. Il m’a fallu deux ans pour la rebâtir. Durant cette période, je ne me suis pas versé de salaire. Puis, les anciens clients sont revenus un à un, d’autres se sont ajoutés, et les affaires ont repris. »

Une nouvelle étape

Une question qu’elle a dû se poser récemment en réfléchissant à la nouvelle orientation à donner à Nextmoov, qui se dote d’une nouvelle division de création de contenu pour des séries digitales.

« C’est une nouvelle approche du marketing et de la publicité, alors que les marques propulsent du contenu divertissant qui reste connecté aux valeurs de l’entreprise », explique Christina Riverin en donnant l’exemple de la web-série Carmilla, produite pour le Groupe Kimberley Clarke pour ses produits d’hygiène féminine.

Diffusée sur YouTube et visionnée plus de 70 millions de fois, la série est devenue une marque en soi grâce à son adaptation en films et en livres.

Elle-même consacre ses temps libres à l’écriture de scénarios pour deux séries télé et un documentaire pour la télévision française. Des projets qui la passionnent parce qu’ils sont de la création pure.

« Comme entrepreneur, on doit développer des compétences transversales », dit celle qui a toujours écrit.

Son parcours

  • Christina Riverin, 50 ans
  • Baccalauréat en administration des affaires, HEC Montréal, 1992
  • Maîtrise en commerce international, Euromed (Marseille, France), 1992
  • Directrice du marketing et des communications, Nurun, de 1998 à 2000
  • Fondatrice de Nextmoov, 2003

UNE DE NOS MEILLEURES DÉCISIONS

« De ne pas avoir baissé les bras quand j’ai perdu de gros contrats en 2017. J’ai préféré renoncer à mon salaire plutôt que de congédier l’équipe. Quand les affaires ont repris, j’étais en mesure de remplir les mandats. »

UNE DE NOS PIRES DÉCISIONS

« De m’associer avec des partenaires avec qui je n’avais pas vraiment d’affinités. Il vaut mieux se fréquenter avant de se marier. »